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		<title>Pour une relance altermondialiste, sociale et &#233;cologique &#224; tous les niveaux</title>
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		<dc:date>2008-11-19T12:43:15Z</dc:date>
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		<dc:creator>Dominique Tadd&#233;i</dc:creator>

<category domain="http://www.forumgc.org/spip.php?rubrique118">Mondialisation</category>


		<description>Le pire de 1929 sera sans doute &#233;vit&#233; : nous sommes en 1933. Le pire de la d&#233;cennie suivante doit aussi &#234;tre &#233;vit&#233; : il y va de la d&#233;mocratie et de la paix dans le monde. Pour cela, il faut prendre en compte ce qui a r&#233;ussi au milieu des ann&#233;es 30 et &#224; Bretton Woods en 1944 et les d&#233;passer pour assumer les exigences altermondialistes, sociales et &#233;cologiques de notre temps. A cette fin, il faut tout &#224; la fois mettre en oeuvre un plan de relance de la demande mondiale, sociale et (...)

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&lt;a href="http://www.forumgc.org/spip.php?rubrique118" rel="directory"&gt;Mondialisation&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le pire de 1929 sera sans doute &#233;vit&#233; : nous sommes en 1933. Le pire de la d&#233;cennie suivante doit aussi &#234;tre &#233;vit&#233; : il y va de la d&#233;mocratie et de la paix dans le monde. Pour cela, il faut prendre en compte ce qui a r&#233;ussi au milieu des ann&#233;es 30 et &#224; Bretton Woods en 1944 et les d&#233;passer pour assumer les exigences altermondialistes, sociales et &#233;cologiques de notre temps.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A cette fin, il faut tout &#224; la fois mettre en oeuvre un plan de relance de la demande mondiale, sociale et &#233;cologique et refonder le syst&#232;me financier et mon&#233;taire mondial ; pour financer l'ensemble, il faut &#224; la fois recourir &#224; une fiscalit&#233; r&#233;ellement redistributrice et &#224; la cr&#233;ation mon&#233;taire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le pire de 1929 a &#233;t&#233; &#233;vit&#233;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On doit et on peut sauver d'urgence le syst&#232;me bancaire : l'effondrement en cha&#238;ne de toute l'&#233;conomie avec ses drames sociaux et ses m&#233;tastases d'extr&#234;me droite est au coin de la rue. En m&#234;me temps que cela, le moins qu'on puisse attendre des gouvernements qui, partout dans le monde, tentent d'assurer ce sauvetage, c'est qu'ils mettent en place toutes les mesures de contr&#244;le et de r&#233;gulation pour que cela ne puisse plus se reproduire. Ils pr&#233;tendent vouloir le faire ; le mouvement social doit les harceler pour qu'ils tiennent parole, en s'appuyant sur le nouveau rapport de force qui s'est brutalement &#233;tabli. Pendant de longues ann&#233;es et peut &#234;tre des d&#233;cennies, tous les investisseurs potentiels ne risqueront &#224; nouveau leur argent que s'ils ont la quasi-certitude de ne pas mettre leur &#233;pargne dans des &#171; affaires &#187; dop&#233;es par la sp&#233;culation : pression de l'opinion publique et bon sens &#233;conomique sont d&#233;sormais alli&#233;s contre toutes les aventures et les f&#233;odalit&#233;s financi&#232;res. Cet assainissement drastique des m&#339;urs de la finance est la premi&#232;re condition pour que l'offre de cr&#233;dit puisse &#234;tre restaur&#233;e. Mais d&#233;sormais, c'est la demande de cr&#233;dit qui menace de s'effondrer. Or, il est plus facile d'emp&#234;cher un &#226;ne de boire que de le forcer !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous sommes en 1933&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question essentielle n'est pas celle de la r&#233;cession, ph&#233;nom&#232;ne cyclique transitoire. C'est celle de la d&#233;pression et de la d&#233;flation. Autrement dit, personne ne sait jusqu'o&#249; l'&#233;conomie productive va chuter, mais surtout personne ne peut pr&#233;tendre s&#233;rieusement qu'elle pourra red&#233;marrer d'elle-m&#234;me[1] : dans les ann&#233;es 30, il fallut une seconde guerre mondiale ; au Japon, &#224; partir de la crise financi&#232;re de la fin des ann&#233;es 80, plus de dix ans et, encore la croissance n'est-elle timidement repartie, que parce que le reste de l'Asie et du monde connaissait une forte croissance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un plan de relance social et &#233;cologique&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant que s'ouvre, &#224; partir de la premi&#232;re r&#233;union du G20, la n&#233;cessaire n&#233;gociation pour un nouveau syst&#232;me &#233;conomique et financier, la premi&#232;re urgence est la relance de la demande, partout dans le monde. Il ne s'agit plus de sauver seulement les banques, mais l'ensemble de l'activit&#233; &#233;conomique. L'urgence est d&#233;sormais admise et commence (depuis d&#233;but novembre) &#224; &#234;tre mise en &#339;uvre (USA, Chine, Allemagne, Russie, Royaume Uni, pays p&#233;troliers[2]), mais elle pose trois questions essentielles :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* la premi&#232;re est celle que ces relances soient aussi coop&#233;ratives que possible. A tout le moins, elles doivent absolument &#233;viter, &#224; la diff&#233;rence des ann&#233;es 30, de chercher &#224; repasser le mistigri de la crise au reste du monde. Il est l&#233;gitime de vouloir prot&#233;ger les producteurs nationaux, quand ils produisent pour le march&#233; int&#233;rieur (en raisonnant &#224; l'&#233;chelle continentale), mais il est inadmissible de continuer &#224; les subventionner quand ils exportent et tentent de prendre des parts de march&#233; &#224; leurs concurrents. Ceci signifie le caract&#232;re prioritaire d'un syst&#232;me mondial multipolaire, o&#249; l'OMC et le FMI, r&#233;form&#233;s et soumis &#224; la charte des Nations Unies interdiraient, pour la premi&#232;re, toute forme d'aide aux exportations et, pour le second, toute manipulation de changes, par une intervention conjointe avec les pays dont la monnaie se r&#233;&#233;value[3].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* La deuxi&#232;me question, est celle de la nature de ces politiques de relance. C'est ici que les choix politiques font toute la diff&#233;rence ; la droite pr&#233;f&#233;rera les d&#233;penses militaires et s&#233;curitaires. Or, cette relance ne pourra trouver la base citoyenne n&#233;cessaire pour r&#233;tablir la confiance sans laquelle les d&#233;penses priv&#233;es ne repartiront pas, que si elles correspondent aux aspirations du plus grand nombre, c'est-&#224;-dire que si elles r&#233;pondent aux urgences sociales et &#233;cologiques incontestables. Ceci peut rev&#234;tir un caract&#232;re diff&#233;rent suivant les continents et les pays &#8211; en France, il faudrait commencer par le rel&#232;vement des minima sociaux (pour la m&#234;me somme, ce sont par n&#233;cessit&#233; leurs prestataires qui d&#233;pensent le plus et le plus vite) ; la construction de logements sociaux et des mesures drastiques d'&#233;conomies d'&#233;nergie, qui anticipe sur l'apr&#232;s Kyoto ; les d&#233;penses de sant&#233;, d'&#233;ducation et de recherche -, &#224; la condition qu'ils agissent de mani&#232;re compl&#233;mentaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le financement d'une relance de la demande mondiale&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* La troisi&#232;me question est celle de son financement. Pour atteindre sa pleine efficacit&#233;, il doit &#234;tre &#224; la fois budg&#233;taire et mon&#233;taire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Sur le plan budg&#233;taire, la suppression de tous les all&#232;gements et exon&#233;rations consentis depuis 10 ans aux 5% les plus ais&#233;s de la population doit &#234;tre imm&#233;diat : 5% est &#233;videmment un pourcentage arbitraire, mais qui a &#233;t&#233; valid&#233;, apr&#232;s un grand d&#233;bat d&#233;mocratique, par la majorit&#233; de la population dans le plus puissant pays du monde. Le retour &#224; une fiscalit&#233; rigoureuse (excluant toute forme de &#171; niche &#187;, qu'il faut laisser aux chiens) en faveur de l'imp&#244;t progressif et de droits de succession, r&#233;duisant dans le m&#234;me temps les cotisations salariales et les plus injustes des imp&#244;ts locaux, doit compl&#233;ter ce retour &#224; un syst&#232;me authentiquement redistributif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceci suppose notamment qu'en Europe, on commence par constater honn&#234;tement que, compte tenu des circonstances &#233;videmment exceptionnelles d'ailleurs pr&#233;vues par le texte, le pacte de stabilit&#233; est caduc : on pourra d'ailleurs n&#233;gocier un nouveau Pacte de coop&#233;ration &#233;conomique et social (PACES), soumis &#224; la d&#233;lib&#233;ration de l'ensemble des citoyens, comme le demande le collectif des associations du GH, puis &#224; l'approbation de l'ensemble des &#233;lecteurs europ&#233;ens, lors du renouvellement du Parlement[4].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Sur le plan mon&#233;taire, la question est tr&#232;s simple pour l'ensemble des pays qui ont accumul&#233; des masses d'exo-dollars. Elle l'est tout autant pour les USA, qui profitant, au moins encore pour un temps, du privil&#232;ge de monnaie de r&#233;f&#233;rence du dollar, vont se permettre un d&#233;ficit d'au moins 8% de leur budget et se dirigent vers un taux d'endettement de 100%[5].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A la v&#233;rit&#233;, la question ne se pose que pour l'Europe et l'ensemble des pays hors G 20. Pour la premi&#232;re, un plan massif d'emprunts de la Banque Europ&#233;enne d'Investissement, libell&#233; en euros, doit venir financer l'ensemble des pays les moins avanc&#233;s de la zone, les autres pays, dont la France, par le truchement de la Caisse des D&#233;p&#244;ts, empruntant pour leur propre compte. Pour l'ensemble des autres pays du monde, avec leurs gigantesques besoins dans les domaines alimentaires, sanitaires, &#233;cologiques, d'infrastructures, d'&#233;ducation, etc., la cr&#233;ation des moyens de financement ne peut &#234;tre mise en &#339;uvre que par un FMI, compl&#232;tement transform&#233;[6].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En fait, l'instrument existe &#8211; les droits de tirage sp&#233;ciaux, invent&#233;s au tournant des ann&#233;es 70 pour faire face aux besoins de l'administration Nixon &#8211; et il peut &#234;tre mis en &#339;uvre du jour au lendemain par simple d&#233;cision du conseil d'administration, comme l'avait propos&#233; le prix Nobel J. Stiglitz au lendemain du 11 septembre. Ces DTS devraient &#234;tre mis &#224; la disposition des banques r&#233;gionales de d&#233;veloppement, avec la participation active, aux c&#244;t&#233;s des gouvernements nationaux de l'ensemble des soci&#233;t&#233;s civiles et des ONG concern&#233;s, afin de minimiser les risques de mal gouvernance et de corruption.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On objectera que tout cela est terriblement inflationniste. La double r&#233;plique va pourtant de soi : premi&#232;rement, si nous sommes en 1933, du fait des politiques n&#233;o-lib&#233;rales et mon&#233;taristes, l'inflation potentielle est moins grave que la d&#233;flation effective ; deuxi&#232;mement, l'effet de relance doit &#234;tre transitoire : d&#232;s lors que l'&#233;conomie r&#233;elle commencera &#224; se rapprocher de son potentiel de production, le mix de politique budg&#233;taire et mon&#233;taire devra &#234;tre plus &#233;quilibr&#233;, et il suffira alors que la masse salariale revienne &#224; son pourcentage des ann&#233;es 70 et qu'ensuite le pouvoir d'achat des salaires progresse au rythme des gains de productivit&#233;. Bien entendu, le nouveau syst&#232;me &#233;conomique et financier mis en place, en r&#233;ponse &#224; cette grande crise de l'imp&#233;rialisme, doit &#234;tre p&#233;renne au plan mondial.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En r&#233;alit&#233;, plus qu'une question th&#233;orique ou technique, c'est la question g&#233;opolitique de la composition du FMI, qui est d&#233;sormais prioritaire. La premi&#232;re r&#233;union du G20 a admis cette n&#233;cessit&#233;. Il faut aller d&#233;sormais plus loin, en int&#233;grant l'ensemble des institutions &#233;conomique mondiales (FMI, Banque Mondiale, OMC, BRI, OCDE,&#8230;) dans le syst&#232;me des Nations Unies, lui-m&#234;me r&#233;nov&#233;, et le respect scrupuleux de sa charte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La balle est donc pr&#233;cis&#233;ment dans le camp de la prochaine administration Obama. Pendant quelques semaines, le magnifique symbole qu'a repr&#233;sent&#233; son &#233;lection peut lui permettre d'imposer &#224; l'opinion et surtout &#224; l'establishment am&#233;ricain, ce que n'a jamais fait dans l'histoire un pouvoir h&#233;g&#233;monique, accepter de passer pacifiquement d'un leadership &#224; un partnership. Formidable bond en avant de l'humanit&#233; ou retour &#224; la banalit&#233; belliciste : les africains n'auraient finalement eu pour seule satisfaction que la r&#233;ussite d'un de leurs &#233;migr&#233;s de la deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour mener &#224; bien, une telle strat&#233;gie de transformation mondiale, le temps est venu de constituer un large front progressiste mondial, capable de r&#233;ussir l&#224; o&#249; les fronts populaires d'antan &#233;chou&#232;rent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Domi Taddei
taddeidomi@wanadoo.fr&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;[1] Les mod&#232;les de pr&#233;vision demeurent corrects dans leurs structures, mais les param&#232;tres chiffr&#233;s qu'ils utilisent sont obsol&#232;tes, puisqu'ils sont calcul&#233;s sur la moyenne des r&#233;sultats ant&#233;rieurement observ&#233;s, qui correspondent &#224; des comportements collectifs qui ont qualitativement chang&#233; : en particulier, l'aversion pour le risque a augment&#233; brutalement et durablement. Ce changement n'est pas de degr&#233;, mais de nature. Il repr&#233;sente une non lin&#233;arit&#233; syt&#233;mique, dont ne peuvent rendre compte des mod&#232;les, lin&#233;aires par construction ; en termes imag&#233;s, les animal spirits ont fait un virage &#224; 180 degr&#233;s.
[2] C'est &#224; cette aune que l'imposture des discours de Sarkozy et de Barroso &#233;clate : ils pr&#233;tendent donner des le&#231;ons au reste du monde, mais soutiennent dans les faits des budgets de rigueur ! [3] Rappelons que si un pays est limit&#233; par le montant de ses r&#233;serves de change, quand sa monnaie se d&#233;value, il dispose de moyens illimit&#233;s quand cette monnaie est tr&#232;s demand&#233;e : de nos jours, la &#171; planche &#224; billets &#187; est &#233;lectronique et il suffit d'un clic (c'est-&#224;-dire d'une volont&#233; politique) pour refuser sa r&#233;&#233;valuation, et par l&#224;-m&#234;me le danger de dumping mon&#233;taire, qui est le pire de tous puisqu'il peut atteindre des pourcentages quasi illimit&#233;s en quelques jours.
[4] Sur le contenu possible d'un tel PACES, cf. l'avis adopt&#233; par le Conseil Economique et Sociale en 2003
[5] Il est formidablement comique de voir que ces mesures se pr&#233;parent &#224; Chicago &#224; quelques centaines de yards du plus grand rassemblement au monde de Prix Nobel, tous plus mon&#233;taristes les uns que les autres. Ayant moins d'humour, nous autres en France, quand on voulait mettre fin &#224; l'Ancien R&#233;gime, on ramenait Louis XVI de Versailles &#224; Paris !
[6] Comme pour l'ensemble des autres institutions internationales, si on en conserve les sigles, c'est par simple commodit&#233;, parce qu'on doit montrer que l'avenir est &#224; une coop&#233;ration multipolaire et non aux replis souverainistes et parce qu'on doit pouvoir atteindre plus vite ainsi les but recherch&#233;s qu'en repartant de z&#233;ro.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La mondialisation en crise et ses issues : Conflits inter-imp&#233;rialistes ou nouvelles r&#233;gulations </title>
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		<dc:date>2008-03-25T10:18:08Z</dc:date>
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		<dc:creator>Dominique Tadd&#233;i</dc:creator>

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		<description>Introduction : &lt;br /&gt;La mondialisation et l'id&#233;e de mondialisation dominent tous nos probl&#232;mes soci&#233;taux et politiques de fa&#231;on &#233;vidente. &lt;br /&gt;Ainsi, l'id&#233;ologie dominante pr&#233;tend faire de cette &#233;vidence un argument de soumission (par exemple, &#171; prendre en compte les contraintes du march&#233; mondial &#187;), au nom duquel nous devrions accepter toutes les r&#233;gressions sociales, &#233;cologiques, d&#233;mocratiques, &#233;thiques, culturelles, etc., au nom de cette mondialisation divinis&#233;e. Le d&#233;bat public (...)


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Introduction :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La mondialisation et l'id&#233;e de mondialisation dominent tous nos probl&#232;mes soci&#233;taux et politiques de fa&#231;on &#233;vidente.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, l'id&#233;ologie dominante pr&#233;tend faire de cette &#233;vidence un argument de soumission (par exemple, &#171; prendre en compte les contraintes du march&#233; mondial &#187;), au nom duquel nous devrions accepter toutes les r&#233;gressions sociales, &#233;cologiques, d&#233;mocratiques, &#233;thiques, culturelles, etc., au nom de cette mondialisation divinis&#233;e. Le d&#233;bat public manipul&#233; par les m&#233;dias, appartenant pour l'essentiel &#224; des grands groupes financiers n'est plus qu'entre ceux qui veulent nous adapter &#171; &#224; la dure &#187; (Sarkozy), ou nous adapter sur un mode plus compassionnel (la direction du PS). Prenons un exemple d'actualit&#233; : l'un attaque frontalement les r&#233;gimes de retraite ; l'autre lui dit qu'il s'y prend mal, et que le m&#234;me r&#233;sultat pourrait &#234;tre mieux obtenu par la n&#233;gociation !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi parler d'une mondialisation divinis&#233;e ? Parce que l'on se garde de l'analyser et que le discours dominant en fait un &#233;tat de la nature - &#171; la mondialisation est un fait &#187;, &#233;crit V&#233;drine, un des gourous du pouvoir en place, depuis qu'il a chang&#233; de camp -, qu'une divinit&#233; myst&#233;rieuse nous imposerait : c'est la r&#233;invention du &#171; veau d'or &#187; devant lequel il faudrait se prosterner.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, la plus simple des observations nous apprend que la mondialisation n'est pas un &#233;tat (quelque chose d'immuable ou m&#234;me de stable), mais un processus historique , unique en son genre, mais comme tous les processus historiques le sont, cette derni&#232;re remarque ne nous m&#232;ne pas bien loin. Il est surtout essentiel de noter que ce processus de mondialisation est particuli&#232;rement instable, marqu&#233; par de nombreuses mutations, et frapp&#233; par des crises r&#233;currentes, dont certaines ont manifestement un caract&#232;re syst&#233;mique : nous voulons dire par l&#224; qu'elles affectent si ce n'est l'existence, mais du moins la nature pr&#233;sente de la dite mondialisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La mondialisation, au moins au sens o&#249; on emploie g&#233;n&#233;ralement le terme, n'existe pas depuis tr&#232;s longtemps : elle a moins de 30 ans. Et si veut donner &#224; ce terme un sens beaucoup plus large (par exemple, l'&#233;conomie-monde, ch&#232;re &#224; F. Braudel), convenons au moins qu'il existe, depuis environ un tiers de si&#232;cle, une &#233;volution du monde d'un type r&#233;ellement nouveau et qui m&#233;rite en effet qu'on l'&#233;tudie le plus s&#233;rieusement possible, dans toutes ses dimensions, et sans rel&#226;che :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; cette mondialisation ne cesse d'ailleurs de se transformer &#224; une allure tr&#232;s impressionnante : on rappellera qu'elle en est ainsi d&#233;j&#224; &#224; la fin de sa troisi&#232;me phase, chacune d'entre elle ne durant gu&#232;re plus d'une d&#233;cennie ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; chacune de ses phases se conclue par des crises, dont le d&#233;clenchement se situe &#224; chaque fois sur des march&#233;s et des continents diff&#233;rents, ce qui nous fait d&#233;j&#224; pressentir que nous sommes en pr&#233;sence d'un ph&#233;nom&#232;ne particuli&#232;rement complexe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, dans la dynamique complexe du monde, l'avenir est, &#224; proprement parler, impr&#233;dictible, m&#234;me s'il est d&#233;termin&#233;. Malgr&#233; cela, il y a quand m&#234;me au moins une chose que nous pouvons pr&#233;voir : c'est que dans quelque temps (dans dix ans, peut &#234;tre dans dix mois, ou dans l'instant qui suit dix jours, ou dans dix minutes, cela personne ne le sait), la mondialisation ne sera plus ce qu'elle est &#224; l'instant pr&#233;sent . Non pas parce que des changements continus, presque imperceptibles &#224; court terme, auront &#233;videmment modifi&#233; la face du monde (c'est l'effet de &#171; la fl&#232;che du temps &#187; et il en est toujours &#233;t&#233; ainsi), mais parce que le processus actuel de mondialisation porte en lui une telle charge de contradictions en tout genre, que nous serons, selon toute vraisemblance, en pr&#233;sence, pour le pire ou pour le meilleur, d'une autre mondialisation, qualitativement diff&#233;rente de celle que nous avons connue ou que nous connaissons aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Autrement dit, quand on refuse de se prosterner devant le &#171; veau d'or &#187;, que l'on pr&#233;f&#232;re se servir de notre raison pour analyser le monde tel qu'il va, on ne peut &#234;tre qu'altermondialiste ! Ou, pour reprendre &#224; notre mani&#232;re le slogan d'ATTAC, un autre monde est non seulement possible, mais il est m&#234;me certain ! Cela n'est d'ailleurs pas n&#233;cessairement rassurant en soi : car il y a devant nous une quasi-infinit&#233; d'autres mondes possibles, dont certains seraient certainement bien pires que le monde actuel que nous critiquons justement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais ce constat est quand m&#234;me essentiel, d'abord parce qu'il rompt ave l'id&#233;ologie dominante, que l'on a bien tort de l&#233;gitimer, en la qualifiant de lib&#233;rale, ou m&#234;me de n&#233;o-lib&#233;rale (peut &#234;tre pour faire plus moderne), alors qu'elle est fondamentalement anti-lib&#233;rale, c'est-&#224;-dire autoritaire . Regardez, rien que dans nos vieux pays, que l'on pr&#233;tend &#171; lib&#233;raux &#187;, les politiques concr&#232;tement mises en &#339;uvre par Bush, ou Berlusconi, ou Aznar, ou maintenant chez nous Sarkozy : au nom de la mondialisation f&#233;tichis&#233;e, ils rompent tous les jours un peu plus avec les id&#233;aux de libert&#233;, pour imposer des pratiques de plus en plus autoritaires dans leur propre pays, et de plus en plus bellicistes, au niveau mondial. Et en dehors de la partie dite occidentale du monde, le soi-disant &#171; lib&#233;ralisme &#233;conomique &#187; n'a pas de plus de fervents d&#233;fenseurs que les secr&#233;taires permanents du parti communiste chinois ou les &#171; services &#187; qui peuplent le Kremlin, lesquels nouveaux milliardaires veulent autant de place &#224; l'OMC ou &#224; la Banque Mondiale, que Kadhafi &#224; la commission de l'ONU sur les droits de l'homme&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le constat que la mondialisation est un processus historique, en perp&#233;tuelle mutation, est surtout essentiel, parce qu'il doit nous dicter une inversion de nos comportements de citoyens, malgr&#233; le matraquage du syst&#232;me m&#233;diatique, au service des int&#233;r&#234;ts en place. Il ne s'agit pas de s'adapter, de fa&#231;on contrainte ou de fa&#231;on consensuelle, &#224; la mondialisation telle qu'elle est ; au contraire, il nous faut agir pour que la future mondialisation s'adapte aux valeurs, que l'immense majorit&#233; des femmes et des hommes, sur cette plan&#232;te, d&#233;sire plus ou moins explicitement. Bien entendu, l'existence et la liste de ces valeurs universalisantes m&#233;riteraient un immense d&#233;bat plan&#233;taire , mais d'une certaine fa&#231;on, celui-ci se d&#233;veloppe depuis une dizaine d'ann&#233;es au sein et autour du mouvement alter mondialiste. Pour ne pas &#234;tre trop long, nous nous contenterons ici d'affirmer quatre de ces valeurs :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la d&#233;mocratie. Ceci veut dire, en toute circonstances, la primaut&#233; des droits individuels et collectifs ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la solidarit&#233;. Ceci signifie une r&#233;duction drastique des in&#233;galit&#233;s, partout dans le monde : entre pays et, de plus en plus, &#224; l'int&#233;rieur de chaque pays et de chaque r&#233;gion ; mais aussi le d&#233;veloppement de tous les syst&#232;mes coop&#233;ratifs de vie en soci&#233;t&#233;, qui pr&#233;f&#232;rent les objectifs collectifs, &#224; la valorisation des r&#233;sultats individuels.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; le d&#233;veloppement durable. Ceci impose un changement complet de nos modes de production, de transport et de consommation, une croissance et une d&#233;croissance s&#233;lectives, choisies dans le cadre de processus d&#233;mocratiques, d'o&#249; l'int&#233;r&#234;t des mobilisations citoyennes sur tous les enjeux concrets de l'environnement, du niveau local au niveau mondial (l'apr&#232;s Kyoto), en passant par le niveau national (autour du Grenelle de l'environnement) ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; le respect des identit&#233;s multiples, qui font que nous sommes &#224; la fois tous &#233;gaux et tous diff&#233;rents : femmes et hommes ; corses, continentaux, maghr&#233;bins, m&#233;tis&#8230; ; jeunes, ou vieux ; bien portants, malades ou handicap&#233;s ; h&#233;t&#233;ro, homo ou bisexuels, etc. Ceci suppose &#233;videmment de pratiquer partout et toujours la reconnaissance de l'&#233;gale humanit&#233; et dignit&#233; de tous les autres, et donc leur possibilit&#233; de libre &#233;panouissement. A cet &#233;gard, la priorit&#233; est &#233;videmment d'&#233;radiquer la violence sous toutes ses formes et &#224; tous les niveaux, du couple &#224; la plan&#232;te, en passant par l'Etat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour mener &#224; bien la t&#226;che gigantesque de promotion de ces valeurs universelles, personne n'est de trop, et il n'y a pas de combats mineurs. Ce que la dynamique des syst&#232;mes complexes, comme l'est &#233;videmment le processus de mondialisation, nous apprend, c'est qu'elle est &#233;videmment non lin&#233;aire, faite de crises, de bifurcations, de chaos. D&#232;s lors, un simple battement d'aile de papillon dans un petit coin du monde peut engendrer des tornades &#224; l'autre bout du monde. Ce constat, que font aujourd'hui les meilleurs sp&#233;cialistes de toutes les disciplines, signifie donc le contraire d'un renoncement devant des forces qui nous d&#233;passeraient. Certes, l'avenir n'est pas pr&#233;dictible, mais il n'est pas ind&#233;termin&#233;. Il d&#233;pend au contraire de la d&#233;termination de chacun et, bien s&#251;r, du plus grand nombre possible de citoyennes et de citoyens. Cette nouvelle fa&#231;on de voir les choses conduit donc &#224; stimuler le militantisme au sens traditionnel du mot, et plus largement l'activit&#233; citoyenne, ici et maintenant : que nous fassions battre nos ailes de modestes papillons ! Ceci justifie donc pleinement le beau slogan altermondialiste : &#171; pensons globalement, agissons localement &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien s&#251;r, nous le ferons de fa&#231;on plus efficace si nous r&#233;fl&#233;chissons ensemble sur les processus extr&#234;mement complexes qui nous entra&#238;nent. Pour y contribuer, nous proposerons :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; dans une premi&#232;re partie, une analyse de la mondialisation, de ses fondements et de ses principales contradictions ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; puis, dans une seconde partie, nous pr&#233;senterons ses &#233;volutions possibles, en partant du rapport des forces en pr&#233;sence, puis en pr&#233;sentant de nouvelles r&#233;gulations souhaitables, enfin en essayant d'int&#233;grer les derniers &#233;l&#233;ments de la crise actuelle, renvoyant en annexes, des questions importantes, mais qui risqueraient de faire digression dans le corps principal du texte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1&#232;re partie
La mondialisation n&#233;o-imp&#233;rialiste et ses contradictions :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette premi&#232;re partie s'appuie sur d'innombrables travaux men&#233;s depuis 20 ans par un grand nombre de militants et de sp&#233;cialistes, dont nous proposons ici une synth&#232;se. Celle-ci, &#233;videmment discutable, est fond&#233;e sur le caract&#232;re n&#233;o-imp&#233;rialiste de la mondialisation contemporaine. Nous la conduirons en deux &#233;tapes :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;I-1 les fondements de la mondialisation contemporaine rel&#232;vent du &#171; n&#233;o-imp&#233;rialisme &#187; ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;I-2 les principales contradictions de cette mondialisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;I-1 Les fondements de la mondialisation contemporaine rel&#232;vent du &#171; n&#233;o-imp&#233;rialisme &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le processus contemporain de mondialisation s'appuie sur 2 piliers fondamentaux, qui en d&#233;terminent la nature bien particuli&#232;re, et que nous qualifierons pour cette raison de &#171; n&#233;o-imp&#233;rialiste &#187; :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; le premier est l'h&#233;g&#233;monie nord-am&#233;ricaine, qui est multidimensionnelle, et particuli&#232;rement marqu&#233;e dans le domaine politico-militaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Le second est un processus d'accumulation financi&#232;re sans pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il en r&#233;sulte une nature bien particuli&#232;re de l'actuelle mondialisation, que l'on peut qualifier de n&#233;o-imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* L'h&#233;g&#233;monie nord-am&#233;ricaine est &#233;tablie depuis les ann&#233;es 1940 :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour ne pas nous attarder ici sur son origine, ni sur une datation toujours discutable, nous admettrons que cette h&#233;g&#233;monie est devenue incontestable, avant m&#234;me la fin de la seconde guerre mondiale , m&#234;me si les accords de Yalta ont reconnu &#224; Staline et aux dirigeants sovi&#233;tiques, un &#171; empire &#187; consistant. Nous venons de souligner que cette h&#233;g&#233;monie nord-am&#233;ricaine est multidimensionnelle : si elle est &#233;videmment politique et militaire, elle est aussi culturelle, &#233;conomique et financi&#232;re&#8230; Cette derni&#232;re dimension s'est exerc&#233;e, dans une premi&#232;re p&#233;riode, &#224; travers les accords de Bretton Woods (o&#249;, en 1944, leurs n&#233;gociateurs imposent leur plan, le plan White, contre Keynes et les autres diplomates pr&#233;sents) ; elle s'est exerc&#233;e &#233;galement par le plan Marshall, avec la volont&#233; de r&#233;tablir la prosp&#233;rit&#233; des &#233;conomies ouest-europ&#233;ennes et japonaises, consid&#233;r&#233;es comme les deux gardiens leur permettant de pr&#233;venir l'expansionnisme sovi&#233;tique. La r&#233;ussite de cette strat&#233;gie &#8211; les Trente Glorieuses &#8211; en signifiait en m&#234;me temps la mort : dans les ann&#233;es 70, l'h&#233;g&#233;monie nord-am&#233;ricaine ne pouvait se perp&#233;tuer, face &#224; deux r&#233;gions du monde en passe de la rattraper, qu'&#224; la condition d'en changer les ressorts. Plusieurs solutions s'offraient, du moins th&#233;oriquement : le retour &#224; l'&#233;talon-or, cher aux lib&#233;raux fran&#231;ais (et au g&#233;n&#233;ral de Gaulle) ; ou, au contraire, un revival du plan Keynes, r&#233;cus&#233; 30 ans plus t&#244;t, et souvent d&#233;sign&#233; sous le nom de plan Triffin , qui aurait institu&#233; de fait une monnaie mondiale. On va revenir sur ce que fut le choix am&#233;ricain. Enfin, cette h&#233;g&#233;monie s'est radicalement transform&#233;e apr&#232;s la chute du mur de Berlin (1989) et du communisme : l&#224; o&#249; il existait un &#171; &#233;quilibre de la terreur &#187;, &#224; partir d'une dissuasion mutuelle de l'emploi de l'arme nucl&#233;aire, s'est substitu&#233; pendant une quinzaine d'ann&#233;es une domination unilat&#233;rale de la superpuissance am&#233;ricaine, &#171; imp&#233;riale &#187;, sans autre limite que ses propres contradictions, et nous verrons que c'est cette nouvelle forme d'h&#233;g&#233;monie, qui est aujourd'hui entr&#233;e en crise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* L'accumulation financi&#232;re s'est mondialis&#233;e durant les ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avant de critiquer aussi rationnellement que possible son usage et son &#233;volution actuels, il faut &#233;viter de diaboliser la finance, qui existe depuis des mill&#233;naires, et dont il n'est pas &#233;vident que l'on puisse se passer compl&#232;tement. Pourquoi ? Parce que ce qui l&#233;gitime l'existence de la finance vient de l'usage des ressources dans le temps, qui n&#233;cessite une triple fonction d'&#233;valuation, d'orientation et de contr&#244;le de celles ci . Et jusqu'&#224; pr&#233;sent le seul syst&#232;me alternatif concr&#232;tement mis en place sur l'ensemble d'un pays, la planification centralis&#233;e, s'est av&#233;r&#233; moins efficace pour assumer ces fonctions incontournables. Quant &#224; une v&#233;ritable planification d&#233;mocratique (ou si on pr&#233;f&#232;re une autogestion g&#233;n&#233;ralis&#233;e), qui n'a jamais cess&#233; d'avoir les pr&#233;f&#233;rences de nombre de militants de l'ancienne g&#233;n&#233;ration, dont l'auteur de ces lignes, son id&#233;e n'a absolument pas avanc&#233;, m&#234;me sur le plan th&#233;orique, depuis 40 ans. Depuis, c'est une finance d&#233;brid&#233;e qui r&#232;gne plus que jamais sur le monde !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les autorit&#233;s am&#233;ricaines ont mis en place unilat&#233;ralement les bases actuelles de la globalisation financi&#232;re&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car il y a finance et finance : celle que nous connaissons aujourd'hui a &#233;t&#233; mise en place dans les ann&#233;es 70, sous la forme de d&#233;cisions politiques am&#233;ricaines, prises unilat&#233;ralement. Elle l'a &#233;t&#233; sans aucune consultation, m&#234;me de ses plus proches alli&#233;s, on peut dire par surprise, y compris pour la plus grande partie des observateurs, am&#233;ricains ou &#233;trangers :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; au d&#233;but des ann&#233;es 70, l'administration Nixon supprime le syst&#232;me de change fixe (d&#233;cid&#233; en 1944 &#224; Bretton Woods), pour laisser s'installer un r&#233;gime de changes dit flexibles (qui sera avalis&#233;, avec quelques ann&#233;es de retard, par les accords de la Jama&#239;que). Dans ce r&#233;gime, selon l'id&#233;ologie dominante, les autorit&#233;s mon&#233;taires, gouvernements et banques centrales, n'interviennent plus sur les variations de change : c'est la &#171; libert&#233; &#187; du march&#233; des devises, la rencontre de l'offre et de la demande, qui est cens&#233;e fixer d&#233;sormais les parit&#233;s entre les monnaies. En pratique, on verra que ceci n'est (heureusement) vrai qu'entre certaines limites, mais il est patent que celles-ci se sont consid&#233;rablement &#233;largies, c'est-&#224;-dire que la volatilit&#233; des cours que l'on pr&#233;tend officiellement d&#233;plorer, est devenue beaucoup plus forte que sous le r&#233;gime de change pr&#233;c&#233;dent. Dans les conditions o&#249; il s'est effectu&#233;, le basculement vers ce nouveau principe signifiait en fait la premi&#232;re des d&#233;missions politiques des autorit&#233;s mon&#233;taires - gouvernement et banques centrales -, premi&#232;re d'une longue s&#233;rie qui devait conduire progressivement &#224; la globalisation financi&#232;re. D&#233;sormais, la r&#233;alit&#233; tangible &#233;tait la capitulation des autorit&#233;s mon&#233;taires d'un grand nombre de pays (europ&#233;ens, dont la France), au nom d'un principe &#233;nonc&#233; cyniquement par les dirigeants am&#233;ricains : &#171; le dollar est notre monnaie, mais c'est votre probl&#232;me &#187;. Petit &#224; petit, au nom de ce &#171; benign neglect &#187;, c'est-&#224;-dire de cette m&#234;me id&#233;ologie, on abandonnera &#224; la sp&#233;culation sans frein tous les autres march&#233;s financiers, anciens ou nouveaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; en janvier 79, le pr&#233;sident de la Fed (la banque centrale am&#233;ricaine) Volker, prend pr&#233;texte de l'imminence d'un deuxi&#232;me choc p&#233;trolier, d&#251; &#224; la r&#233;volution iranienne (qui devait effectivement triompher quelques mois plus tard, provoquant le choc attendu) ; il d&#233;cide d'inverser la priorit&#233; des politiques &#233;conomiques qui existait depuis la guerre, l&#224; encore de fa&#231;on unilat&#233;rale, en profitant notamment de la faiblesse politique du pr&#233;sident d&#233;mocrate Jimmy Carter. Depuis 35 ans, les politiques &#233;conomiques avaient eut pour objectif principal la recherche du plein emploi, pour &#233;viter de revivre le dramatique ch&#244;mage de masse des ann&#233;es 30. Elles ne luttaient contre l'inflation que de fa&#231;on accessoire, sans jamais compromettre durablement l'emploi. Par une augmentation extraordinaire des taux d'int&#233;r&#234;t, jamais vue en temps de paix (plus de 20% en valeur nominale ; dans les 10%, hors inflation), la Fed d&#233;cr&#232;te que d&#233;sormais la lutte contre l'inflation serait la priorit&#233; n&#176;1, et que la lutte contre le ch&#244;mage n'en serait plus qu'une heureuse retomb&#233;e. Les banques centrales europ&#233;ennes s'alignent dans les mois qui suivent sur cette inversion compl&#232;te de la politique &#233;conomique et partout, dans le monde, quelque soit leurs discours, les pouvoirs politiques l'ent&#233;rinent, sans jamais organiser aucun vrai d&#233;bat d&#233;mocratique. C'est donc aujourd'hui encore la politique officielle de la Banque Centrale Europ&#233;enne, comme avant elle de la Banque de France, avec d'ailleurs le m&#234;me M. Trichet aux manettes, ou surtout de la Bundesbank (Buba) .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'accumulation financi&#232;re est essentielle &#224; la compr&#233;hension d'une mondialisation en perp&#233;tuelle &#233;volution :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous savons tous que chacun des p&#233;rils (sociaux, &#233;cologiques, violences, guerres) qui nous entourent aujourd'hui, d&#233;j&#224; multiformes par eux-m&#234;mes, rel&#232;ve d'un enchev&#234;trement de causes multiples, qui peuvent d'ailleurs varier suivant les lieux, certains &#233;tant &#233;videmment tr&#232;s anciens et d'autres bien plus r&#233;cents. Mais nous assistons depuis une trentaine d'ann&#233;es (pour arrondir) &#224; une acc&#233;l&#233;ration de tendances n&#233;gatives, qui ne rel&#232;ve pas d'une illusion d'optique engendr&#233;e par un pessimisme morbide ; qui ne rel&#232;ve pas d'avantage d'une co&#239;ncidence malencontreuse, d&#232;s lors que ce constat alarmant se v&#233;rifie dans les diff&#233;rents domaines &#233;nonc&#233;s. Cette mont&#233;e concomitante des p&#233;rils a une m&#234;me cause principale, qui nous entra&#238;ne de fa&#231;on syst&#233;mique vers les ab&#238;mes : la globalisation financi&#232;re mise en place progressivement depuis le d&#233;but des ann&#233;es 80, sous l'&#233;gide de Washington, et sa logique essentielle, la recherche d'un taux de rendement financier maximal (pour appeler les choses simplement), que symbolise la trop c&#233;l&#232;bre norme de 15% par an.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Logique contre logique &#8211; on pourrait &#233;crire classe contre classe, &#224; condition d'analyser la fa&#231;on dont justement l'accumulation financi&#232;re d&#233;forme consid&#233;rablement l'agencement des classes sociales-, nous verrons dans notre seconde partie qu'on ne peut opposer &#224; cette accumulation du capital financier autre chose que l'accumulation des savoirs et des droits, par la g&#233;n&#233;ralisation, &#224; tous les niveaux, du local au plan&#233;taire, de r&#233;gulations citoyennes, dont les r&#233;gulations &#233;tatiques et plus largement publiques sont une part plus ou moins consistante, suivant les probl&#232;mes et les lieux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La globalisation financi&#232;re semble de loin, pour une immense majorit&#233; des citoyens non avertis, incroyablement complexe. De plus, nous avons vu que sa mise en place s'est faite progressivement, par une s&#233;rie de d&#233;cisions, &#233;tal&#233;es sur une dizaine d'ann&#233;es, prises pour la plupart aux USA, mais relay&#233;es en Europe et au Japon. Il en r&#233;sulte que sa coh&#233;rence globale n'est apparue que progressivement, en dehors de quelques rares sp&#233;cialistes . Pourtant, plus on approche du ph&#233;nom&#232;ne, plus on d&#233;couvre que derri&#232;re ses artifices, se d&#233;gage une logique d'ensemble en r&#233;alit&#233; assez simple. D&#232;s lors que l'on prend conscience de celle-ci, on serait presque, un instant, saisi d'une sorte d'admiration devant ce coup de g&#233;nie, si n'apparaissait, jusque l&#224; dissimul&#233;e derri&#232;re elle, tous les p&#233;rils qu'elle engendre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car cette doctrine et ces politiques sont au service d'une pratique : depuis un quart de si&#232;cle, notre plan&#232;te, notre continent, notre pays, nos quartiers et nos villages, tous les aspects de notre vie, sont domin&#233;s par la logique d'une accumulation financi&#232;re globalis&#233;e. Sans doute, la recherche du profit maximum a &#233;t&#233;, en permanence, au c&#339;ur de la dynamique de toute &#233;conomie capitaliste et celle-ci induit in&#233;vitablement un processus d'accumulation financi&#232;re. On se souvient de la c&#233;l&#232;bre apostrophe de Karl Marx : &#171; accumulez, accumulez, c'est la loi et les proph&#232;tes ! &#187;. De m&#234;me, le creusement des in&#233;galit&#233;s engendre, depuis maintenant plus d'un quart de si&#232;cle, le retour &#224; une bipolarisation croissante des patrimoines et des revenus que l'on peut &#224; bon droit qualifier de &#171; n&#233;o-marxienne &#187;. Mais pour le reste, les circonstances concr&#232;tes n'ont que peu &#224; voir avec celles du milieu du XIX&#232;me si&#232;cle : pour s'en convaincre, il suffirait d'observer que les seuls pratiquants contemporains de la lutte des classes sont les tenanciers du capital, les financiers et leurs affid&#233;s politiques, face &#224; un monde du travail de plus en plus &#233;clat&#233;, morcel&#233;, voire pulv&#233;ris&#233; (nous songeons ici au d&#233;veloppement de la pr&#233;carit&#233; sous toutes ses formes).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus profond&#233;ment, il nous faut observer que la novation essentielle des ann&#233;es 1980 a &#233;t&#233; la lib&#233;ralisation sans frein des mouvements internationaux de capitaux, qui, facilit&#233;e par les nouvelles technologies de l'information et de la communication, nourrit d&#233;sormais ad nauseam cette accumulation, tout autour de la plan&#232;te. Derri&#232;re son masque, cette accumulation a aujourd'hui un visage, celui d'un oligopole de grandes organisations financi&#232;res internationales (empruntant diff&#233;rentes formes juridiques, telles que banques, fonds d'investissement, assurances, etc., qui s'imbriquent les unes les autres) : celles-ci r&#233;alisent plus de 93% des transactions internationales, quand les &#233;changes de biens et de services n'en repr&#233;sentent qu'un peu moins de 3% et que les transactions boursi&#232;res sur les actions et les obligations comptent &#224; peine plus ! Cet oligopole de quelques dizaines d'organisations qui a pris &#171; le poste de commande du financement de l'&#233;conomie mondiale &#187; r&#233;duit m&#234;me &#224; l'impuissance les banques centrales, dites ind&#233;pendantes, mais finalement consentantes &#224; cette nouvelle d&#233;pendance .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, ces organisations financi&#232;res, &#224; commencer par les fonds de pension am&#233;ricains, exigent dans le monde entier, depuis la fin des ann&#233;es 80, une norme commune de rendement &#224; toutes les entreprises qu'elles contr&#244;lent, y compris les plus grandes multinationales : ce standard international est une rentabilit&#233; financi&#232;re sur fonds propres de 15%, alors m&#234;me que la croissance de l'&#233;conomie mondiale est de l'ordre de 4%, et de 2% en Europe ! Pour les d&#233;cideurs financiers, 100 unit&#233;s de profit plac&#233;es une ann&#233;e doivent devenir 115 l'ann&#233;e suivante, plus de 132, la seconde ann&#233;e, pr&#232;s de 152, d&#232;s la 3&#232;me ann&#233;e, suivant la m&#234;me progression exponentielle&#8230; Certains y parviennent et font m&#234;me beaucoup plus. D'autres &#233;chouent et perdent tout ou partie de leur placement. Beaucoup, bien que comp&#233;titifs et profitables, n'atteignent pas cette norme, qui n'ob&#233;it d'ailleurs &#224; aucune rationalit&#233; pr&#233;cise, mais qui constitue la nouvelle idole, devant laquelle toute l'humanit&#233; est d&#233;sormais somm&#233;e de se prosterner ou du moins de plier : les entreprises sont alors rachet&#233;es &#224; bas prix, d&#233;pec&#233;es, revendues par &#171; appartements &#187;, quand elles ne sont pas conduites directement &#224; la fosse commune, nous voulons dire au tribunal de commerce. Celui qui pr&#233;tendrait r&#233;sister &#224; cette logique &#171; court termiste &#187; de l'accumulation, au nom d'une logique de plus long terme, industrielle, &#233;quitable ou &#233;cologique, est condamn&#233; &#224; faire l'objet d'OPA, plus ou moins hostiles, et ses gestionnaires, m&#234;me sinc&#232;res, devront le plus souvent se soumettre ou se d&#233;mettre. Face &#224; cette m&#233;canique infernale, les condamnations morales sont sans effet r&#233;el et les comportements suppos&#233;s &#233;thiques sont d&#233;risoires, car la maximisation du profit globalis&#233; ne rel&#232;ve pas d'une psychologie particuli&#232;re : les gestionnaires de portefeuille peuvent avoir &#171; une belle &#226;me &#187; et nombre d'entre eux militent le dimanche dans les mouvements caritatifs, comme leurs parents faisaient jadis l'aum&#244;ne &#224; &#171; leurs &#187; pauvres sur le parvis de l'&#233;glise, &#224; la sortie de la grande messe : le &#171; pr&#234;chi-pr&#234;cha &#187; pour un capitalisme &#233;thique ne sert qu'&#224; retarder la mise en &#339;uvre des n&#233;cessaires r&#233;gulations collectives. Car, au-del&#224; des le&#231;ons de morale d'un autre &#226;ge, la rentabilit&#233; financi&#232;re est de fa&#231;on essentielle la contrainte sociologique du capital globalis&#233; : un capitaliste qui ne s'y soumet pas est t&#244;t ou tard condamn&#233; &#224; &#234;tre excommuni&#233; par la nouvelle religion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s lors, sous ce r&#232;gne de la finance globalis&#233;e, il n'y a plus d'entreprises, grandes ou petites, que de nom : toutes ne sont plus que des segments d'une division mondiale du travail, model&#233;e par les gestionnaires &#224; la recherche &#233;perdue de la valorisation du capital financier, valorisation &#233;videmment exponentielle mais pas &#224; n'importe quel rythme : 15% l'an, tel est leur nouveau signe de croix, qui n'est autre que le chemin de croix pour le plus grand nombre de celles et de ceux qui en subissent toutes les cons&#233;quences. Les entreprises peuvent donc &#234;tre d&#233;pec&#233;es, d&#233;localis&#233;es, ferm&#233;es, aucune loi ou convention collective ne peut aujourd'hui pr&#233;tendre les sauvegarder durablement, tant que le minotaure les r&#233;clame, pr&#234;t &#224; les d&#233;vorer, suivant son r&#233;gime immuable. Il ne suffit pas de pr&#233;tendre &#234;tre comp&#233;titif ou rentable : il faut rapporter au moins 15% par an ! Si tout va bien, les actionnaires autophages peuvent alors d&#233;cider de racheter les actions de leurs propres entreprises : ainsi leur valeur boursi&#232;re monte et permet des plus-values, qui sont autant d'enrichissement sans contrepartie, et donc sans l&#233;gitimit&#233; ; et quand revient la saison de distribuer des dividendes, les dits actionnaires sont ainsi d'autant moins nombreux &#224; se partager la masse distribu&#233;e ; sinon une d&#233;cision venue d'un ailleurs anonyme, d'un fonds financier, install&#233; dans un paradis fiscal, ou d'une salle capitonn&#233;e d'une grande banque, peut d&#233;cider &#224; tout moment de votre vie &#233;conomique et sociale&#8230; ou de votre mort.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette logique infernale de l'accumulation exponentielle des profits s'est mise progressivement en place, &#224; partir du d&#233;mant&#232;lement de la plupart des r&#233;gulations publiques dans les ann&#233;es 80, non pas parce que les march&#233;s &#233;taient d&#233;j&#224; tout puissants et que les politiques n'avaient d'autres choix que de s'y soumettre, mais parce que ces derniers, g&#233;n&#233;ralement dans la plus grande discr&#233;tion et, en tous les cas sans consulter les citoyens qu'ils &#233;taient sens&#233;s repr&#233;senter, ont d&#233;cid&#233; plus ou moins consciemment de rendre les march&#233;s tout-puissants . Depuis lors, la finance globalis&#233;e a progressivement invent&#233; les instruments qui lui permettent d'&#233;chapper &#224; toutes les r&#232;gles prudentielles qu'elles s'&#233;taient elle-m&#234;me donn&#233;e effray&#233;e par sa propre voracit&#233;. Au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es, d&#233;sormais d&#233;barrass&#233;e de toute contrainte, elle a commenc&#233; &#224; prendre toute sa mesure et surd&#233;termine de plus en plus toutes les dimensions de notre vie : sociales, environnementales, politiques, intellectuelles&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* Le n&#233;o-imp&#233;rialisme :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'existence de ces deux piliers, politico-militaire et financier, de la mondialisation actuelle forme un ensemble qui renvoie &#224; ce que les premiers th&#233;oriciens post-marxistes (un anglais, J. Hobson [1902], un autrichien Hilferding [1910], une allemande, Rosa Luxembourg [1913] et un russe, L&#233;nine [1916]) appelaient &#171; l'imp&#233;ralisme &#187; dans les d&#233;bats du d&#233;but du XX&#232;me si&#232;cle. On notera, au passage, que cette analyse surgit dans des pays bien diff&#233;rents et d&#233;bouche, suivant les auteurs sur des strat&#233;gies politiques elles-m&#234;mes diff&#233;rentes, voire oppos&#233;es : r&#233;formistes ou r&#233;volutionnaires, d&#233;mocratiques ou autoritaires. Autrement dit, la reconnaissance des ph&#233;nom&#232;nes imp&#233;rialistes ne pr&#233;juge pas des implications civiques que les uns et les autres peuvent en tirer, suivant leur propre syst&#232;me de valeurs, raison de plus pour essayer d'analyser le ph&#233;nom&#232;ne avec le moins de pr&#233;jug&#233;s possibles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De m&#234;me, si tous les auteurs, qui ont &#233;tudi&#233; les ph&#233;nom&#232;nes imp&#233;rialistes, soulignent par force les risques de guerre qu'impliquent l'existence de plusieurs imp&#233;rialismes, tous ne concluent pas m&#233;caniquement au caract&#232;re in&#233;luctable des conflits arm&#233;s : la th&#233;orie de l'imp&#233;rialisme n'est donc pas une doctrine politique, plus ou moins manipulable au gr&#233; des tactiques de conqu&#234;te du pouvoir, mais une analyse de p&#233;riodes caract&#233;ris&#233;es par la circulation non r&#233;gul&#233;e des mouvements de capitaux, ce qui explique les ressemblances troublantes entre la situation d'il y a un si&#232;cle et l'&#233;volution contemporaine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;alit&#233; actuelle a certes des aspects tr&#232;s diff&#233;rents et m&#234;me parfois oppos&#233;s &#224; ceux d'il y a un si&#232;cle. Pour ne donner qu'un seul exemple : la vieille th&#233;orie de l'imp&#233;rialisme expliquait g&#233;n&#233;ralement que c'est l'exc&#232;s d'&#233;pargne et de capitaux dans les pays les plus riches (surtout l'Angleterre et la France, puis l'Allemagne) qui les obligeaient &#224; chercher des investissements dans les pays en retard (d'o&#249; les fameux &#171; emprunts russes &#187;) et tenter de les garantir par l'usage de la force politique et militaire. Il en r&#233;sultait la constitution des empires coloniaux et les risques de conflit entre eux, qui sont rest&#233;s contenus pendant une d&#233;cennie (crise de 1905 et partage des zones d'influence au Cameroun et au Togo en sont une illustration bien document&#233;e), avant d'&#234;tre dramatiquement v&#233;rifi&#233;s en 1914 : il s'agissait alors de la premi&#232;re guerre r&#233;ellement mondiale, au sens o&#249; elle mettait aux prises les imp&#233;rialismes anciens, qui entendaient conserver, &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te, leurs chasses gard&#233;es, et des imp&#233;rialismes nouveaux, ou &#233;mergents, qui entendaient s'y faire une place.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aujourd'hui, la situation financi&#232;re peut sembler bien diff&#233;rente pour ne pas dire oppos&#233;e : le seul pays h&#233;g&#233;monique, les USA, vit &#171; au dessus de ses moyens &#187;, avec, depuis 10 ans, un d&#233;ficit croissant de sa balance des paiements courants : il souffre donc d'une insuffisance &#233;vidente d'&#233;pargne et l'effondrement du dollar n'a &#233;t&#233; jusqu'ici &#233;vit&#233; que par la strat&#233;gie de gouvernements &#233;trangers, et notamment asiatiques, qui ont utilis&#233; la plus grande partie de leurs gigantesques r&#233;serves mon&#233;taires pour acheter des bons du tr&#233;sor am&#233;ricain ! Si on veut r&#233;employer l'ancien terme (qui a le grand m&#233;rite de montrer l'articulation essentielle entre les dimensions g&#233;opolitiques et financi&#232;res), il est donc pr&#233;f&#233;rable de qualifier la situation contemporaine de &#171; n&#233;o-imp&#233;rialiste &#187;, pour mieux en comprendre les caract&#233;ristiques et les contradictions. En effet, pour une grande part, ces derni&#232;res sont compl&#232;tement nouvelles, et surtout elles connaissent une &#233;volution extr&#234;mement rapide et particuli&#232;rement chaotique, ce qui interdit de pousser trop loin l'exercice paresseux de comparaison &#224; un si&#232;cle d'intervalle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour mieux cerner les processus n&#233;o-imp&#233;rialistes en cours, nous retra&#231;ons en annexe comment l'&#233;volution des trois derni&#232;res d&#233;cennies conduit &#224; la situation pr&#233;sente, avec ses risques de conflits entre imp&#233;rialismes en place et imp&#233;rialismes &#233;mergents, qui n'est pas sans rappeler, mutatis mutandis, la situation d'il y a un si&#232;cle, avant la premi&#232;re guerre mondiale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* L'exacerbation de la financiarisation, la cr&#233;ation de l'euro et la concentration des d&#233;s&#233;quilibres aux Etats-Unis :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s plusieurs d&#233;cennies de cette logique d'accumulation et l'exacerbation de la financiarisation (annexe 1), nous sommes entr&#233;s, avec le nouveau mill&#233;naire, dans une nouvelle &#233;tape, que caract&#233;rise la remise en cause de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine que ce soit sur le plan mon&#233;taire, avec la mise en place de l'euro ou sur le plan financier, avec la formidable accumulation des cr&#233;ances en dollars dans les grands pays riches en mati&#232;res premi&#232;res et dans les grands &#233;mergents. Il en r&#233;sulte ainsi, par un retournement ironique de l'histoire, une polarisation des principaux d&#233;s&#233;quilibres financiers sur les Etats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* Du point de vue mon&#233;taire, la cr&#233;ation de l'euro, au 1er janvier 1999, a fait passer le syst&#232;me mon&#233;taire mondial d'une logique monocentr&#233;e (celle du benign neglect : cf. supra) &#224; un syst&#232;me bistellaire (certes encore largement asym&#233;trique), qui devrait, t&#244;t ou tard, conduire les cr&#233;anciers du monde entier &#224; diversifier leurs placements et pour cela &#224; vendre au moins une partie de leurs dollars pour d&#233;tenir des cr&#233;ances en euros, sans parler de la tentation grandissante des fournisseurs de libeller leurs ventes en euros (cf. infra). Le temps que l'ensemble des op&#233;rateurs s'assurent de la solidit&#233; de la nouvelle monnaie europ&#233;enne, ce processus de r&#233;&#233;quilibrage a commenc&#233; &#224; s'effectuer, conduisant &#224; une d&#233;valorisation du dollar face &#224; l'euro, certes tr&#232;s progressive, mais d&#233;j&#224; consid&#233;rable (de 0,82 au plus bas, jusqu'&#224; pr&#232;s de 1,53, &#224; l'heure o&#249; nous &#233;crivons, ce qui repr&#233;sente une augmentation de plus de 87 % en 6 ans ), et tout le monde sait que le mouvement va se poursuivre, et peut &#234;tre m&#234;me s'acc&#233;l&#233;rer dangereusement, dans les semaines et mois qui viennent. Si le processus d'adaptation &#224; ce nouveau syst&#232;me mon&#233;taire bi-centr&#233; a &#233;t&#233; jusqu'ici aussi lent, cela tient pour partie &#224; ce que les possesseurs de cr&#233;ances en dollars savent bien que s'ils vendaient trop massivement une partie de leurs stocks, cela pr&#233;cipiterait (entre autre catastrophe) une chute brutale du dollar et donc de leurs avoirs, de type sp&#233;culatif : comme si souvent dans le pass&#233;, les cr&#233;anciers sont pi&#233;g&#233;s, du moins jusqu'&#224; pr&#233;sent...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* Le monde conna&#238;t ainsi, au tournant du mill&#233;naire, des crises duales d'exc&#232;s d'endettement et de change en cascade, dans l'ensemble des pays &#233;mergents, de 1997 (Asie) jusqu'&#224; 2002 (Argentine), en passant par la Russie d'Eltsine en 1998. C'est une p&#233;riode essentielle, le &#171; vrai tournant du si&#232;cle &#187;, comme le note justement Michel Aglietta. En effet, la plupart de ces pays, notamment parmi les plus grands d'entre eux, ont su tirer les le&#231;ons du type de mondialisation qu'ils avaient d'abord accept&#233; d'appliquer. Celui-ci, non seulement ne leur laissait que la &#171; part du pauvre &#187;, mais les rendait extr&#234;mement fragiles sur le plan &#233;conomique et subordonn&#233;s sur le plan politique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est pourquoi la r&#233;solution de ces crises financi&#232;res du &#171; tournant du mill&#233;naire &#187; a modifi&#233; profond&#233;ment les r&#233;gimes de croissance des pays &#233;mergents, leur a fait recouvrer l'autonomie de leurs politique &#233;conomiques et les a fait passer de positions internationales d&#233;bitrices &#224; des positions cr&#233;anci&#232;res, gr&#226;ce &#224; des taux de change d&#233;sormais tr&#232;s comp&#233;titifs et des capacit&#233;s d'offre exc&#233;dentaire. Le r&#233;gime d'accumulation financi&#232;re est certes toujours aussi instable &#224; l'&#233;chelle mondiale, mais d&#233;sormais les risques principaux ont chang&#233; de continent&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En effet, comme toujours, la dynamique non r&#233;gul&#233;e de l'expansion du cr&#233;dit est n&#233;cessairement instable : elle entra&#238;ne la hausse des prix d'actifs, du moins de certains d'entre eux, dans des proportions rapidement insoutenables. C'est ce que Greenspan, l'ancien pr&#233;sident de la Fed, appelait lui-m&#234;me &#171; l'exub&#233;rance irrationnelle des march&#233;s &#187; (financiers). Elle conduit, comme toujours, le capitalisme de bulles en crises : ces derni&#232;res commencent au moment o&#249;, p&#233;riodiquement, les bulles cr&#232;vent, autrement dit o&#249; on assiste &#224; un retournement brutal &#224; la baisse des march&#233;s financiers, ce qui cr&#233;e des risques de faillites en cha&#238;ne, qui prennent une allure de crises syst&#233;miques. Les banques centrales sont alors oblig&#233;es d'injecter des cr&#233;dits &#224; bon march&#233; pour emp&#234;cher que le syst&#232;me ne s'effondre, sur le mod&#232;le terrible de 1929 et des ann&#233;es 30. Mais la r&#233;solution de la crise pr&#233;c&#233;dente a encore d&#233;velopp&#233; les liquidit&#233;s disponibles, qui vont se diriger vers de nouveaux actifs, g&#233;n&#233;rant de nouvelles bulles, en sp&#233;culant g&#233;n&#233;ralement sur de nouveaux march&#233;s d'actifs, car pour gagner de l'argent il faut bien berner les &#233;pargnants par de nouveaux miroirs aux alouettes : la pr&#233;c&#233;dente bulle portait sur les actions, dites Internet (la soit disant &#171; nouvelle &#233;conomie &#187; se bornait &#224; l'usage extensif de nouvelles technologies, favorisant les exc&#232;s sp&#233;culatifs de la vieille &#233;conomie), la nouvelle bulle enfle d&#233;j&#224; sur l'ensemble des march&#233;s des mati&#232;res premi&#232;res, de l'&#233;nergie aux produits alimentaires de base, en passant par les produits min&#233;raux, entra&#238;nant des risques sociaux et &#233;cologiques redoutables (cf. infra).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Entre les deux, l'actuelle crise financi&#232;re, qui s'approfondit sur le march&#233; immobilier (&#171; les subprimes &#187; US), sur laquelle nous reviendrons, n'est pas une crise (&#233;clatement d'une bulle) comme les autres : non seulement, elle affecte les principaux agents de la mondialisation (les financiers), mais aussi, et c'est l&#224; un ph&#233;nom&#232;ne historique beaucoup plus important, elle r&#233;v&#232;le que le centre de l'accumulation mondiale s'est d&#233;plac&#233;e vers d'autres r&#233;gions du monde et, en particulier, vers le sud est asiatique. Il s'en suit que le lieu et la nature des nouveaux risques se sont &#233;galement d&#233;plac&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;I-2 Les contradictions du n&#233;o-imp&#233;rialisme et de la globalisation financi&#232;re :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour justifier ses analyses et pour mieux fonder ses propositions de nouvelles r&#233;gulations mondiales d'inspiration citoyenne, la gauche altermondialiste doit voir que la mondialisation am&#233;ricano-financi&#232;re est condamn&#233;e, parce qu'elle comporte, sans pr&#233;tendre &#234;tre exhaustif, cinq contradictions majeures, qui se nourrissent les unes les autres, cinq avatars monstrueux, qui se d&#233;veloppent implacablement sous nos yeux, et qui ne sont que les cons&#233;quences inexorables de cette globalisation financi&#232;re :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Autrement dit, cette mondialisation est toute &#224; la fois :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1- porteuse de crises financi&#232;res &#224; r&#233;p&#233;tition, dont celle dite des subprimes n'est que le dernier avatar, peut &#234;tre plus dangereux que les pr&#233;c&#233;dents (cf. la fin de ce texte) ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2- essentiellement in&#233;galitaire, elle engendre des urgences sociales par le creusement des in&#233;galit&#233;s entre les continents, les nations, les r&#233;gions et les habitants d'une m&#234;me r&#233;gion ou d'une m&#234;me commune ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3- fonci&#232;rement pr&#233;datrice, elle g&#233;n&#232;re autant d'urgences &#233;cologiques, du fait de la d&#233;gradation environnementale sous toutes ses formes. Pour ne prendre que les illustrations les plus incontestables : le r&#233;chauffement climatique, l'effondrement de la biodiversit&#233;, la d&#233;sertification, les multiples pollutions, et les p&#233;nuries croissantes (eau, ressources alimentaires), font que les urgences sociales et &#233;cologiques, loin de s'opposer, deviennent jumelles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4- conflictuelle par n&#233;cessit&#233;, elle entra&#238;ne des bouleversements g&#233;opolitiques, qui peuvent &#234;tre porteurs de guerres civiles et plan&#233;taires, &#224; commencer par le risque le plus imm&#233;diat, celui de la guerre en Iran, qu'encouragent Sarkozy et Kouchner ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;5- enfin, l'interd&#233;pendance de toutes les contradictions pr&#233;c&#233;dentes et la quasi impossibilit&#233; &#224; les g&#233;rer par les moyens institutionnels habituels constituent autant de sources de r&#233;gression d&#233;mocratique dans tous les pays, aux Etats-Unis, comme en Russie ou en France, chacun l'adaptant &#224; son histoire, &#224; ses institutions et au style personnel de ses &#171; autocrates &#187;, dont le trait commun est le recours &#224; un usage r&#233;pressif des nouvelles technologies, que l'on peut qualifier de &#171; n&#233;o-orwellien &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Gardant pour la fin de ce texte l'analyse de la crise financi&#232;re en cours, nous passerons rapidement en revue les autres grandes contradictions que nous venons de citer :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'aggravation des in&#233;galit&#233;s est partout la r&#232;gle, depuis pr&#232;s de 30 ans.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce constat est d'autant plus choquant, qu'il succ&#232;de &#224; une longue p&#233;riode de r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s , due en partie gr&#226;ce aux politiques fiscales (imp&#244;t progressif sur le revenu et imp&#244;ts sur les successions), en partie &#224; la puissance syndicale et &#224; l'instauration des syst&#232;mes de s&#233;curit&#233; sociale. A la fin des ann&#233;es 70, une &#171; deuxi&#232;me gauche &#187; politique, syndicale et intellectuelle, se voulant r&#233;solument moderne, peut c&#233;l&#233;brer la &#171; moyennisation &#187; de nos soci&#233;t&#233;s, d&#233;crite par Henri Mendras&#8230; au moment o&#249; celle-ci s'interrompt et s'inverse ! Il est vain aujourd'hui de se demander si la bonne r&#233;f&#233;rence pour juger du partage entre les salaires et les profits se trouve &#234;tre 1970 ou 1980, quand le premier milli&#232;me de la population est en train de d&#233;passer la part des revenus qui &#233;tait la sienne en 1913, &#224; la fin d'un si&#232;cle de domination presque sans partage du capitalisme &#224; dominante industrielle. Mais cette &#171; restauration &#187;, au sens de 1815, ne lui suffit manifestement pas quand on &#233;coute sur n'importe quel m&#233;dia le discours dominant des puissants de ce monde, de leurs experts et de leurs journalistes appoint&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais, &#224; d&#233;faut de les plaindre, il faut au moins les comprendre : comment pourraient-ils se comporter autrement, d&#232;s lors qu'il leur faut, ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, assurer 15% de rentabilit&#233; pour survivre dans l'univers de la finance globale ? Il appartient donc &#224; d'autres d'en d&#233;montrer les cons&#233;quences : supposons, par exemple, que l'on entende satisfaire cette norme pour le premier d&#233;cile des revenus, si la croissance globale d'un pays ne d&#233;passe pas 1,5% (moyenne de l'&#233;conomie fran&#231;aise pour ces derni&#232;res ann&#233;es), il ne reste absolument plus rien &#224; distribuer pour tout le reste de la population ! Les choses sont bien entendu en pratique un petit peu plus compliqu&#233; que dans l'exemple pr&#233;c&#233;dent, qui n'avait pour but que d'&#233;noncer un corollaire &#233;vident, mais g&#233;n&#233;ralement pass&#233; sous silence, de la nouvelle norme divinis&#233;e. En g&#233;n&#233;ral, quelques autres parties constitutives de la soci&#233;t&#233; parviennent, &#231;&#224; et l&#224;, au hasard de rapports de force fluctuants (une fois des agriculteurs, une fois des m&#233;decins, des camionneurs, ou des chauffeurs de taxi, rarement des salari&#233;s sp&#233;cialis&#233;s, jamais des retrait&#233;s ou des ch&#244;meurs&#8230;), &#224; gagner un petit quelque chose ; cela signifie que, dans le m&#234;me temps, d'autres, g&#233;n&#233;ralement plus pauvres qu'eux, doivent y perdre leurs revenus, leur travail, leurs rep&#232;res sociaux et personnels&#8230; Le r&#232;gne de la globalisation financi&#232;re n'est pas seulement celui de la paup&#233;risation relative pour le plus grand nombre, il est aussi celui de la paup&#233;risation absolue pour une minorit&#233;, h&#233;las croissante, d'exclus : l&#224; o&#249; il y a 10 ans, le commissaire au plan, aujourd'hui conseiller de Sarkozy, d&#233;nombrait 10% de pauvres, bien des &#233;tudes s&#233;rieuses concluent aujourd'hui qu'un quart de la population est concern&#233;. Et il n'y aucune raison que le ph&#233;nom&#232;ne cesse de lui-m&#234;me : les &#171; classes moyennes &#187;, notion si confortable pour les politiciens et les publicitaires, s'&#233;tiolent laissant face &#224; face le monde du capital, financier, mais aussi relationnel et culturel (comme le notait Bourdieu), et le monde du travail, pris au sens large, qui est de plus en plus celui du sous-travail, temps complet sous-r&#233;mun&#233;r&#233; ou temps partiel contraint, de la pauvret&#233; au travail (working poors) et du non-travail.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le d&#233;classement du plus grand nombre est ainsi un effet m&#233;canique de la globalisation financi&#232;re, qu'accompagne &#233;videmment un terrible sentiment collectif d'ins&#233;curit&#233;, de pr&#233;carisation des situations, de non reconnaissance des dipl&#244;mes et des qualifications, d'absence d'avenir pour les parents et, sans doute pire, pour leurs enfants. Aux mis&#232;res &#233;conomiques s'ajoutent alors les mis&#232;res sociologiques de pans entiers de la population et les mis&#232;res sociales d'un nombre croissant de personnes (car, n'en d&#233;plaise aux rapports de police, ce ne sont pas des individus, mais des personnes), dont l'extension de la mendicit&#233; et les faits divers nous donnent des t&#233;moignages quotidiens. Ces situations frappent plus particuli&#232;rement ceux qui &#233;taient d&#233;j&#224; les plus faibles et atteints par une forme ou une autre de discriminations.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On verra, enfin, que cet accroissement mondial des in&#233;galit&#233;s d&#233;bouche sur des consommations individuelles et collectives insuffisantes, ce que certains (notamment J.P. Fitoussi, directeur de l'OFCE) pr&#233;f&#232;rent appeler un exc&#232;s d'&#233;pargne, moins d'ailleurs du fait de son volume global que de sa mauvaise r&#233;partition g&#233;ographique et sociologique : la crise financi&#232;re de l'&#233;t&#233; 2007 en est, &#224; cet &#233;gard un sous-produit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La globalisation financi&#232;re met en cause la vie sur la plan&#232;te.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;15% par an, m&#234;me en ne laissant rien au plus grand nombre, cela ne peut pas &#234;tre un rythme de d&#233;veloppement durable, au sens international du terme, d&#233;fini par l'ONU il y a maintenant 20 ans, et qui comporte tout autant des crit&#232;res &#233;cologiques que sociaux et d&#233;mocratiques. Alors qu'aux cris de &#171; green to gold &#187;, un nombre croissant de financiers et de patrons se pr&#233;cipite vers l'&#233;cologie comme un nouvel eldorado, sous les regards admiratifs des gogos et des bobos, qui ont tout des &#171; passants honn&#234;tes &#187; que chantait Georges Brassens, il faut d&#233;clarer la guerre &#224; l'imposture : un d&#233;veloppement durable ou 15% de rendement financier, il faut choisir, non pas n&#233;cessairement au niveau de quelques r&#233;alisations marginales, qui servent de cache-sexe aux riches les plus pudiques, mais au niveau de la soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re. Un exemple caricatural de cette contradiction (pour employer un terme aimable) est donn&#233; par l'administration fran&#231;aise et EdF (mais c'est toujours le m&#234;me corps des mines qui d&#233;cide), quand elles subventionnent les &#233;oliennes terrestres (qui ne sont pas sans inconv&#233;nient sonore et paysager), en garantissant un rendement financier de 20% ! A ce r&#233;gime l&#224;, si on voulait une &#233;nergie 100% propre &#224; l'instar des Norv&#233;giens, a t'on calcul&#233; combien de fois le budget de l'Etat serait n&#233;cessaire ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Loin de ces hypocrisies, et si possible dans des pays plus discrets, les financiers, pour se conformer &#224; leur (&#233;)norme, continuent de se pr&#233;cipiter sur les rentes en tout genre, en particulier par celles offertes par les richesses non renouvelables. Plus on pille celles-ci, plus on les saccage, plus elles deviennent rares et comme le sait, depuis les sophistes grecs : &#171; ce qui est rare est cher &#187; ; par cons&#233;quent, plus elles deviennent ch&#232;res, plus elles fournissent des occasions de plus-values financi&#232;res, sans aucune contrepartie productive, ce que les tribunaux condamneraient, pour des particuliers, comme autant d'&#171; enrichissement sans cause &#187;. D'o&#249; les fortunes colossales des soci&#233;t&#233;s mini&#232;res et des compagnies p&#233;troli&#232;res, qui n'h&#233;sitent pas &#224; tricher sur leurs r&#233;serves d'hydrocarbures plus ou moins &#171; prouv&#233;es &#187; ; d'o&#249;, plus largement, l'accumulation vertigineuse des p&#233;trodollars et les r&#233;alisations urbanistiques prodigieuses des &#233;mirats du golfe persique, sous le nez des masses arabes et iraniennes fam&#233;liques ; d'o&#249; les fortunes qui s'accumulent de plus en plus dans les activit&#233;s touristiques r&#233;serv&#233;es &#224; une &#233;lite de plus en plus restreinte et qui ne l&#233;sine pas sur les consommations d'&#233;nergie, pas plus que sur les autres&#8230; : apr&#232;s tout, si on finit de polluer les neuf dixi&#232;mes de la plan&#232;te, la th&#233;orie de la rente de Ricardo nous a appris, il y a deux si&#232;cles, que la mont&#233;e des prix relatifs sur le dixi&#232;me restant permettra &#224; un nombre, il est vrai de plus en plus restreint, de financiers, au moins pour un temps, de satisfaire la norme de 15% de rentabilit&#233;&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est pourquoi aujourd'hui, les relations entre la politique et l'&#233;cologie ont radicalement chang&#233; de nature : o&#249; bien, l'&#233;cologie traite des effets polluants de l'accumulation financi&#232;re, sans jamais d&#233;signer cette derni&#232;re, si bien qu'elle transcende les clivages gauche-droite, comme N. Hulot l'affirme avec plus de talent m&#233;diatique qu'un Waechter ou un Lalonde ; ou bien, elle traite des causes m&#234;mes du saccage de la plan&#232;te et elle ne peut alors se contenter d'une posture d'accompagnement environnemental du &#171; mal d&#233;veloppement &#187; en cours : l'altermondialisme, le social et l'&#233;cologie deviennent trois dimensions d'un m&#234;me combat contre la globalisation financi&#232;re qu'il est vain de dissocier, sauf &#224; rejouer ind&#233;finiment le r&#244;le des Curiaces, vaincus par l'Horace du nouveau capitalisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#233;chauffement climatique, la chute de la biodiversit&#233; et les diverses pollutions, du fait des activit&#233;s humaines, sont aujourd'hui connus de tous. Chacun peut agir, mais certains doivent d'autant plus &#234;tre contraints &#224; le faire que l'urgence l'impose. Ainsi, des normes opposables, et donc sanctionnables, doivent s'imposer contre les industries polluantes, et la mise en &#339;uvre de ces normes sont le premier test d'un combat &#233;cologique cons&#233;quent : pour ne prendre que des exemples simples : est-on d'accord pour brider les moteurs des voitures et des motos, au stade de leur fabrication, autrement dit les emp&#234;cher de d&#233;passer les vitesses maximales ? Pour les industries chimiques ou les agro-industriels, quelles normes opposables et sanctionnables sont d&#233;finies au niveau europ&#233;en ? Contre les lobbies, c'est d'abord &#224; cette aune, que les discours plus rassurants que tiennent d&#233;sormais les pouvoirs publics, bruxellois et nationaux, devront &#234;tre finalement jug&#233;s : simple &#171; hommage du vice &#224; la vertu &#187;, ou capacit&#233; de s'appuyer sur les mobilisations citoyennes pour transformer des pratiques, qui ob&#233;issent, non pas &#224; des n&#233;cessit&#233;s techniques ind&#233;passables, mais &#224; la norme financi&#232;re de 15%.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Face &#224; ces d&#233;r&#232;glements &#233;cologiques qu'on ne fait que d&#233;couvrir (les derni&#232;res &#233;tudes sur les nanotechnologies ou les effets des &#233;missions de m&#233;thane fournissent deux nouveaux exemples des risques du d&#233;veloppement de techniques non contr&#244;l&#233;es), il faut bien comprendre que les solutions partielles, techniques ou m&#233;diatiques, ne sont plus &#224; la hauteur des enjeux, surtout pour les pays les plus d&#233;velopp&#233;s, responsables historiques de la terrible d&#233;gradation de la plan&#232;te : c'est l'ensemble de nos modes de production, de consommation et de transports, qui doivent &#234;tre transform&#233;s, sous la pression d'une &#233;valuation pluraliste permanente, o&#249; toutes les expertises seront mises &#224; la disposition de l'ensemble des citoyennes et des citoyens (cf. 2&#232;me partie).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La globalisation financi&#232;re n'est pas compatible avec la d&#233;mocratie politique :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bush n'est pas un pur produit am&#233;ricain ; il est seulement la version am&#233;ricaine d'un mode de gouvernement, qui tend partout &#224; s'imposer : nous voulons dire par l&#224; que le n&#233;o-imp&#233;rialisme est tellement contraire &#224; l'int&#233;r&#234;t social et &#233;cologique du plus grand nombre qu'il n'est &#233;videmment pas compatible avec les id&#233;aux de libert&#233; (politique et culturelle) et le fonctionnement banal de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, tels qu'ils sont n&#233;s au si&#232;cle des Lumi&#232;res, notamment des r&#233;volutions am&#233;ricaine et fran&#231;aise. Nous aurions donc bien tort de nous moquer du vote am&#233;ricain, quand ses clones europ&#233;ens pullulent, chacun avec son (mauvais) g&#233;nie national : Aznar en Espagne, Berlusconi en Italie, Sarkozy en France ne repr&#233;sentent que des variantes du m&#234;me mod&#232;le. Les Anglais, de leur c&#244;t&#233;, ne traitent pas Blair de clone, mais plus volontiers de caniche&#8230; Quant aux eurocrates de Bruxelles, il y a longtemps qu'ils ne construisent plus l'Europe, mais qu'ils accompagnent sa dilution progressive dans la globalisation financi&#232;re. Comme le d&#233;montre la mascarade de ratification du trait&#233; sur les institutions europ&#233;ennes, c'est partout la tentation d'&#233;vitement d&#233;mocratique qui l'emporte. Partout, c'est cela aussi la globalisation, on est en pr&#233;sence de la m&#234;me r&#233;alit&#233; politique. On a parfois proposer de la d&#233;signer comme un n&#233;olib&#233;ralisme autoritaire , o&#249; le n&#233;o-lib&#233;ralisme &#233;conomique et surtout financier affich&#233; ne peut &#234;tre durablement impos&#233; que par l'autoritarisme, c'est-&#224;-dire l'anti-lib&#233;ralisme politique et culturel. Devant la contradiction des termes, d'ailleurs particuliers &#224; la culture et &#224; la langue fran&#231;aise car liberal veut dire progressiste pour un am&#233;ricain, il nous semble plus court et m&#234;me plus pr&#233;cis de parler de n&#233;o-imp&#233;rialisme, et de d&#233;noncer la tendance permanente de celui-ci &#224; l'autoritarisme politique et au contr&#244;le social des individus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tous les mandataires de droit ou de fait de la globalisation financi&#232;re ne peuvent que craindre l'expression simple du suffrage universel, d'o&#249; la multiplication des proc&#233;dures d'&#233;vitement : repli sur des technocraties irresponsables : &#171; l'ind&#233;pendance des banques centrales &#187; et d'un nombre croissant d'autorit&#233;s de r&#233;gulation, mises &#224; l'abri des repr&#233;sentants du suffrage universel ; proc&#233;dures d'&#233;viction des listes &#233;lectorales et de la participation aux scrutins, qui touchent principalement les plus d&#233;favoris&#233;s ; et surtout, manipulations m&#233;diatiques (sur le th&#232;me de la s&#233;curit&#233; individuelle, accompagn&#233; d'une sous estimation de l'ins&#233;curit&#233; sociale) et matraquage id&#233;ologique permanent sur les bienfaits de la &#171; mondialisation &#187;, par une prise en main &#224; peu pr&#232;s totale de tous les moyens d'information : quel pourcentage de r&#233;dacteurs en chef et d'&#233;ditorialistes, avant hier favorables au oui au TCE, hier &#224; un 2&#232;me tour Sarko-S&#233;go, aujourd'hui &#224; une ratification &#224; la sauvette du trait&#233; europ&#233;en ? Sans m&#234;me parler des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision et de radio, tributaires de leurs annonceurs publicitaires, qui poss&#232;de la presse anciennement de gauche, si ce n'est les grands capitalistes d&#233;j&#224; d&#233;sign&#233;s ? Et qui peut encore financer les sciences ou les arts, en dehors de milliardaires, &#224; l'instar des fondations am&#233;ricaines ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Afin d'&#233;viter les vrais d&#233;bats sociaux et &#233;cologiques, il s'agit d'inqui&#233;ter, voire en p&#233;riode &#233;lectorale, d'affoler l'opinion et de d&#233;signer l'autre et les autres, comme boucs &#233;missaires. Pour cela, les vieilles recettes d'il y a un si&#232;cle sont, &#224; peine repeintes : puisque cela ne peut plus &#234;tre le &#171; boche &#187;, le &#171; juif &#187; ou le &#171; cosaque &#187;, si chers au vieux nationalisme fran&#231;ais, on a donc aujourd'hui, de nouveau sujets de diversion. De pr&#233;f&#233;rence, il s'agit de d&#233;signer des ennemis de l'int&#233;rieur : on pr&#233;tend d'abord en limiter le nombre, d'o&#249; le d&#233;bat factice sur l'immigration, o&#249; on pers&#233;cute au quotidien des millions de citoyens, pour en expulser finalement une centaine, tandis qu'avec la b&#233;n&#233;diction du patronat le flux net d'immigrants (entr&#233;es moins sorties) est d'un demi million en 5 ans de pr&#233;sence gouvernementale de Sarkozy. Cela ne suffit pas, il faut donc stigmatiser la population des banlieues, non pas de toutes (il y a tout de m&#234;me Neuilly sur Seine), mais des quartiers d&#233;favoris&#233;s, o&#249; les jeunes voient moins le tableau noir de l'institutrice que le b&#226;ton du CRS, comme d&#233;fi de l'int&#233;gration dans la R&#233;publique fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La peur de la d&#233;mocratie et du suffrage universel traverse en fait tout notre continent : rien ne le montre mieux que le d&#233;bat sur les institutions europ&#233;ennes. Alors qu'il existe une unanimit&#233; de fa&#231;ade pour souhaiter de nouvelles institutions (puisque le terme sans doute trop ambitieux de constitution risque de f&#226;cher &#224; nouveau), &#224; la fois plus d&#233;mocratiques et plus efficaces, les 27 gouvernements se sont d&#233;p&#234;ch&#233;s de pr&#233;ciser qu'elles devront &#234;tre mises en place avant le printemps 2009, c'est-&#224;-dire avant que les peuples europ&#233;ens puissent mandater leurs repr&#233;sentants au prochain Parlement sur la forme &#224; leur donner : voil&#224; qui illustre une d&#233;mocratie octroy&#233;e de fa&#231;on &#233;videmment non d&#233;mocratique !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus largement, on nous pr&#233;sente comme compl&#233;ment (ou antidote ?) &#224; la globalisation un d&#233;bat sur les &#171; valeurs &#187;, qui est agit&#233; de la droite am&#233;ricaine au PS fran&#231;ais, et derri&#232;re lequel s'abrite la remont&#233;e de tous les int&#233;grismes religieux, chr&#233;tiens, musulmans et juifs. Mais, comme le d&#233;montre si fortement I. Wallerstein, toute h&#233;g&#233;monie culturelle produit en tant que &#171; rh&#233;torique du pouvoir &#187; un universalisme &#224; sa convenance, jusqu'au moment o&#249; ses valeurs se retournent contre elles : faites voter librement le monde entier sur la pr&#233;sence am&#233;ricaine au dehors de leurs fronti&#232;res&#8230; Pendant ce temps, la philosophie des Lumi&#232;res n'est jamais affirm&#233;e comme la seule vraiment repr&#233;sentative des racines de l'Europe contemporaine, d&#233;montrant au passage que le n&#233;o-lib&#233;ralisme financier est l'adversaire, non seulement du lib&#233;ralisme politique, mais aussi du lib&#233;ralisme culturel. On pr&#233;tend aimer le mot de libert&#233;, mais on ne supporte pas les libertaires et les libertins&#8230; Et puis, quand les ennemis de l'int&#233;rieur ne suffisent pas, les questions internationales et leurs solutions guerri&#232;res peuvent suppl&#233;er, comme c'est notamment le cas aux USA.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais, les op&#233;rations anti-immigr&#233;s et anti-jeunes, de type traditionnel ne suffisent plus : alors, on nous fait glisser progressivement dans un &#171; brave new world &#187;, celui d'un Orwell, recycl&#233; aux nouvelles technologies : c'est le concours &#224; celui qui aura install&#233; le plus de mouchards et de cam&#233;ras cach&#233;s (il para&#238;t que l'Angleterre de Blair et G. Brown sont actuellement en t&#234;te) ; la France r&#233;plique, avec des h&#233;licopt&#232;res charg&#233;s de surveiller les banlieues et bient&#244;t des &#171; drones &#187; (sans pilote au dessus de nos t&#234;tes) ; c'est la multiplication des tests ADN et la banalisation des fichiers g&#233;n&#233;tiques. Bien s&#251;r, ce n'est pas (encore) pour monsieur tout le monde, mais une fois bafou&#233;es les libert&#233;s individuelles, il n'existe plus de limit&#233; &#233;thique : le poignet de chacun sera-t-il d&#233;sormais attach&#233;, du bracelet &#233;lectronique pour le plus grand nombre &#224; la &#171; rollex &#187; pour le pr&#233;sident de la R&#233;publique ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La globalisation financi&#232;re, comme jadis les ma&#238;tres de forges, porte en elle la guerre&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans doute, le capitalisme financier dans son ensemble pourrait exister sans les profits des industries d'armement. Mais celles-ci fournissent autant d'occasions suppl&#233;mentaires de profit, quitte &#224; ce que les plus hautes personnalit&#233;s ou leurs proches bafouent pour se saisir d'une partie du g&#226;teau, la morale et le droit. Et, d&#232;s lors que ces industries existent, et on sait que la France, s'appuyant sur un des corps les mieux not&#233;s de l'Ecole Polytechnique (les X-DGA), y est particuli&#232;rement bien plac&#233;e, elles sont n&#233;cessairement favorables au parti de la guerre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais le bellicisme sous-jacent &#224; la globalisation financi&#232;re a un caract&#232;re beaucoup plus g&#233;n&#233;ral que cela. R&#233;aliser la norme de 15% est chaque ann&#233;e plus difficile et suppose de cr&#233;er, sur tous les continents, une formidable tension dans l'acc&#232;s aux mati&#232;res premi&#232;res (cher p&#233;trole) ou aux d&#233;bouch&#233;s, ou encore aux deux en m&#234;me temps. M&#234;me si, depuis la chute du mur de Berlin, il n'existait plus qu'une seule super-puissance, cette tension globale se fragmente en de multiples conflits r&#233;gionaux et locaux et explique, sans bien entendu l'excuser, que la course aux armements demeure partout aussi f&#233;roce.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De ce point de vue non plus, Bush n'est pas une anomalie : &#224; un premier niveau, sa politique &#233;trang&#232;re n'est autre que la transposition dans la premi&#232;re puissance mondiale de ce que pr&#233;conisent Le Pen et Sarkozy en France, dans leur volont&#233; d'imposer par la force leurs pr&#233;tendues valeurs &#224; ceux qui pensent diff&#233;remment. En fait, le gendarme du monde remplit un double r&#244;le, suivant qu'il menace ou suivant qu'il fait la guerre, qui rel&#232;ve l'un et l'autre d'une tentative d&#233;sesp&#233;r&#233;e d'imposer l'absurde globalisation financi&#232;re &#224; l'ensemble de la plan&#232;te, au nom des valeurs dites &#171; occidentales &#187;, ce qui veut dire au mieux &#171; nord atlantiques &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Quand on se contente de menacer &#171; l'Axe du Mal &#187;, suivant une terminologie qui flirte dangereusement avec l'extr&#234;me droite (manich&#233;isme bien / mal, l'Axe&#8230;), il s'agit d'un d&#233;tournement vers un ennemi plus ou moins imaginaire (Saddam aurait menac&#233; l'Am&#233;rique, alors on en fabrique les preuves, au nom des valeurs de l'occident), qui d&#233;tourne des vrais probl&#232;mes, aussi bien int&#233;rieurs que ceux que l'on provoque partout dans le monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Plus grave encore la nouvelle partition qu'on tente d'imposer entre les amis de Washington, qui auraient le droit aux technologies nucl&#233;aires (d'Isra&#235;l au Pakistan) et ses adversaires (Iran ou autre) qu'il faudrait frapper pr&#233;ventivement de peur qu'ils ne s'en emparent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Finalement, la guerre que l'on fait ou que l'on envisage de faire, parce que suivant la vieille logique imp&#233;rialiste, il faut s'ouvrir les espaces qui refusent la logique de l'accumulation du capital : c'est la vieille politique de la canonni&#232;re, dont le lobby p&#233;trolier texan attendait tant en Irak, et dont on r&#234;ve de plus en plus haut pour l'Iran.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais, d&#233;j&#224; grave &#224; l'heure de la super-puissance, am&#233;ricaine, la tendance belliciste menace d'&#234;tre plus dramatique encore, quand son h&#233;g&#233;monie est atteinte par l'&#233;mergence de nouveaux imp&#233;rialismes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion de la 1&#232;re partie :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a donc bien un lien structurel entre ces diff&#233;rents p&#233;rils et ce lien n'est autre que celui de la globalisation financi&#232;re d&#233;brid&#233;e et de ses 15% de rendement exig&#233;s pour ses placements, au m&#233;pris de toute consid&#233;ration de leurs cons&#233;quences sociales, &#233;cologiques, d&#233;mocratiques et soci&#233;tales et de la durabilit&#233; m&#234;me du mal d&#233;veloppement qu'elle engendre. Si cette globalisation n'est &#233;videmment pas &#224; l'origine de tous les maux de la plan&#232;te, elle les aggrave dramatiquement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En outre, on ne peut oublier que cette globalisation n'annule en rien la g&#233;opolitique, mais au contraire la renouvelle &#224; un rythme pr&#233;cipit&#233; : elle se d&#233;ploie concr&#232;tement &#224; travers les anciennes dominations, alliances et rivalit&#233;s entre nations et, particuli&#232;rement dans la situation d'h&#233;g&#233;monie d'une super-puissance nord am&#233;ricaine au bord du d&#233;clin, de l'&#233;mergence de nouvelles puissances mondiales (Chine, Inde&#8230;) et de regroupements continentaux plus ou moins affirm&#233;s (Europe, Am&#233;rique Latine&#8230;). Et la globalisation financi&#232;re reconfigure m&#234;me, avec une rapidit&#233; sans pareille, cette g&#233;opolitique, &#224; l'heure m&#234;me o&#249; la prise de conscience de l'unit&#233; du genre humain et des p&#233;rils communs &#224; l'ensemble de l'humanit&#233; n'a jamais &#233;t&#233; aussi forte. C'est de cette derni&#232;re que peuvent et que doivent na&#238;tre, partout, les r&#233;gulations citoyennes aptes &#224; ma&#238;triser notre destin commun.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2&#232;me partie
Au-del&#224; de la crise : conflits ou nouvelles r&#233;gulations&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les contradictions d&#233;crites dans la premi&#232;re partie n'ont cess&#233; de s'aggraver durant ces derni&#232;res ann&#233;es, au point qu'il n'est plus exag&#233;r&#233; de parler d'une mondialisation en crise. Pour en rep&#233;rer les issues possibles, ou mieux souhaitables, on commencera par analyser l'&#233;tat des forces mondiales qui en d&#233;coulent, dans une premi&#232;re sous partie ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En fonction des alliances cr&#233;dibles qu'elle dessine, on pourra alors tenter d'esquisser les nouvelles r&#233;gulations altermondialistes &#224; rechercher, dans une deuxi&#232;me sous partie ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceci &#233;tant, une telle transformation du mode de mondialisation ne peut gu&#232;re se faire compl&#232;tement &#171; &#224; froid &#187;, sous le seul empire de la conviction partag&#233;e. Elle ne peut sans doute &#233;merger que d'une situation de crise aux contours largement impr&#233;dictibles. Or, pr&#233;cis&#233;ment, l'aggravation des contradictions pr&#233;c&#233;dentes a d&#233;bouch&#233;, depuis l'&#233;t&#233; 2007, sur une crise financi&#232;re telle que personne ne peut en pr&#233;dire les issues ; nous lui consacrerons donc notre derni&#232;re sous partie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;II-1 L'&#233;tat des forces mondiales&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par un amer paradoxe chez un peuple qui met l'intelligence au premier rang de ses vertus, la France vient de confier la totalit&#233; des pouvoirs (car il en est d&#233;sormais ainsi dans notre syst&#232;me monocratique ) &#224; un homme brillant, manifestement instable (la suite risque de nous en apprendre d'avantage), mais dont la strat&#233;gie tr&#232;s coh&#233;rente est celle de l'alignement sur l'Am&#233;rique de Bush, au moment o&#249; cette derni&#232;re finit de s'effondrer pour le meilleur ou pour le pire. Ne nous arr&#234;tons pas plus &#224; la critique trop facile de la diplomatie fran&#231;aise de ces derniers mois, mais cherchons plut&#244;t &#224; d&#233;crire rapidement le champ de forces mondial qui se pr&#233;sente devant nous. De fa&#231;on n&#233;cessairement sch&#233;matique, nous distinguerons quatre tendances principales :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1- la fin de l'h&#233;g&#233;monie nord-am&#233;ricaine, qui est &#233;videmment celle d'un imp&#233;rialisme sur le d&#233;clin ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2- la mont&#233;e d'imp&#233;rialismes &#233;mergents, parmi lesquels deux d'entre eux ont une nature potentiellement conflictuelle, &#224; plus ou moins bref d&#233;lai : la Chine et la Russie ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3- les degr&#233;s de libert&#233; des autres grandes puissances, y compris l'Europe, mais aussi l'Inde, le Japon et les &#171; mondes &#187; arabes, africains ou latino-am&#233;ricains, qui doivent choisir entre un r&#244;le de satellite d'un des imp&#233;rialismes, d&#233;clinant ou &#233;mergents, ou au contraire d'acteurs majeurs des futures r&#233;gulations mondiales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4- L'ensemble des citoyens du monde qui en subissent l'&#233;tat actuel, mais qui pourrait peut &#234;tre pour la premi&#232;re fois en devenir collectivement acteurs : ceux que Toni Negri appelle d'un terme que l'on peut discuter, la &#171; multitude &#187; , dont le mouvement altermondialiste est aujourd'hui l'expression la plus militante.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1 L'h&#233;g&#233;monie nord-am&#233;ricaine est condamn&#233;e :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous avons vu que l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine s'est instaur&#233;e, sans contestation possible, avec la seconde guerre mondiale. D&#232;s les ann&#233;es 60, certains pr&#233;dirent d&#233;j&#224; son d&#233;clin (toutes les h&#233;g&#233;monies ne sont-elles pas mortelles ?) : elle sut alors en conjurer l'issue, en brisant, dans les ann&#233;es 70, les r&#232;gles m&#234;mes qu'elle avait impos&#233;e, &#224; la fin de la guerre, &#224; Bretton Woods. Bien plus, et Reagan en fut le symbole plus que l'acteur, ce revival permit tout &#224; la fois d'abaisser d&#233;finitivement l'empire sovi&#233;tique, seul rival alors concevable, et d'installer une nouvelle forme d'accumulation financi&#232;re d'un dynamisme sans pr&#233;c&#233;dent. De m&#234;me, quand le Japon parut lui-m&#234;me en mesure de contester l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine sur le terrain de cette accumulation, &#224; la fin des ann&#233;es 80, ce pays connut une crise financi&#232;re d'une ampleur et surtout d'une dur&#233;e exceptionnelle (une quinzaine d'ann&#233;es), constituant un v&#233;ritable &#171; syndrome japonais &#187;, dont la reproduction est aujourd'hui une des principales menaces qui p&#232;sent sur l'ensemble des &#233;conomies occidentales. Enfin, quand cette perp&#233;tuation de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine fut &#224; nouveau d&#233;fi&#233;e, de fa&#231;on aussi spectaculaire que tragique, le 11 septembre 2001, la r&#233;action imp&#233;riale de Bush pour &#233;tablir la Pax Americana, jusqu'au Proche Orient, marqua l'apparent z&#233;nith de cette h&#233;g&#233;monie p&#233;renne. Pourtant, au-del&#224; m&#234;me de leur lamentable incapacit&#233; &#224; gagner la paix en Irak, ce qui est aujourd'hui fondamentalement en jeu, et qui va bien au del&#224; de ce que fut leur &#233;chec dans la guerre du Vietnam, c'est une manifestation beaucoup plus &#233;vidente que les autres, de la fin, sans doute inexorable, de leur h&#233;g&#233;monie. Nous en donnerons ici seulement quelques traits :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Economiquement, la puissance productive des USA ne cesse de reculer : symboliquement, si l'automobile fut, d&#232;s les ann&#233;es 20, le symbole de leur nouveau leadership mondial, cette branche est aujourd'hui celui de sa perte d'h&#233;g&#233;monie : une firme asiatique, Toyota a ravi l'an pass&#233; la place de num&#233;ro 1 &#224; General Motors ! A cet &#233;gard, les pr&#233;tendues &#233;lites ouest-europ&#233;ennes font preuve d'une &#233;tonnante c&#233;cit&#233; : ce n'est pas parce que les pays de la zone euro, enferm&#233;s dans le carcan des r&#232;gles absurdes qu'ils se sont eux-m&#234;mes impos&#233;s, ont fait encore moins bien que l'&#233;conomie am&#233;ricaine durant la derni&#232;re d&#233;cennie, qu'on doit ignorer qu'&#224; l'&#233;chelle mondiale, leur d&#233;clin tendanciel est une &#233;vidence premi&#232;re, quelques soient les indicateurs de r&#233;f&#233;rence que l'on se donne. En longue p&#233;riode, les pays de l'Atlantique nord, y compris les USA, n'ont gu&#232;re comme perspectives de croissance qu'un taux de 2% par an (3% dans le meilleur des cas), alors que les pays &#233;mergents sont sur une trajectoire tendancielle d'au moins 6% par an, sans m&#234;me parler de la Chine, principal challenger des USA dans les ann&#233;es &#224; venir, qui continue de cro&#238;tre &#224; un rythme d'environ 10% par an !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Financi&#232;rement, depuis que R. Nixon a impos&#233; unilat&#233;ralement l'abandon du syst&#232;me de Bretton Woods (15/8/1971), le dollar a perdu la moiti&#233; de sa valeur par rapport &#224; un panier de l'ensemble des monnaies europ&#233;ennes, constituant l'Euro ! Aujourd'hui, la mont&#233;e vertigineuse de l'endettement ext&#233;rieur am&#233;ricain et donc l'accumulation exponentielle des &#171; exo-dollars &#187; cr&#233;e une situation de rupture, &#224; l'issue certes impr&#233;dictible, qui peut se traduire par le pire, de l'effondrement du dollar aux conflits g&#233;opolitiques les plus dramatiques, ou le meilleur, par la mise en oeuvre d'une nouvelle r&#233;gulation mondiale (cf. infra).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Politiquement, le gouvernement am&#233;ricain est aujourd'hui ultra minoritaire dans son propre pays, comme dans le monde (il n'est que de regarder les votes &#224; l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale des Nations Unies). Il n'a plus gu&#232;re d'alli&#233;s fiables, en dehors du Royaume Uni et des pays ex communistes d'Europe de l'est, qui voient justement dans Washington le seul rempart cr&#233;dible contre la d&#233;rive n&#233;o-nationaliste russe ; Isra&#235;l est pour eux plus un boulet qu'un soutien ; il n'y a gu&#232;re que N. Sarkozy et, plus lamentable encore B. Kouchner, pour voler au secours de la d&#233;route ! Sans doute, une prochaine pr&#233;sidence am&#233;ricaine moins caricaturale dans ses pr&#233;tentions n&#233;o-imp&#233;rialistes, pourrait t'elle regagner une partie du terrain perdu dans l'opinion mondiale. Mais les USA, tout en demeurant &#233;videmment incontournables, seront d&#233;sormais durablement minoritaires dans leurs pr&#233;tentions h&#233;g&#233;moniques, que ce soit dans le concert des nations, ou plus encore dans l'esprit des peuples.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Culturellement. Il y a d&#233;j&#224; longtemps que les 5 continents ont tous, plus ou moins, adopt&#233; ce qu'ils ont pu de l'american way of life. Mais, depuis une dizaine d'ann&#233;es, dans sa r&#233;gression messianique, la droite am&#233;ricaine a entendu imposer au monde sa &#171; r&#233;volution n&#233;o-conservatrice &#187;. Il en r&#233;sulte aujourd'hui, que la d&#233;testation (quand ce n'est pas pire) des USA est une r&#233;alit&#233; profonde des mentalit&#233;s collectives, et il faut beaucoup de persuasion, y compris en France, pour bien distinguer le peuple am&#233;ricain de la plupart de ses dirigeants. Progressivement, ce ne sont plus des valeurs identitaires exclusives &#8211; am&#233;ricaines, blanches ou, au contraire, venues d'autres continents, d'autres couleurs - qui tendent &#224; l'emporter. Ce ne sont pas non plus des vagues confusions mondialistes &#171; world quelque chose &#187;, o&#249; tout se confond et se dissout, mais des valeurs m&#233;tisses, qui savent distinguer les diverses identit&#233;s, comme un bon cuisinier sait distinguer les &#233;pices. L'hybridation appara&#238;t comme la r&#233;ponse aux faux dilemmes de l'uniformit&#233; culturelle : l'uniformit&#233; par la culture dominante, anglo-saxonne traditionnelle, en l'occurrence, ou l'uniformit&#233; par un m&#233;lange indistinct, piquant sans choisir, un peu de tout et de n'importe quoi. La soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine en est elle-m&#234;me, de plus en plus convaincue : au-del&#224; de l'&#233;ph&#233;m&#232;re des campagnes &#233;lectorales, le ph&#233;nom&#232;ne Obamah n'est pas une reconnaissance de la &#171; n&#233;gritude &#187;, mais de l'avenir n&#233;cessairement m&#233;tis des USA (et probablement du reste du monde).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2 Les n&#233;o-imp&#233;rialismes &#233;mergents de la Chine et de la Russie&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces deux pays sont respectivement le plus peupl&#233; du monde et le plus vaste du monde : anciens fr&#232;res ennemis du communisme ils ont, aujourd'hui, beaucoup de points communs et leurs diff&#233;rences m&#234;mes les rendent plus compl&#233;mentaires que jamais. Outre leur ressemblance politique, qui est aujourd'hui bien plus grande qu'il n'y para&#238;t , ils ont tous les deux accumul&#233;s, l'un par ses exportations &#224; bas co&#251;t, l'autre par celle de son &#233;nergie, une masse colossale d'exo-dollars. Celle-ci est d&#233;tenue dans les deux cas par des fonds souverains (cf. infra), qui sont directement dirig&#233;s par des personnalit&#233;s politiques du &#171; premier cercle &#187; du pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous ne pr&#233;tendons nullement que les dirigeants de l'un ou l'autre pays seraient n&#233;cessairement bellicistes ou m&#234;me agressifs, mais il y a deux faits majeurs qui devraient conduire les am&#233;ricains (et les autres) &#224; r&#233;fl&#233;chir :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; en premier lieu, ces deux pays ont une revanche &#224; prendre sur l'histoire, m&#234;me si c'est par rapport &#224; des &#233;poques totalement diff&#233;rentes : les Chinois ne manquent pas une occasion de rappeler, justement d'ailleurs, que, jusqu'au milieu du pr&#233;c&#233;dent mill&#233;naire, ils &#233;taient par leur chiffre de population et par le niveau de d&#233;veloppement, largement au niveau des pays occidentaux et que leur croissance, qui nous semble effr&#233;n&#233;e n'est jamais qu'un rattrapage, dont nous devrions comprendre que les int&#233;ress&#233;s le souhaitent le plus rapide possible. De leur c&#244;t&#233;, les Russes vivent depuis pr&#232;s de 20 ans, la rupture brutale d'un &#171; empire &#187; et des valeurs qui l'accompagnaient, le risque de dislocation de la Russie m&#234;me (on ne peut comprendre sans cela les crimes commis en Tch&#233;tch&#233;nie et dans le Caucase) et un complexe d'encerclement que l'irresponsabilit&#233; de l'administration Bush ne cesse d'entretenir : d&#232;s lors l'arme de l'&#233;nergie, exerc&#233;e directement (la main sur le robinet, comme s'il s'agissait d'un revolver), ou accumul&#233;e sous forme de fonds souverains, est pour eux une occasion inesp&#233;r&#233;e de retrouver une partie de leur r&#244;le, d'abord &#224; l'&#233;chelle eurasiatique, puis au del&#224; : d'o&#249; leurs nouvelles ambitions au Nigeria, qui sont aussi l&#233;gitimes que celles de n'importe quelle autre puissance ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; en second lieu, ce qui les diff&#233;rencie les rapproche : les Chinois ont de la main d'oeuvre et manquent d'&#233;nergie et de mati&#232;res premi&#232;res, alors que les Russes sont exactement dans la situation inverse. Au minimum, cette compl&#233;mentarit&#233; justifie de remplacer leurs vieilles querelles id&#233;ologiques et des conflits frontaliers d&#233;risoires, par une fructueuse coop&#233;ration, qui trouve d&#233;j&#224; un champ &#233;vident en Sib&#233;rie orientale, mais qui pourrait op&#233;rer, du moins ponctuellement, &#224; l'&#233;chelle de toute la plan&#232;te.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toujours est-il, que s&#233;par&#233;ment ou ensemble, ils repr&#233;sentent aujourd'hui une puissance financi&#232;re consid&#233;rable et qui s'accro&#238;t &#224; une vitesse vertigineuse ; sans doute, cette accumulation sera t'elle un peu plus mod&#233;r&#233;e dans les prochaines ann&#233;es : un ralentissement mondial freinera probablement les exportations des uns et des autres, mais les flux de devises resteront encore tr&#232;s longtemps positifs pour les uns et pour les autres, et surtout les stocks d&#233;j&#224; accumul&#233;s suffisent pour sauver ponctuellement ou, au contraire, faire sauter toute la finance occidentale ! En attendant, la crise des subprimes leur permet aujourd'hui de &#171; faire leur march&#233; &#187; &#224; bon prix, en se donnant de surcro&#238;t des postures de &#171; chevaliers blancs &#187;. Mais personne ne doit se cacher la v&#233;rit&#233; : qui dit capital dit pouvoir et la question doit &#234;tre pos&#233;e tr&#232;s vite (nous n'osons plus &#233;crire &#224; froid) du point o&#249; les dirigeants am&#233;ricains et leurs alli&#233;s sont pr&#234;ts &#224; partager le pouvoir financier et, par cons&#233;quent, le pouvoir tout court, avec les imp&#233;rialismes &#233;mergents et, vraisemblablement les autres grandes puissances mondiales. Et on verra que la question va bien au-del&#224; des &#171; codes de bonne conduite &#187; que l'on peine aujourd'hui &#224; d&#233;finir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3 Les autres grandes puissances : satellites ou mod&#233;rateurs ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si la contradiction g&#233;opolitique majeure de la p&#233;riode qui s'ouvre est bien celle entre l'h&#233;g&#233;monie d&#233;clinante des USA et celle &#233;mergente de la Chine et, dans une moindre mesure de la Russie, il va sans dire qu'il existe d'autres grandes puissances et d'autres forces dans le monde. Celles-ci ne peuvent pas se permettre d'&#234;tre de simples spectateurs plus ou moins int&#233;ress&#233;s (le r&#244;le de la Suisse n'est plus &#224; la port&#233;e de personne, pas plus des helv&#232;tes que des autres). Au pire, dans un conflit majeur, celles-ci deviendraient des victimes comme les autres des retomb&#233;es nucl&#233;aires ou autres pollutions mondiales qui en d&#233;couleraient ; au mieux, dans un modus vivendi bilat&#233;ral entre les n&#233;o-imp&#233;rialismes d&#233;clinants et &#233;mergents, ils seraient &#233;videmment les &#171; dindons de la farce &#187; d'un jeu global &#224; somme nulle, o&#249; les deux joueurs actifs d&#233;gageraient un b&#233;n&#233;fice commun au d&#233;triment des tiers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais si elles ne peuvent pas &#234;tre simplement spectatrices, les autres grandes puissances mondiales ont deux r&#244;les possibles, bien diff&#233;rents l'un de l'autre :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; le premier est de se comporter en simples satellites, ou si le mot d&#233;pla&#238;t trop, vassaux, d'un des deux grands protagonistes du conflit inter-imp&#233;rialiste principal : c'est manifestement la vocation d'un Japon, particuli&#232;rement isol&#233; et vieillissant (sur le plan d&#233;mographique), qui estime de surcro&#238;t avoir besoin de la protection militaire am&#233;ricaine ; c'est &#233;galement la ligne de pente quasi-in&#233;vitable des p&#233;tromonarchies arabes, qui n'ont gu&#232;re d'autres solutions strat&#233;giques, si elles veulent se perp&#233;tuer ; c'est aussi le r&#244;le d&#233;sir&#233; par les britanniques, par tradition culturelle, ou encore par la plupart des pays d'Europe de l'est , pour des raisons proches des nippons, et que les europ&#233;ens de l'ouest feraient mieux de bien comprendre : vu d'Europe de l'est, Washington sera toujours plus d&#233;sirable que Moscou. Mais ici la grande question pos&#233;e aux autres membres de l'Union Europ&#233;enne et, en particulier, ceux qui en constituent le noyau dur (celui de la zone euro), est de savoir si le vieil esprit de l'alliance atlantique les pousse au m&#234;me alignement que par le pass&#233; ou &#224; l'expression d'une strat&#233;gie autonome, dont la r&#233;sistance &#224; la guerre d'Irak a &#233;t&#233; un premier signe important, mais qui ne fut pas n&#233;cessairement r&#233;v&#233;lateur d'un choix d&#233;cisif, tellement le bellicisme am&#233;ricain &#233;tait en l'occurrence caricatural. L'important pour les europ&#233;ens, dirigeants et citoyens est de savoir qu'une strat&#233;gie autonome et m&#233;diatrice entre les imp&#233;rialismes d&#233;clinants et &#233;mergents serait loin d'&#234;tre isol&#233;e, &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire et que l&#224; se situe la seule virtualit&#233; d'une politique &#233;trang&#232;re commune.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; En effet, cette seconde strat&#233;gie, r&#233;ellement m&#233;diatrice, est in&#233;vitablement celle de l'Inde, dont la croissance est presque aussi rapide que celle de la Chine et qui sera bient&#244;t plus peupl&#233;e qu'elle. Elle est aussi celle qui correspond &#224; l'aspiration d'une grande partie de l'Am&#233;rique latine, qui dans sa tr&#232;s grande majorit&#233; n'a jamais support&#233; la condescendance yankee. Elle pourrait aussi &#234;tre celle qui l'emporte dans la plus grande partie des pays arabes (d&#233;finitivement f&#226;ch&#233;s avec le prosionisme permanent des anglo-saxons) ou du continent africain, ainsi que dans nombre de pays asiatiques, normalement allergiques &#224; toutes les formes de n&#233;o-colonialisme, mais quelque peu inquiets de la mont&#233;e en puissance chinoise. Mais cette strat&#233;gie m&#233;diatrice ne peut prendre consistance dans la seule posture &#171; ni-ni &#187; d'un nouveau mouvement des non-align&#233;s (l'ensemble des pays concern&#233;s est par trop disparate), elle doit se situer dans une position beaucoup plus constructive de mise en &#339;uvre de nouvelles r&#233;gulations mondiales r&#233;ellement multipolaires. A vrai dire, cette strat&#233;gie m&#233;diatrice trouverait son v&#233;ritable sens dans l'&#233;laboration de perspectives, qui pourraient converger avec celles de l'ensemble des &#171; citoyens du monde &#187;, cette &#171; multitude &#187;, dont le mouvement altermondialiste constitue aujourd'hui l'&#233;l&#233;ment le plus militant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4 Le r&#244;le de la &#171; multitude &#187; et du mouvement altermondialiste :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Partout dans le monde, des citoyennes et des citoyens se mobilisent contre tel ou tel effet de l'un ou de l'autre des p&#233;rils actuels de la mondialisation. Depuis pr&#232;s d'une dizaine d'ann&#233;es, les prises de conscience sociale, &#233;cologique, altermondialiste, f&#233;ministe, citoyenne, pacifiste se sont d&#233;velopp&#233;es et dans bien des cas se sont rejointes, quoique de fa&#231;on encore trop ponctuelle. Car, pour les unes et pour les autres, les luttes victorieuses sont encore trop rares ; et comment en serait-il autrement, alors que nous combattons presque toujours contre les logiques dominantes et presque jamais pour des strat&#233;gies alternatives ? Et la difficult&#233; que nous avons &#224; construire ces derni&#232;res ne renvoie t'elle pas, &#224; son tour, &#224; l'absence d'une analyse commune des causes profondes qui unissent ces p&#233;rils d'apparence si diff&#233;rents ? La d&#233;nonciation du &#171; n&#233;o-lib&#233;ralisme &#187; est certes devenue commune, mais avec toutes ses ambigu&#239;t&#233;s (variables suivant les langues), elle n'est certainement pas suffisante : nous aurions d&#233;j&#224; pu la formuler telle quelle dans les ann&#233;es 1970, sans prendre en compte ce que la mondialisation a boulevers&#233; depuis, en une seule g&#233;n&#233;ration, en trente ans &#224; peine. Nous devrions aujourd'hui &#234;tre tous d'accord pour aller beaucoup plus loin ensemble, pour consid&#233;rer que depuis un quart de si&#232;cle, le capitalisme que nous d&#233;non&#231;ons a chang&#233;, non seulement d'&#233;chelle (son internationalisation croissante est devenue &#171; globalisation &#187;), mais aussi de nature (sa financiarisation est aujourd'hui dominante) et d'enjeux (de signe de modernit&#233;, il devient symbole de peurs).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le point de d&#233;part d'un consensus altermondialiste r&#233;ellement positif doit s'appuyer sur l'ensemble des combats d&#233;fensifs que l'ensemble de ses composantes a du livrer, souvent dans l'urgence, depuis plus d'une dizaine d'ann&#233;es contre les p&#233;rils les plus divers et des solutions partielles qu'il a su d&#233;gager dans nombre de cas. A partir de l&#224;, par une sorte de p&#233;dagogie ascendante, il doit se poser la question de leurs causes communes. En choisissant arbitrairement des exemples, qui rel&#232;vent chacun de l'un de ces p&#233;rils contemporains : y a-t-il une logique commune au r&#233;chauffement climatique, &#224; la famine dans tant de pays du sud, au renforcement g&#233;n&#233;ral des tendances autoritaires et enfin au caract&#232;re de plus en plus dramatique de la situation du proche Orient ? Et si la r&#233;ponse est oui, y a-t-il un principe unificateur qui pourrait permettre de faire converger toutes les luttes contre ces p&#233;rils ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous savons, comme tout le monde, qu'en r&#233;alit&#233; chacun de ces p&#233;rils, d&#233;j&#224; multiformes par eux-m&#234;mes, rel&#232;ve d'un enchev&#234;trement de causes multiples, qui peuvent d'ailleurs varier suivant les lieux, certains &#233;tant &#233;videmment tr&#232;s anciens et d'autres sans doute plus r&#233;cents. Mais si la carte n'est jamais le territoire et la r&#233;alit&#233; toujours plus complexe que le discours, pour favoriser les d&#233;bats, en vue d'une plus grande convergence et d'une plus grande efficacit&#233; des luttes, et le passage de leur stade d&#233;fensif &#224; celui de leur contre-offensive, nous devons d'abord admettre l'hypoth&#232;se volontairement simple, voire simpliste, qui pourrait faire l'objet d'un tr&#232;s large consensus que : cette mont&#233;e concomitante des p&#233;rils a une m&#234;me cause principale, qui nous entra&#238;ne de fa&#231;on syst&#233;mique vers les ab&#238;mes : la globalisation financi&#232;re mise en place progressivement depuis le d&#233;but des ann&#233;es 80 et son interd&#233;pendance organique, avec une forme g&#233;opolitique que l'on peut qualifier de n&#233;o-imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Logique contre logique &#8211; on pourrait &#233;crire classe contre classe, &#224; condition d'analyser la fa&#231;on dont justement l'accumulation financi&#232;re d&#233;forme consid&#233;rablement l'agencement des classes sociales -, on ne peut opposer &#224; cette accumulation du capital financier autre chose que l'accumulation des droits et des savoirs, par la g&#233;n&#233;ralisation, &#224; tous les niveaux, du local au plan&#233;taire, de r&#233;gulations citoyennes, dont les r&#233;gulations &#233;tatiques et plus largement publiques sont une part plus ou moins consistante, suivant les probl&#232;mes et les lieux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette nouvelle r&#233;gulation ne peut pas trouver son mod&#232;le dans les anciennes r&#233;gulations des &#233;tats nations, qu'on les prenne dans leur contours historiques, ou dans celles, utopistes de l'ensemble de la plan&#232;te :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La recherche d'une nouvelle r&#233;gulation ne peut pas &#234;tre le retour &#224; un fractionnement du monde, &#224; un soi-disant &#171; concert des nations &#187;, &#233;videmment lourd des pires conflits. Les drames humains, les urgences &#233;cologiques et les risques g&#233;omilitaires, nous le rappellent dramatiquement tous les jours : nous n'avons qu'une seule plan&#232;te, dont nous sommes tous solidairement responsables. C'est pourquoi, l'altermondialisme n'est pas un anti-mondialisme, mais l'actualisation permanente de ce qu'&#233;tait en son temps le vieil internationalisme humaniste d'un Jaur&#232;s, pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'&#233;poque o&#249; s'exasp&#233;raient les contradictions entre imp&#233;rialismes d&#233;clinants et imp&#233;rialismes &#233;mergents (comme aujourd'hui ?). L'altermondialisme contemporain fait sien les valeurs fondamentales de l'internationalisme traditionnel, mais il ne peut consid&#233;rer ni la nation, ni aucune autre sorte de souverainet&#233; comme pertinente pour r&#233;guler l'embo&#238;tage de communaut&#233;s de vie et de destin, qui forment autant de communaut&#233;s politiques diff&#233;renci&#233;s, de la plan&#232;te jusqu'au quartier et au village.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Cette nouvelle r&#233;gulation ne peut pas plus esp&#233;rer, &#224; un horizon cr&#233;dible, la mise en place d'un gouvernement plan&#233;taire. M&#234;me si nous poursuivons les plus hautes ambitions collectives , m&#234;me si nous ne devons pas cesser de promouvoir l'id&#233;al d'une citoyennet&#233; mondiale, une telle utopie humaniste est aujourd'hui hors de port&#233;e et ne peut en aucun cas &#234;tre avanc&#233; comme un horizon pr&#233;alable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par contre, &#224; d&#233;faut de convaincre toutes les puissances et toutes les consciences de faire &#171; du pass&#233;, table rase &#187;, on peut esp&#233;rer (devant les risques d'&#233;clatement de crises en tout genre), constituer une large alliance pour proposer une nouvelle r&#233;gulation mondiale, l&#233;gitime et efficace. Celle-ci devrait s'appuyer sur la Charte des Nations Unies, la D&#233;claration Universelle des droits de l'homme et les valeurs universalisantes de paix, de solidarit&#233; internationale, de d&#233;veloppement durable et de diversit&#233; culturelle, en s'appuyant sur tous les efforts sinc&#232;res de coop&#233;ration mondiale et r&#233;gionale, men&#233;s depuis 60 ans. Pour cela, les institutions existantes ne doivent pas &#234;tre ni&#233;es dans leur principe, car elles ont vocation &#224; cr&#233;er les conditions d'une r&#233;gulation concert&#233;e et anti-h&#233;g&#233;monique des grands probl&#232;mes mondiaux. Mais, elles doivent &#234;tre aujourd'hui critiqu&#233;es, sans rel&#226;che et sans complaisance, pour leur absence ou leur insuffisance de l&#233;gitimit&#233; et, par l&#224; m&#234;me d'efficacit&#233;, ce qui suppose, moins leur disparition que leur transformation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut donc que le mouvement altermondialiste sache convaincre la conscience universelle, qu'entre r&#233;gression et utopie, il est possible de d&#233;finir une autre r&#233;gulation mondiale, &#224; la fois l&#233;gitime et efficace, compte tenu de ce que l'efficacit&#233; ne pourra r&#233;sulter que de sa nouvelle l&#233;gitimit&#233;, fond&#233;e sur la promotion des droits humains et des libert&#233;s. Cette nouvelle r&#233;gulation ne peut reposer que sur une strat&#233;gie de transformation des institutions existantes. Mais, en m&#234;me temps, elle est toute autre chose qu'une simple addition de r&#233;formes ponctuelles, qui seraient l'affaire de technocrates et d'experts internationaux, et elle a besoin, pour r&#233;ussir, de la participation du plus grand nombre des citoyens du monde, de leurs mouvements sociaux et culturels, de leurs organisations syndicales et de leurs &#233;lus l&#233;gitimes, qu'ils soient nationaux ou locaux. Ce sont, eux tous, qui doivent s'emparer, en toute circonstance d&#233;sormais, des principes essentiels d'une nouvelle r&#233;gulation mondiale, l&#233;gitime et efficace, et de toutes les cons&#233;quences qui en d&#233;coulent. D'o&#249; un seconde axe de propositions, non moins simple dans sa formulation :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Seul un ensemble de r&#233;gulations citoyennes peut permettre de conjurer l'ensemble des p&#233;rils contemporains, qui accompagnent la crise actuelle de la mondialisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Celles-ci devraient &#234;tre promues &#224; tous les niveaux, du local au global, en passant par le r&#233;gional, le national et le continental. Dans ce qui suit, nous proposons quelques pistes pour ce dernier :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;II-2 : Les pistes d'une r&#233;gulation citoyenne mondiale&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Afin de stimuler les d&#233;bats sur des strat&#233;gies correspondant aux mutations actuelles de la mondialisation, nous proposerons une perspective g&#233;n&#233;rale, dont nous avons bien conscience qu'elle rompt avec une grande partie de la tradition de la gauche fran&#231;aise, et nous commencerons &#224; la concr&#233;tiser par l'&#233;nonc&#233; de 10 propositions :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1- La perspective d'un monde sans empire, ni souverainet&#233;s&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A notre &#233;poque globalis&#233;e, l'internationalisme de la gauche ne peut &#234;tre qu'altermondialiste : nous ne pouvons, ni ne voulons &#233;crire l'histoire &#224; l'envers par un retour vers les anciennes formes souverainistes, ni nous accommoder du processus de mondialisation en cours.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A l'origine de nos soci&#233;t&#233;s historiques, se trouve l'Empire, c'est-&#224;-dire la vision d'un absolutisme universel, dans laquelle ce pouvoir omnipotent, illimit&#233; et inconditionnel est celui de Dieu et/ou de son incarnation terrestre, l'Empereur. Dans notre civilisation, au IV&#232;me si&#232;cle de notre &#232;re, alors m&#233;diterran&#233;o-centr&#233;e, la d&#233;cision de Constantin de faire du christianisme la religion d'Etat conforte cette ambivalence de l'Empire, en m&#234;me temps qu'elle en mine l'unicit&#233; : le Pape reste &#224; Rome, alors m&#234;me que l'empereur fonde Constantinople&#8230;. D&#233;sormais, pendant plus d'un mill&#233;naire, la question sera de savoir qui de l'un ou de l'autre incarne cet universalisme. Et ce d&#233;bat se compliquera jusqu'&#224; l'absurde, d&#232;s lors qu'il y aura, &#224; partir de Charlemagne, deux empereurs, ou au moins deux Eglises, voire deux papes (Grand Schisme d'Occident) : l'imagerie de Canossa, avec l'Empereur &#224; genoux dans la neige devant le Pape, dans la cour du ch&#226;teau de la grande comtesse Mathilde, nous fournit la meilleure caricature de l'impossibilit&#233; d&#233;lirante de l'absolutisme universel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec la Renaissance, et la naissance du &#171; Prince &#187;, que th&#233;orise Machiavel, on se d&#233;fait de cet absolutisme universel en inventant la souverainet&#233;, qui, affranchie de l'imperium militaire et/ou religieux, n'est rien d'autre qu'un absolutisme born&#233;, nous voulons dire limit&#233; par des bornes fronti&#232;res. Doit-on rappeler le dictionnaire, qui la d&#233;finit comme ce &#171; qui s'exerce sans contr&#244;le &#187;, ou encore ce &#171; qui juge sans appel &#187;, en un mot le contraire de l'id&#233;e que tout un chacun se fait de la d&#233;mocratie. C'est pourquoi la souverainet&#233; trouve, dans l'ordre int&#233;rieur, son accomplissement avec Louis XIV et Bossuet ; et c'est pourquoi, elle engendre, dans l'ordre ext&#233;rieur, inexorablement les guerres incessantes par la volont&#233; continuel de d&#233;placer les bornes qui limitent l'exercice du pouvoir absolu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand l'abb&#233; Siey&#232;s, en janvier 1789, r&#233;invente la nation , en tant que &#171; communaut&#233; politique diff&#233;renci&#233;e &#187; , laquelle d&#233;finit un cadre collectif de vie et de destin, il ne parvient qu'&#224; retourner &#224; l'avantage du Tiers Etat, ou de ce que l'on appellera bient&#244;t le peuple, la notion de souverainet&#233; et l'absolutisme qu'elle porte en elle : la dite &#171; souverainet&#233; nationale ou populaire &#187; peut alors &#224; son tour utiliser la Terreur dans l'ordre int&#233;rieur ou porter la guerre, &#224; travers toute l'Europe, pour d&#233;placer toujours plus loin les bornes de l'absolutisme ainsi transpos&#233;. D'ailleurs, les droits de l'homme qui en fournissent le pr&#233;texte initial passent ainsi, en deux ou trois &#233;tapes forc&#233;es, avec la cocarde tricolore, entre les mains de celui qui se prend pour un nouvel Empereur &#224; vocation universelle, quitte &#224; multiplier les boucheries aux quatre coins de l'Europe, au proche Orient ou aux Antilles&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les autres peuples, europ&#233;ens au XIX&#232;me si&#232;cle, puis du reste du monde au XX&#232;me, n'ont fait que r&#233;p&#233;ter le tragique exemple fran&#231;ais, ne s'&#233;mancipant d'un absolutisme local ou &#233;tranger (notamment de forme coloniale) que pour forger un nouvel absolutisme int&#233;rieur : si on ne devait en prendre qu'un seul exemple, comment ne pas &#234;tre obs&#233;d&#233; par celui du communisme cambodgien ? Du coup, jamais les guerres, ext&#233;rieures et civiles, ne furent plus meurtri&#232;res que depuis la d&#233;multiplication des souverainet&#233;s dites nationales. Sans doute, l'horreur des deux guerres mondiales poussa la conscience universelle a tent&#233; de d&#233;passer ce que le d&#233;sordre international avait toujours &#233;t&#233; : potentiellement, l'&#233;tat de guerre de tous contre tous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais on n'a gu&#232;re su d&#233;passer jusqu'&#224; pr&#233;sent, la dimension contractuelle des relations entre souverains, telle qu'elle pr&#233;domine depuis le dernier demi mill&#233;naire et le trait&#233; de Westphalie. En effet, les organisations internationales du si&#232;cle dernier sont pour l'essentiel, comme l'ensemble des relations internationales, r&#233;gies par ces Trait&#233;s entre &#233;tats. Or, ceux-ci, s'ils ont le m&#233;rite de substituer une situation de stabilit&#233;, a priori pacifique, &#224; un &#233;tat ouvert ou latent de bellig&#233;rance, traduisent moins la fiction d'un &#171; libre consentement des parties &#187;, qui en fonderait la l&#233;gitimit&#233;, que le rapport des forces qu'il ent&#233;rine et que souvent il aggrave &#224; cette occasion. Car, si dans le domaine du droit interne, il a fallu inventer, dans tous les domaines, un droit d'ordre public, qui limite la dimension l&#233;onine du droit des contrats, presque tout reste &#224; faire dans le domaine des relations entre nations, au motif qu'elles sont pr&#233;tendues souveraines, m&#234;me quand le plus grand nombre d'entre elles sont de plus en plus soumises aux nouvelles pratiques imp&#233;riales du (ou des) pays h&#233;g&#233;monique(s).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un droit universel d'ordre public, qui abolirait la notion m&#234;me de souverainet&#233;, parce que, par d&#233;finition, il serait au dessus de chacune d'entre elles, sans exception, est une id&#233;e neuve dans le monde. Sans pr&#233;tendre faire autre chose qu'esquisser une probl&#233;matique, ne devrions nous pas en d&#233;velopper d&#232;s maintenant un certain nombre d'applications et en tirer un certain nombre de cons&#233;quences ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus largement, c'est un embo&#238;tement de ces communaut&#233;s politiques, du village et du quartier jusqu'&#224; la plan&#232;te toute enti&#232;re, qu'il nous savoir mettre en oeuvre, parce que les espaces de solidarit&#233;, de droits et de devoirs et d'identit&#233; collective d'appartenance ne sont jamais exclusifs les uns des autres, contrairement &#224; la conception pass&#233;iste de la souverainet&#233;. Une difficult&#233; s'ajoute toutefois aujourd'hui : les d&#233;coupages territoriaux, m&#234;me embo&#238;t&#233;s dans une articulation de comp&#233;tences, s'articulant suivant un mode f&#233;d&#233;raliste de type proudhonien et d'apr&#232;s un principe de subsidiarit&#233;, peuvent ils suffire, &#224; l'heure des pollutions sans fronti&#232;re, des migrations de masse, du d&#233;veloppement des multi-r&#233;sidences et d'une num&#233;risation si pouss&#233;e, qu'elle donne au moins l'illusion d'avoir aboli les distances ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2- Les 10 principes d'une r&#233;gulation citoyenne mondiale :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'avenir de la plan&#232;te est une responsabilit&#233; commune et celle-ci ne peut s'exercer, sans l'explicitation et la mise en &#339;uvre d'une r&#233;gulation citoyenne, &#224; l'&#233;chelle mondiale. Celle-ci pourrait reposer sur 10 principes essentiels , dont d&#233;coulent autant de cons&#233;quences concr&#232;tes :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1)	Les institutions &#233;conomiques, financi&#232;res et commerciales sont subordonn&#233;es aux instances politiques l&#233;gitimes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cons&#233;quences concr&#232;tes : L'int&#233;gration des institutions &#233;conomiques mondiales (FMI, Banque Mondiale, OMC, BRI, OCDE), dans le syst&#232;me des Nations Unies, doit &#234;tre effective. Ceci signifie le respect de leur Charte, de la D&#233;claration Universelle ; des proc&#233;dures de d&#233;cision conformes (cf. infra) ; la d&#233;finition de leur r&#244;le et leur contr&#244;le par les instances l&#233;gitimes (Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale et Conseils de S&#233;curit&#233; : cf. infra). En annexe 3, nous proposons plus pr&#233;cis&#233;ment une strat&#233;gie de transformation du syst&#232;me mon&#233;taire international, compte tenu de l'urgence particuli&#232;re de la question.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2)	Ces instances assurent une r&#233;partition multilat&#233;rale &#233;quitable &#224; tous les peuples du monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cons&#233;quences concr&#232;tes : La cr&#233;ation d'un Conseil de S&#233;curit&#233; &#233;conomique, social, culturel et environnemental (Double ESC, ou &#171; DESC &#187; en anglais). Il serait compos&#233; de 10 membres renouvelables tous les 10 ans (dont 2 pour l'Afrique, 1 pour l'Am&#233;rique du Nord, 1 pour l'Am&#233;rique latine, 3 pour l'Asie, 2 pour l'Europe, et 1 pour et l'Oc&#233;anie), comprenant les pays (ou groupements les plus importants de chaque continent) et de 15 autres membres, &#233;lus tous les 2 ans, par l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale. Chaque membre repr&#233;senterait un Etat ou un groupe d'&#233;tats (tel que l'Union Europ&#233;enne). Ce &#171; DESC &#187; se substituerait aux diff&#233;rents clubs de pays riches du type G7, G8, etc. Le PNUD, la CNUCED, la BRI et l'OCDE lui sont rattach&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En cas de conflits entre les normes &#233;dict&#233;es par diverses agences sp&#233;cialis&#233;es, le CSECSE arbitre, apr&#232;s avis de l'assembl&#233;e &#233;conomique, sociale, culturelle et environnementale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toutes ses d&#233;cisions doivent &#234;tre prises, suivant le principe de double majorit&#233; et &#224; l'exclusion de tout droit de veto : elles ne sont valid&#233;es que si elles sont adopt&#233;es par une majorit&#233; de ses membres, repr&#233;sentant la majorit&#233; des populations des pays membres, ce qui garantit un &#233;quilibre entre les pays les plus peupl&#233;s et les moins peupl&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3)	La soci&#233;t&#233; civile et les mouvements sociaux mondiaux doivent &#234;tre associ&#233;s de fa&#231;on permanente &#224; toutes les d&#233;cisions des instances mondiales&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cons&#233;quences concr&#232;tes : La cr&#233;ation d'une Assembl&#233;e &#233;conomique, sociale, culturelle et environnementale, r&#233;unissant les repr&#233;sentants des organisations professionnelles, syndicales, culturelles (repr&#233;sentant les milieux artistiques et scientifiques) et environnementales, ainsi que les ONG humanitaires. Celles-ci devraient &#234;tre obligatoirement consult&#233;es, avant toute d&#233;cision de l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale et des Conseils de S&#233;curit&#233;. Elle dispose d'un pouvoir d'initiative, pour demander &#224; l'Assemble G&#233;n&#233;rale et aux conseils de s&#233;curit&#233; de d&#233;lib&#233;rer sur toutes les questions qui leur semblent le justifier et des moyens d'&#233;tudes du PNUD, de la CNUCED et de l'OCDE.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4)	La primaut&#233; de l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale des Nations Unies&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cons&#233;quences concr&#232;tes : L'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale a seule pouvoir, pour &#233;dicter des normes et des recommandations, &#224; son initiative, ou &#224; celle de l'Assembl&#233;e &#233;conomique, sociale et environnementale. Toutes ses d&#233;cisions sont prises, suivant le principe de double majorit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;5)	R&#233;gulation mondiale et s&#233;paration des pouvoirs&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cons&#233;quences pratiques : Les conseils de s&#233;curit&#233; prennent toutes les d&#233;cisions d'application, qui d&#233;coulent des principes de la Charte et des r&#233;solutions de l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale. De son c&#244;t&#233;, la Cour P&#233;nale Internationale doit disposer d'une comp&#233;tence universelle et obligatoire, englobant l'ensemble des tribunaux ad hoc, et d'une totale ind&#233;pendance, &#224; l'&#233;gard des autres instances mondiales, comme des &#233;tats nationaux. Ses jugements sont assortis de sanctions, dont l'ex&#233;cution rel&#232;ve, suivant les cas, de l'un et/ou l'autre des conseils de s&#233;curit&#233; (op&#233;rations militaires et/ou sanctions &#233;conomiques) ou d'une comp&#233;tence universelle d'application des instances judiciaires de tous les pays membres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;6)	L&#233;gitimit&#233; et coh&#233;rence de l'ensemble de la r&#233;gulation mondiale&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cons&#233;quences pratiques : Le conseil de s&#233;curit&#233; rapproche sa composition et son mode de d&#233;cision de ceux du &#171; DESC &#187;, en vue de leur fusion. Les pouvoirs de sanction appartiennent aux deux conseils de s&#233;curit&#233;, dans leur domaine respectif de comp&#233;tences.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;7)	Le monopole de l'utilisation l&#233;gitime des forces arm&#233;es appartient &#224; l'ONU :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cons&#233;quences pratiques : L'ensemble des forces arm&#233;es, mises &#224; la disposition d'organisations internationales ou mondiales (Otan, casques bleus, etc.) sont regroup&#233;es et plac&#233;es sous la seule responsabilit&#233; du conseil de s&#233;curit&#233; des Nations Unies.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;8)	Le financement du d&#233;veloppement durable est assur&#233; par l'&#233;mission de Droits de Tirage Sp&#233;ciaux (DTS) et de taxes globales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cons&#233;quences pratiques : Le Fonds Mon&#233;taire International, agence sp&#233;cialis&#233;e de l'ONU, applique les normes &#233;dict&#233;es par l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale, ainsi que les d&#233;cisions du &#171; DESC &#187;, prises apr&#232;s d&#233;lib&#233;ration de l'Assembl&#233;e &#233;conomique, sociale, culturelle et environnementale. En particulier, il offre, par une &#233;mission suffisante de DTS, le financement de l'ensemble des projets de d&#233;veloppement durable, ainsi que l'annulation de la dette des pays pauvres, en relation avec les banques r&#233;gionales de d&#233;veloppement. Il est comp&#233;tent pour mettre en place une fiscalit&#233; sur les mouvements internationaux de capitaux, en particulier sur les plus sp&#233;culatifs et les plus d&#233;stabilisateurs d'entre eux, ainsi que sur les activit&#233;s polluantes. Il contribue &#224; une &#233;volution raisonn&#233;e des parit&#233;s mon&#233;taires, par une contribution &#233;quilibr&#233;e des pays exc&#233;dentaires et d&#233;ficitaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;9) Les &#233;changes de marchandises (biens et services) sont r&#233;gul&#233;s dans une perspective de d&#233;veloppement durable de la plan&#232;te et de justice pour tous les peuples.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cons&#233;quences pratiques : L'organisation mondiale du commerce est assur&#233;e par une agence sp&#233;cialis&#233;e de l'ONU, qui exerce des comp&#233;tences d&#233;l&#233;gu&#233;es, et met en place, en tant que de besoin, des politiques r&#233;gulatrices, afin que l'&#233;largissement des &#233;changes assure le d&#233;veloppement des biens publics mondiaux, la souverainet&#233; alimentaire et sanitaire de tous les pays membres, ainsi que leurs activit&#233;s &#233;mergentes, de m&#234;me que l'ensemble des missions assur&#233;es par les autres agences sp&#233;cialis&#233;es : droit du travail, pr&#233;servation de l'environnement, etc..&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;10) Strat&#233;gie pour un d&#233;veloppement plan&#233;taire durable&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cons&#233;quences pratiques : La pr&#233;paration des d&#233;lib&#233;rations environnementales, de port&#233;e mondiale, est faite conjointement par les deux assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. Apr&#232;s d&#233;lib&#233;ration de l'assembl&#233;e &#233;conomique, sociale, culturelle et environnementale, les normes sont adopt&#233;es par l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. Le &#171; DESC &#187; est charg&#233; de leur mise en &#339;uvre, avec l'ensemble des agences sp&#233;cialis&#233;es (FAO, OMS, BIT, UNICED, etc). Il &#233;tablit une fiscalit&#233; &#233;cologique sur les &#233;missions de CO2 et les d&#233;chets nucl&#233;aires : le produit de celle-ci sert pour une part &#224; indemniser les travailleurs p&#233;nalis&#233;s par cette fiscalit&#233; et pour partie &#224; mettre en place des activit&#233;s de substitution.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;II-3 De la crise des sub-primes &#224; celle de la mondialisation ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'est gu&#232;re difficile de relier les propos qui pr&#233;c&#232;dent &#224; l'actualit&#233; la plus br&#251;lante. Pour essayer toutefois de le faire avec m&#233;thode :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; on commencera par montrer comment les contradictions financi&#232;res et g&#233;opolitiques pr&#233;-existantes se sont consid&#233;rablement accrues dans la p&#233;riode r&#233;cente, &#224; travers la multiplication des &#171; exo-dollars &#187; et leur appropriation par des fonds souverains ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; puis, nous nous arr&#234;terons un moment sur la crise financi&#232;re en cours ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; enfin, on essaiera de montrer quels en sont les principaux risques dans un avenir plus ou moins proche.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1- La mont&#233;e r&#233;cente des contradictions :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans les toutes derni&#232;res ann&#233;es, et avant m&#234;me que n'&#233;clate la crise des subprimes, durant l'&#233;t&#233; 2007, un certain nombre d'analystes relevaient une mont&#233;e significative des contradictions, dans le domaine commercial, comme dans le domaine financier :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* Dans le domaine commercial, se dirige t'on vers une &#233;conomie mondiale de BRIC (Br&#233;sil, Russie, Inde et Chine)&#8230; et de broc ? De fait, la fin du multilat&#233;ralisme occidental (&#233;chec des n&#233;gociations de l'OMC) entra&#238;ne la diffusion de nouvelles formes de bilat&#233;ralisme. De plus, le caract&#232;re manifestement &#233;go&#239;ste de la politique nord-am&#233;ricaine lui enl&#232;ve toute autorit&#233; morale pour dissuader les autres pays d'en faire autant. La mentalit&#233; de &#171; chacun pour soi &#187; redevient ainsi pr&#233;pond&#233;rante, qui, d&#232;s lors qu'une crise se d&#233;clenche risque de se transformer en un repli protectionniste de type &#171; tous aux abris &#187;. Face &#224; un risque de mauvais remake des ann&#233;es 30, il est &#233;vident que la force et la coh&#233;rence des coop&#233;rations r&#233;gionales seront d&#233;terminantes, non seulement pour les zones consid&#233;r&#233;es, mais aussi pour reconstruire un ordre international plus satisfaisant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* dans le domaine financier : Le fait est que les exo-dollars se concentrent de plus en plus sous la forme de fonds souverains. En premi&#232;re analyse, ceci peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une bonne nouvelle pour r&#233;duire les risques de crise syst&#233;mique, d&#251;s &#224; des ph&#233;nom&#232;nes de panique collective, pour deux raisons : d'abord, leurs gestionnaires &#233;tant particuli&#232;rement importants, ils sont &#233;videmment plus conscients des risques de &#171; retour de manivelle &#187; de leurs propres comportements ; ensuite, leur caract&#232;re public les conduit &#224; privil&#233;gier les objectifs &#224; long terme, plut&#244;t que la recherche de coups sp&#233;culatifs &#224; court terme. Ceci &#233;tant, ils ont n&#233;cessairement les d&#233;fauts de leurs qualit&#233;s, que l'on peut r&#233;sumer en deux questions : s'agissant de partenaires importants et stables, ces actionnaires peut-ils avoir une prise croissante de capital, sans exercer un pouvoir croissant ? Et, quand ces actionnaires sont des Etats, n'aboutit-on pas au formidable paradoxe que les privatisations dans les pays occidentaux n'ont finalement &#233;t&#233; que des nationalisations par d'autres pays ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2- La crise actuelle :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* L'immoralit&#233; particuli&#232;re de son d&#233;clenchement rev&#234;t un caract&#232;re hautement symbolique&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* Au-del&#224; des malheureuses victimes de premier rang, qui se trouvent &#224; la rue, les premiers effets induits frappent pr&#233;cis&#233;ment les acteurs fondamentaux de la mondialisation, les financiers. En ce sens, on ne peut pas consid&#233;rer qu'il s'agit d'une simple crise sectorielle, comme celle de l'immobilier (qui lui est li&#233;) ou de l'Internet, qui reposait sur la dissipation d'un mythe, celui de la &#171; nouvelle &#233;conomie &#187;, ou comme s'il s'agissait d'une branche industrielle m&#234;me importante, comme le serait, par exemple, l'automobile. Dans le cas de telles crises sectorielles, la contamination &#224; l'&#233;conomie globale peut se produire, mais g&#233;n&#233;ralement, la crise cesse avec sa cause initiale : il ne s'agit alors que d'un &#233;v&#232;nement conjoncturel, relativement r&#233;versible. Pour emprunter une m&#233;taphore au transport ferroviaire &#224; la mode, tout le monde comprend bien que les risques encourus par une brutale d&#233;pression frappant un contr&#244;leur dans une rame de TGV sont potentiellement moins dangereux que si elle frappe les conducteurs de la rame ! Or, nous allons voir que si tous n'en meurent pas, tous en sont frapp&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* D'ores et d&#233;j&#224;, cette crise est en effet marqu&#233;e par une triple contamination :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Contrairement aux discours dominants tenus par des gens, dont le m&#233;tier est de rassurer (des m&#233;dias tenus par la finance ; des gens qui conseillaient d'acheter, alors qu'ils commen&#231;aient &#224; vendre, pratiquant ainsi le d&#233;lit d'initi&#233;s, &#224; l'&#233;chelle de masse), depuis 8 mois (ao&#251;t 2007), tous les propos l&#233;nifiants ont &#233;t&#233; infirm&#233;s. Pour s'en tenir &#224; l'essentiel :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; la crise s'est &#233;tendue d'un march&#233; financier particulier &#224; l'ensemble de la finance ; au d&#233;part (fin de l'&#233;t&#233; 2007), on a pu pr&#233;tendre que la crise ne concernait qu'un march&#233; &#233;troitement sp&#233;cialis&#233;, sp&#233;cifique d'un seul pays : cf. les d&#233;clarations tonitruantes des politiques financiers europ&#233;ens, et en particulier fran&#231;ais : pour un peu, ils se seraient vant&#233;s d'un meilleur contr&#244;le public (reste de l'&#233;tatisme &#224; la fran&#231;aise), capables de rester &#224; l'abri des temp&#234;tes : songez donc, ils sont presque tous pass&#233;s par l'inspection des finances et la direction du Tr&#233;sor, tout comme ceux charg&#233;s de les contr&#244;ler...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bient&#244;t, il a fallu s'apercevoir que les Anglais faisaient la queue devant les guichets de la 6&#232;me banque de d&#233;p&#244;ts de leur pays, que trois banques r&#233;gionales allemandes &#233;taient (d&#233;j&#224;) atteintes, que les Espagnols de par l'importance de l'immobilier et des pr&#234;ts &#224; taux variables &#233;taient particuli&#232;rement expos&#233;s, que les Fran&#231;ais avaient leurs propres tares, et m&#234;me la capacit&#233; de battre des records de pertes &#224; force d'incons&#233;quence : on d&#233;couvrait ainsi l'&#233;trange lubie du &#171; meilleur des banquiers &#187;, lequel pouvait embaucher des tr&#232;s jeunes gens pour leur apprendre comment contr&#244;ler les dangereux traders, avant de confier aux premiers la fonction des seconds ; autrement dit, avant de jouer, un footballeur ferait d'abord un stage d'arbitre, pour &#234;tre ensuite capable de mieux tromper les arbitres ! Nous ne savons pas si cette affaire ne concerne qu'une &#171; soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale &#187;, mais nous esp&#233;rons surtout qu'elle reste vraiment tr&#232;s &#171; particuli&#232;re &#187; !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au demeurant la preuve que la crise concerne l'ensemble du monde financier nous &#233;tait d&#233;j&#224; donn&#233;e, d&#232;s les premi&#232;res semaines de la crise : les banques ne pr&#234;tent plus aux banques, tellement elles se m&#233;fient les unes des autres, m&#234;me &#224; 24 heures ! Il n'y a plus de march&#233; au jour le jour, plus de march&#233;s interbancaires : ce sont les banques centrales (m&#234;me celles qui se pr&#233;tendent les plus rigoristes, comme la BCE) qui sont oblig&#233;s de faire l'appoint de mani&#232;re illimit&#233;e et de le proclamer pour essayer de rassurer les banquiers eux-m&#234;mes. 8 mois plus tard, on ne parvient m&#234;me plus &#224; compter le nombre de march&#233;s financiers sp&#233;cialis&#233;s qui sont ferm&#233;s, et encore moins le volume global des pertes enregistr&#233;es, qui augmentent jour apr&#232;s jour : aux derni&#232;res nouvelles, le plan de sauvetage de Citybank, premier &#233;tablissement am&#233;ricain n'est pas garanti, malgr&#233; le soutien massif d'un fonds souverain p&#233;trolier, le 5&#232;me banquier de Wall Street se trouve en 48 heures, mis en faillite, ses actions ayant baiss&#233; de 98% durant ce laps de temps. Quant &#224; la vantardise des grands assureurs (Allianz, AXA) qui affichent des b&#233;n&#233;fices, en d&#233;clarant qu'ils ne sont pas atteints, ils ne trompent que ceux qui ignorent que leurs r&#232;gles comptables leur permettent de pr&#233;senter des volumes de provisions, qui interdit en r&#233;alit&#233; de conna&#238;tre la qualit&#233; r&#233;elle de leur bilan. En fait, l'ensemble financier mondiale conna&#238;t sa plus grande crise syst&#233;mique depuis les ann&#233;es 1930, la seule question d'urgence est d&#233;sormais de savoir si on peut &#233;viter de passer par la case 1929 !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Deuxi&#232;me &#233;l&#233;ment de contamination : cette crise est d&#233;j&#224; pass&#233;e de l'ensemble du syst&#232;me financier &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle : non seulement plus personne ne nie les cons&#233;quences n&#233;gatives sur l'activit&#233; et l'emploi, mais encore, elle atteint depuis la fin de l'ann&#233;e le secteur g&#233;n&#233;ralement le plus stable, celui des services aux USA. Or, on sait que la conjoncture y est toujours en avance de quelques trimestres sur l'Europe. En fait, cette extension &#224; la sph&#232;re r&#233;elle &#233;tait une &#233;vidence d&#232;s le d&#233;part, pour tous les analystes s&#233;rieux : d'une part, les financiers t&#233;tanis&#233;s pour le montant colossal, et inconnu d'eux-m&#234;mes, de leurs pertes r&#233;duisent consid&#233;rablement leurs pr&#234;ts, les rench&#233;rissant ou les assortissant de conditions de garanties excessivement s&#233;v&#232;res ; d'autre part, les pr&#233;visions alarmantes sur l'&#233;volution de la situation font que les entreprises comme les m&#233;nages n'osent plus emprunter pour investir. Ajouter &#224; cela le sentiment d'appauvrissement des propri&#233;taires immobiliers et boursiers, d&#251; &#224; la baisse du prix de leurs actifs, il ne peut y avoir qu'un ralentissement de la demande globale. Au demeurant, les d&#233;couverts de cr&#233;dit &#233;tant largement gag&#233;s par les plus values immobili&#232;res, on peut craindre que la chute de la consommation prenne &#224; un moment ou &#224; un autre un aspect beaucoup plus dramatique. Or, contrairement &#224; ce que racontent les &#233;conomistes lib&#233;raux les plus born&#233;s, c'est &#233;videmment la demande, et surtout celle des m&#233;nages, qui commande compl&#232;tement la variation de l'activit&#233;, du moins &#224; court terme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Troisi&#232;me &#233;l&#233;ment de contamination, enfin : la crise commence &#224; passer de l'&#233;conomie US au reste du monde, l'Europe bien s&#251;r, mais aussi l'Asie. Comment peut-on &#224; la fois pr&#233;tendre que l'&#233;conomie est mondialis&#233;e et qu'un choc financier et &#233;conomique n&#233;gatif, aussi brutal et sournois que celui-ci, serait sans cons&#233;quence sur le reste du monde ? Bien entendu, la pond&#233;ration de l'&#233;conomie am&#233;ricaine dans l'&#233;conomie mondiale a faibli par rapport &#224; celle des &#233;conomies &#233;mergentes, mais le niveau d'internationalisation des &#233;changes en tout genre (commerciaux, financiers, culturels, etc.) rend l'hypoth&#232;se du d&#233;couplage des conjonctures continentales particuli&#232;rement hasardeuse. On commence donc &#224; admettre maintenant (FMI, en t&#234;te) qu'il y aura un ralentissement en Europe et en Asie : on avance que la croissance chinoise passerait de 10,5 &#224; 7,5%, mais tous ces chiffres rel&#232;vent de la pure fantaisie dans une conjoncture sans pr&#233;c&#233;dent comme celle-ci. D'un autre c&#244;t&#233;, il n'est pas impossible que l'activit&#233; mondiale soit moins affect&#233;e que lors des crises pr&#233;c&#233;dentes, puisque le centre de la perturbation est devenu relativement moins h&#233;g&#233;monique&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qui a raison ? Comme nous ne le savons pas, nous ferons une r&#233;ponse en forme de dilemme : ou la transmission intercontinentale est forte et ceci signifie que l'ensemble de l'&#233;conomie mondiale est bien plus malade qu'on ne le raconte ; ou les B.R.I.C. r&#233;sistent et ceci signifie un basculement mondial, sans doute le plus important depuis un demi mill&#233;naire (&#171; les grandes d&#233;couvertes &#187;), mais avec des cons&#233;quences consid&#233;rables, plus ou moins d&#233;sirables ou risqu&#233;s, dans tous les domaines : nous serions alors d&#233;j&#224; entr&#233;s dans un monde qualitativement nouveau.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3- Les principaux risques d&#233;coulant de la crise actuelle&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans une situation aussi complexe, il reste de bonne m&#233;thode d'essayer de distinguer, ce qui rel&#232;ve des risques les plus imm&#233;diats (de quelques jours &#224; quelques semaines) et qui constitue le &#171; temps des pompiers ; de ceux qui se profilent &#224; un horizon un peu plus lointain (de quelques mois &#224; quelques trimestres, le temps des architectes), tout en sachant que cette distinction est en partie arbitraire, ne serait ce que par ce que l'issue du &#171; court terme &#187; &#233;pouse des bifurcations, qui peuvent d&#233;clencher des cons&#233;quences &#224; plus long terme, largement irr&#233;versibles, et tr&#232;s diff&#233;rentes les unes des autres :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* A court terme :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans se livrer &#224; l'exercice d'une analyse &#171; en continu &#187;, qui caract&#233;rise les &#233;conomistes boursiers, on essaiera de d&#233;gager quatre traits qui sont essentiels pour l'ensemble de notre propos :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1- Si l'effet n&#233;gatif de la crise financi&#232;re sur l'activit&#233; et sur l'emploi est malheureusement d&#233;j&#224; &#233;vident et reconnu (m&#234;me par les ministres europ&#233;ens et M. Trichet, qui continue syst&#233;matiquement de le sous-estimer), son ampleur est encore incertaine. Pour sch&#233;matiser, la majorit&#233; des &#233;conomistes sp&#233;cialis&#233;s consid&#232;rent qu'une r&#233;cession est de plus en plus vraisemblable, mais qu'un effondrement (type 1929) est tr&#232;s improbable. En r&#233;alit&#233;, la question de la &#171; r&#233;cession &#187;, qui polarise les sp&#233;cialistes, est une pure question de d&#233;finition : officiellement, elle suppose un recul du PIB pendant 2 trimestres de suite, mais cela, est purement arbitraire : 1 fois -0,5 ou -0,8 ; ou 2 fois -0,1% ; ou encore, 4 trimestres, ou plus, &#224; 0%, ou 0,1%, etc., quel est le plus grave, surtout quand on sait qu'il est tout &#224; fait simple de manipuler les chiffres derri&#232;re la virgule, d'un trimestre sur l'autre ? En dehors des aspects symboliques, qui rel&#232;vent de ce que l'on peut qualifier de &#171; nominalisme &#187; (il y a des gens qui pensent que ce n'est pas le chien qui mord, mais le mot de chien), il n'y a gu&#232;re de diff&#233;rence qualitative entre ces diff&#233;rentes pr&#233;visions. La seule question s&#233;rieuse est de savoir s'il existe le risque d'un effet &#171; domino &#187; ou boule de neige, la faillite des uns entra&#238;nant celle des autres, pour entra&#238;ner un effondrement global. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, on admet que cela est tr&#232;s improbable, compte tenu du fait que les banques centrales et les gouvernements tiendraient alors le r&#244;le de &#171; pr&#234;teurs de dernier ressort &#187;, comme ils ont commenc&#233; &#224; le faire, surtout aux USA (baisse brutale des taux d'int&#233;r&#234;t et relance budg&#233;taire de 1%, tr&#232;s rapidement adopt&#233;e malgr&#233; des majorit&#233;s politiques diff&#233;rentes et cela en pleine campagne &#233;lectorale, sans aucune pol&#233;mique, ce qui t&#233;moigne sans doute de la gravit&#233; de la situation) et m&#234;me en Europe : aujourd'hui, m&#234;me les &#233;conomistes les plus lib&#233;raux savent qu'une relance de la demande globale, de type publique, suivant les recommandations keyn&#233;siennes est efficace, et par cons&#233;quent, toute honte bue, ils parviendront peut &#234;tre &#224; &#233;viter un mauvais remake de 1929.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2- La flamb&#233;e des prix et des p&#233;nuries de produits alimentaires d&#233;veloppe les premi&#232;res &#233;meutes de la faim, et le risque de leur extension dans toutes les grandes m&#233;tropoles du tiers monde (cf. appel au secours de Diouf, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la FAO) : la Chine ou m&#234;me l'Iran peuvent &#224; la rigueur subventionner quelques temps les denr&#233;es de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, mais l'Afrique, le Mexique ? De plus, derri&#232;re la question sociale imm&#233;diate se cache la question &#233;cologique sous-jacente : r&#233;pondre &#224; la demande alimentaire l&#233;gitime de 9 milliards d'humains est une t&#226;che d&#233;j&#224; tr&#232;s difficile. Or, pr&#233;tendre contourner la crise &#233;nerg&#233;tique par des bio-&#233;nergies, qui d&#233;vorent de l'espace, de l'eau et d'autres formes d'&#233;nergie, nous enfonce dans des turbulences dramatiques, par le refus de consid&#233;rer que les &#233;nergies plus ou moins renouvelables ne seront jamais que des succ&#233;dan&#233;es des &#233;conomies d'&#233;nergie et qu'aucune technologie miracle ne sera disponible avant au moins une ou deux g&#233;n&#233;rations. De tous les risques imm&#233;diats, celui-ci est sans doute le plus difficilement difficile &#224; contr&#244;ler et humainement le plus insupportable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3- la sp&#233;culation contre le dollar risque de se d&#233;cha&#238;ner &#224; tout moment : les causes en sont multiples, dont la plus fondamentale est la perte progressive de l'h&#233;g&#233;monie du dollar ; d'autres sont plus conjoncturelles, comme l'aggravation du diff&#233;rentiel de taux d'int&#233;r&#234;t pratiqu&#233;s respectivement par la Fed et la BCE, qui rend de plus en plus rentables les placements en Euro ; les zizanies au sein du G7, lors de sa derni&#232;re r&#233;union, sur la fa&#231;on de g&#233;rer la situation, rappellent dangereusement la crise financi&#232;re d'octobre 1987, premi&#232;re grande crise financi&#232;re de la mondialisation, qui &#233;tait n&#233;e des d&#233;saccords entre les banques centrales allemandes et am&#233;ricaines ; plus largement, la difficult&#233; pr&#233;sente n'est pas technique, mais bien politique. Les membres de la zone euro, qui commencent &#224; se r&#233;concilier au dessus de la barre de 1,5 dollar pour un euro (mais quel niveau faudra t'il atteindre pour qu'il soient capables d'agir efficacement ?) ne veulent plus payer par la hausse de l'euro (qui a d&#233;j&#224; d&#233;passer la limite du supportable pour une majorit&#233; d'industries de la zone), les d&#233;ficits am&#233;ricains vis-&#224;-vis des pays &#233;mergents. Or, ceux-ci r&#233;&#233;valuent leurs monnaies au rythme qui leur convient (5 &#224; 10 % par an, quand m&#234;me), m&#234;me si cela ne va pas du tout assez vite du point de vue am&#233;ricain. En fait, ces pays ne sont pas dispos&#233;s &#224; r&#233;&#233;valuer plus rapidement leurs monnaies, sans qu'on leur apporte des contreparties, ce qui para&#238;t bien l&#233;gitimes, et il se trouve que ces contreparties ne peuvent &#234;tre que politiques. Quant aux Etats-Unis, leurs d&#233;ficits ext&#233;rieurs se r&#233;duisent quelque peu, mais ils trouvent de plus en plus difficilement des gens pour leur pr&#234;ter en dollars : ce qui risque de les obliger &#224; augmenter fortement le taux de leurs emprunts, au risque de provoquer une aggravation brutale de la crise. Or, durant toute l'ann&#233;e en cours, la difficult&#233; est accrue par le fait qu'il n'y a plus de pilote dans l'avion, &#224; Washington. Au bout du compte, l'effondrement du dollar devrait pouvoir &#234;tre &#233;vit&#233;, par une intervention enfin concert&#233;e entre les banques centrales. Mais celle-ci risque de se faire dans l'urgence ; c'est pourquoi, il serait bien pr&#233;f&#233;rable qu'elle se fasse dans le cadre d'une r&#233;forme audacieuse du FMI et de la Banque Mondiale , comme nous l'avons propos&#233;e ci-dessus. Apr&#232;s tout, si nous sommes d&#233;j&#224; entr&#233;s dans les ann&#233;es 30, il est urgent de convoquer la nouvelle conf&#233;rence de Bretton Woods, pour mettre en place les nouvelles r&#232;gles du jeu, qui ne pourront certainement plus &#234;tre &#171; lib&#233;rales &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; L'ampleur et la dur&#233;e de la crise en cours sont absolument impr&#233;dictibles : il y aura probablement, comme toujours, des &#233;l&#233;ments de rebond dans un d&#233;lai de 1 &#224; 3 semestres : la bourse elle-m&#234;me admet quelques s&#233;ances de &#171; rebond &#187;, quand certains sp&#233;culateurs &#171; baissiers &#187; viennent encaisser leurs b&#233;n&#233;fices, ou certains titres ayant exag&#233;r&#233;ment baiss&#233;, quelques &#171; bonnes &#226;mes &#187; viennent faire leur march&#233;. La raison en est le caract&#232;re g&#233;n&#233;ralement oscillatoire des anticipations collectives : quand une tendance se v&#233;rifie quelque temps, la plupart des intervenants anticipent sa poursuite (mim&#233;tisme) ; ils finissent alors par surcompenser (over shooting) le d&#233;s&#233;quilibre initial : un certain nombre d'entre eux, les plus riches et/ou les plus astucieux, se mettent alors &#224; jouer en sens contraire, contribuant &#224; retourner la tendance. L'ensemble consid&#233;r&#233; (actions, secteurs ou macro&#233;conomie) repart alors dans l'autre sens, sous l'effet d'anticipations d&#233;sormais invers&#233;s : mais, contrairement &#224; ce que des th&#233;ories catastrophistes pr&#233;tendent ou esp&#232;rent (&#171; marxisme primaire &#187;), ces oscillations ne sont pas n&#233;cessairement explosives, sans quoi il y a longtemps que le syst&#232;me capitaliste aurait explos&#233; et disparu : la pr&#233;diction de K. Marx en ce sens se trouve dans sa correspondance des ann&#233;es 1850 : apr&#232;s celle de 1848, pensait-il, la prochaine crise devait &#234;tre la derni&#232;re&#8230; Mais il se trouve que, de fa&#231;on moins m&#233;canique, ou plus dialectique, dans la plupart des cas, les oscillations tendent &#224; se r&#233;duire, parce que, soit les pouvoirs publics, soit une majeure partie des acteurs se rendent compte, par t&#226;tonnement, qu'une stabilit&#233; relative se situe dans un &#171; juste &#187; milieu, qui n'a d'ailleurs que peu &#224; voir avec l'&#233;quilibre optimal des th&#233;ories lib&#233;rales ; &#224; moins qu'une nouvelle perturbation, dite &#171; exog&#232;ne &#187;, non directement li&#233;e &#224; la pr&#233;c&#233;dente, relance les sp&#233;culations dans un sens ou dans un autre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais, contrairement &#224; cet optimisme arch&#233;o-lib&#233;ral, dont se moquait d&#233;j&#224; Voltaire dans Candide (&#171; tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles &#187;), rien ne dit qu'un &#233;ventuel &#233;quilibre approximatif de long terme corresponde &#224; un niveau acceptable, ni sur le plan &#233;conomique (c'est la d&#233;monstration g&#233;niale de Keynes de la permanence probable d'un &#171; &#233;quilibre global de sous emploi &#187;), ni du point de vue des autres aspects de la vie sociale, nationale et mondiale. C'est pourquoi, il faut s'interroger sur les cons&#233;quences possibles, &#224; plus long terme, de la crise actuelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* A plus long terme :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans jouer les devins, on en mentionnera seulement deux, qui sont d&#233;j&#224; bien r&#233;pertori&#233;es, la premi&#232;re de type &#233;conomique et la seconde de type g&#233;opolitique, pour garder toujours le m&#234;me balancement dans notre propos :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1-	Une stagnation longue, accompagn&#233;e de d&#233;flation :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On sait que le cr&#233;dit est bas&#233; sur la confiance. Or, la premi&#232;re caract&#233;ristique de la crise financi&#232;re actuelle et, en particulier, du r&#244;le de propagation que joue la &#171; titrisation &#187;, est que plus personne, dans le monde des affaires, ne fait plus confiance &#224; personne. Dans ces conditions, les investissements reposant sur un besoin &#233;vident de financement externe, c'est le volume du cr&#233;dit qui risque d'&#234;tre durement affect&#233;, m&#234;me avec des taux d'int&#233;r&#234;t proches de z&#233;ro (le &#171; credit crunch &#187; serait moins &#224; craindre &#224; court terme qu'&#224; long terme). C'est le sch&#233;ma en L, o&#249; la reprise ne s'effectue jamais, plut&#244;t que le sch&#233;ma en U, o&#249; cette reprise n'est jamais &#233;loign&#233;e de plus d'un ou deux ans ; ou, plus concr&#232;tement, c'est le &#171; syndrome japonais &#187;, qui &#233;tait l'&#233;conomie la plus dynamique de la plan&#232;te, jusque vers la fin des ann&#233;es 80, et qui, &#224; la suite de l'explosion d'une bulle financi&#232;re et immobili&#232;re proche de la crise actuelle, a connu un processus de d&#233;flation, durant 15 ans. Or, la d&#233;flation n'est pas, derri&#232;re l'apparence des mots, un ph&#233;nom&#232;ne sym&#233;trique de l'inflation : les prix &#233;tant normalement plus rigides &#224; la baisse, les ph&#233;nom&#232;nes de baisse des prix rev&#234;tent un caract&#232;re exceptionnel, qui induit l'attentisme g&#233;n&#233;ralis&#233; de tous les acteurs : puisque les prix baissent, il est rationnel de vendre le plus vite possible et d'acheter le plus tard possible. Ces comportements rationnels, au niveau des individus, tendent &#224; accentuer le processus de baisse g&#233;n&#233;rale des prix. Dans ce cas, il est particuli&#232;rement difficile de relancer l'&#233;conomie, parce que, comme le dit un vieux proverbe, &#171; il est plus facile d'emp&#234;cher un &#226;ne de boire que de le forcer &#187;. Keynes employait une autre image en parlant de &#171; trappe &#224; liquidit&#233; &#187; : il d&#233;montrait ainsi que la banque centrale pouvait baisser ses taux d'int&#233;r&#234;t et injecter des liquidit&#233;s, mais que si les agents &#233;conomiques, t&#233;tanis&#233;s par leurs anticipations n&#233;gatives, ne voulaient pas d&#233;penser, c'&#233;tait inefficace. Les japonais ont v&#233;rifi&#233; cela depuis les ann&#233;es 90 : malgr&#233; des taux d'int&#233;r&#234;t nuls, ou extr&#234;mement bas (ils sont encore de 0,5%), cela n'a pas suffi &#224; relancer l'&#233;conomie japonaise . Pire, m&#234;me une relance par les &#233;quipements publics, recommand&#233;s par Keynes dans ces conditions, a &#233;chou&#233;, sans qu'il soit facile de faire la part des malversations dues aux gouvernements de droite successifs dans cet &#233;chec, et d&#233;bouche aujourd'hui sur un endettement public gigantesque (170% du PIB contre 65% pour la France, que l'on pr&#233;tend abusivement mauvais &#233;l&#232;ve, alors qu'elle est dans la moyenne europ&#233;enne).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, une aversion durable pour le risque pourrait d&#233;boucher sur des &#171; esprits animaux &#187; longuement d&#233;prim&#233;s : c'est pourquoi nous avons &#233;crit que nous pourrions conna&#238;tre les ann&#233;es 30, sans &#234;tre pass&#233;s par la case 1929. Or, une telle d&#233;pression ne pourrait &#233;videmment qu'activer les tensions g&#233;opolitiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La mont&#233;e des conflits inter imp&#233;rialistes :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien entendu, l'ensemble des dimensions sociales, &#233;cologiques et d&#233;mocratiques, abord&#233; pr&#233;c&#233;demment, entreront en r&#233;sonance, pour le meilleur ou pour le pire, avec les cons&#233;quences &#233;conomiques et g&#233;opolitiques de la crise actuelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le risque de militarisation des antagonismes d&#233;pend &#233;videmment d'abord du comportement des principaux acteurs. Ici la responsabilit&#233; du choix entre conflit et coop&#233;ration est clairement hi&#233;rarchique : la responsabilit&#233; premi&#232;re est celle des USA (&#224; cet &#233;gard, la position de Mac Cain, en faveur de la poursuite de la guerre en Irak est compl&#232;tement d&#233;sastreuse) ; celle du secr&#233;tariat permanent du Parti Communiste Chinois est manifestement deuxi&#232;me ; on peut consid&#233;rer que celle de la prochaine administration Poutine-bis est troisi&#232;me ; en tant qu'europ&#233;ens, notre responsabilit&#233; n'est peut &#234;tre que quatri&#232;me, mais elle est n&#233;anmoins tr&#232;s importante, parce que notre capacit&#233; d'interm&#233;diation demeure importante, en particulier dans le fonctionnement et la r&#233;formes des organisations internationales : si nous sommes capables d'&#234;tre d'accord, avec le Br&#233;sil et l'Inde, avant de l'&#234;tre avec Washington ou P&#233;kin, nous pourrions changer le cours des &#233;v&#232;nements ! Pour &#234;tre franc, nous n'avons gu&#232;re confiance dans l'attitude spontan&#233;e des autorit&#233;s europ&#233;ennes, qui &#224; force de se rencontrer &#224; Bruxelles, se rapprochent de l'efficacit&#233; du gouvernement belge ! Par contre, leur faiblesse relative peut &#234;tre une force du mouvement altermondialiste : des gouvernements faibles sont plus faciles &#224; influencer par l'opinion publique, quand celle-ci est raisonnablement motiv&#233;e. Et puis la seule attitude civique n'est elle pas de se sentir co-responsable de ce qui se passe, plut&#244;t que de toujours affirmer que tout est de la faute des autres ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusions tr&#232;s provisoires&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous en proposerons trois :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1) La mondialisation en cours depuis un quart de si&#232;cle est caract&#233;ris&#233;e par l'h&#233;g&#233;monie politico-militaire am&#233;ricaine et par une accumulation financi&#232;re exacerb&#233;e, qui conna&#238;t, depuis la crise des pays &#233;mergents il y a moins de 10 ans, sa troisi&#232;me &#233;tape et d&#233;j&#224; l'&#233;puisement de celle-ci . Contrairement &#224; un discours paresseux, cette mondialisation a seulement lib&#233;r&#233; les forces de l'argent, mais elle n'a en fait rien de lib&#233;rale, tellement elle est porteuse d'autoritarisme politique, d'intol&#233;rance en tout genre et de bellicisme tout azimut. Nos raisons de la combattre sont &#224; la fois &#233;thiques, mais aussi r&#233;alistes, parce qu'il est &#233;vident que ce processus incontr&#244;l&#233; engendre des contradictions exponentielles, que ce soit dans l'ordre socio-&#233;conomique, dans l'ordre &#233;cologique, dans l'ordre civique et dans l'ordre de la guerre ou de la paix entre les nations et &#224; l'int&#233;rieur de celles-ci.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car, m&#234;me si les dates, les lieux et les formes d'une crise fatale sont impr&#233;dictibles, toutes les analyses d&#233;bouchent sur une conclusion tragiquement simple : plus l'actuelle mondialisation durera, plus elle finira mal ; par cons&#233;quent, plus il est urgent d'engager une strat&#233;gie de transformation de son cours, et cela dans l'ensemble de ses dimensions. A d&#233;faut d'&#234;tre capable de d&#233;crire imm&#233;diatement cette strat&#233;gie, il convient, &#233;vitant tout nihilisme et toute politique du pire, de rechercher, l&#224; encore, d&#232;s maintenant, des r&#233;gulations et les alliances susceptibles de les imposer : il s'agit donc d'esquisser les valeurs et les m&#233;canismes d'une nouvelle mondialisation, d&#233;barrass&#233;e de tout &#171; Empire &#187; et de toute souverainet&#233;, et qui serait fond&#233;e sur &#171; l'accumulation des droits &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2) La situation du monde est &#233;videmment beaucoup plus grave que ce que pr&#233;tendent les z&#233;lateurs de la mondialisation. La politique du pire s'&#233;tant toujours retourn&#233;e contre ses adeptes, on peut simplement souhaiter que les p&#233;rip&#233;ties actuelles n'entra&#238;nent pas un v&#233;ritable chaos, alors qu'il n'y a plus, dans les mois qui viennent, d'autres pilotes dans l'avion am&#233;ricain qu'une poign&#233;e d'irresponsables, toujours pr&#234;ts &#224; nous jouer un remake du Docteur Folamour &#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car la mondialisation ne pourra continuer &#224; &#234;tre ce qu'elle a &#233;t&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent. Plus elle durera, sous sa forme actuelle, plus cela finira mal pour tout le monde, &#224; commencer par les plus d&#233;favoris&#233;s, sur un mode qui pourrait &#234;tre encore pire que celui des ann&#233;es 1914-1945, l'&#233;poque des deux guerres mondiales, de la grande d&#233;pression des ann&#233;es 30, et aussi de Staline et d'Hitler. Quant aux circonstances &#224; venir des transformations in&#233;vitables de la mondialisation, l'analyse multidimensionnelle laisse la porte ouverte aux risques de catastrophe &#233;cologique plan&#233;taire, de guerre nucl&#233;aire, et/ou de d&#233;pression &#233;conomique et sociale mondiale : ainsi, parmi d'autres, du risque bien pr&#233;sent que la crise dite des subprimes ne d&#233;g&#233;n&#232;re ; le tout sur fond d'un autoritarisme politique croissant de type n&#233;o-orwellien, dont Poutine, Bush et Sarkozy mettent activement en place les &#233;l&#233;ments, chacun en fonction de l'histoire de leur pays et leur propre temp&#233;rament.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Autrement dit, plus on attendra pour mettre en place de nouvelles r&#233;gulations mondiales, plus violentes seront les issues, et cela dans touts les domaines : &#233;conomiques et sociaux ; sur le plan militaire, qui pourrait inclure l'emploi des armes nucl&#233;aires au proche Orient ou sur les voies chinoises d'approvisionnement ; sur le plan &#233;cologique, etc. Il est donc absolument urgent que partisans et adversaires du processus actuel de mondialisation abandonnent leur posture id&#233;ologique et commence &#224; coop&#233;rer, &#224; la recherche de nouvelles r&#233;gulations du syst&#232;me mondial, que ce soit dans le domaine &#233;cologique, financier, diplomatique ou autre. Ces nouvelles r&#233;gulations auront beaucoup d'adversaires, mais peuvent &#233;galement susciter un vaste r&#233;seau d'alliances, au-del&#224; des clivages habituels, tout simplement parce que la situation &#224; venir n'a rien d'habituelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3) Le progr&#232;s est une id&#233;e neuve &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire et la mondialisation est un processus irr&#233;versible. Personne ne peut imaginer s&#233;rieusement un retour en arri&#232;re, par retour &#224; la fragmentation ant&#233;rieure en empires et &#233;tats, jouissant, du moins formellement d'une totale souverainet&#233;. D'abord, parce que l'histoire n'ob&#233;it jamais &#224; cette analogie pass&#233;iste d'un film qu'il suffirait de tourner &#224; l'envers. Ensuite et surtout, parce que si les temps pr&#233;sents ont une dimension tragique, le si&#232;cle dernier ne le fut pas moins et que pour celui-ci il est de notre responsabilit&#233; collective et individuelle que les progr&#232;s culturels, scientifiques et techniques ouvrent &#224; toutes les femmes et &#224; tous les hommes des possibilit&#233;s d'&#233;panouissement sans pr&#233;c&#233;dent . Au XXI&#232;me si&#232;cle, on ne peut certes d&#233;cliner le concept de progr&#232;s comme lors des trois si&#232;cles pr&#233;c&#233;dents, o&#249; il ne cessa d'ailleurs d'&#233;voluer : il s'agit maintenant d'en d&#233;finir la signification nouvelle, qui donne tout son sens &#224; une nouvelle strat&#233;gie de transformation post-imp&#233;rialiste, d&#233;mocratique, sociale et &#233;cologique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Annexes :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Annexe 1 : L'&#233;volution de la financiarisation du monde conduit &#224; des rivalit&#233;s inter-imp&#233;rialistes
Annexe 2 : Les strat&#233;gies politiques fran&#231;aises, au stade du n&#233;o-imp&#233;rialisme
Annexe 3 : Les altermondialistes l'ont r&#234;v&#233;, les n&#233;o-imp&#233;rialistes l'ont fait !
Annexe 4 : Les exo-dollars
Annexe 5 : La transformation du syst&#232;me mon&#233;taire international&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Annexe 1
L'&#233;volution de la financiarisation du monde conduit &#224; des rivalit&#233;s inter-imp&#233;rialistes&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;sumons les 3 &#233;tapes de la mondialisation :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* Du d&#233;but de la d&#233;sinflation &#224; l'effondrement du syst&#232;me sovi&#233;tique, le pouvoir financier passe des d&#233;biteurs aux cr&#233;anciers : ce sont les ann&#233;es 80&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* Du d&#233;but des ann&#233;es 1990 aux crises asiatiques et russes, cette deuxi&#232;me &#233;tape est marqu&#233;e par l'extension d'un nouveau gouvernement des entreprises, fond&#233; sur la valeur actionnariale, et l'expansion du capitalisme dans les pays &#233;mergents.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* De la fin du XX&#232;me si&#232;cle &#224; la crise financi&#232;re pr&#233;sente, on a assist&#233; depuis pr&#232;s de 10 ans, &#224; la mont&#233;e en puissance de ces pays &#233;mergents, &#224; la naissance de l'euro et &#224; une concentration des d&#233;s&#233;quilibres financiers sur les Etats-Unis, contribuant &#224; miner leur h&#233;g&#233;monie (nous avons rendu compte de cette derni&#232;re &#233;tape dans la premi&#232;re partie du texte principal) .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1- Du pouvoir des d&#233;biteurs &#224; celui des cr&#233;anciers : les ann&#233;es 80&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* La politique de Volker et des autres banques centrales a atteint progressivement son premier objectif, le reflux de l'inflation. Ceci a entra&#238;n&#233; une hausse du co&#251;t du capital (dans ce cas, le co&#251;t r&#233;el des emprunts augmente, car les taux d'int&#233;r&#234;t commencent &#224; redescendre, mais moins rapidement que les taux d'inflation). On assiste ainsi &#224; une inversion des risques dominants : jusqu'ici, le risque pour les cr&#233;anciers &#233;tait d'&#234;tre rembours&#233; dans une monnaie d&#233;valu&#233;e ; c'&#233;tait celui de la d&#233;valorisation de leurs actifs. D&#233;sormais, le risque principal est celui de l'insolvabilit&#233; des d&#233;biteurs, et donc, du fait de cette crainte, la d&#233;gradation de la qualit&#233; des dettes : &#224; l'ancien souci d'&#234;tre pay&#233; en monnaie de singe succ&#232;de celui de ne plus &#234;tre rembours&#233; du tout ! Cette nouvelle forme de risques conduit &#224; des innovations financi&#232;res majeures, qui ont pour but de faire partager ce risque &#224; d'autres interm&#233;diaires contre une r&#233;mun&#233;ration, que l'on a fait payer par anticipation &#224; l'emprunteur final : pour celui-ci, le co&#251;t du cr&#233;dit en est donc d'autant plus &#233;lev&#233;. Il s'en suit une s&#233;rie de cons&#233;quences en cha&#238;ne, que nous nous contentons de rappeler au passage : la succession des crises financi&#232;res &#224; un rythme inconnu depuis les ann&#233;es 30 ; l'expansion de l'&#233;pargne institutionnelle (fonds de pension en autres) ; le d&#233;veloppement des march&#233;s d&#233;riv&#233;s de couverture et de transfert de risques ; le d&#233;veloppement des march&#233;s de titres et de la titrisation des cr&#233;dits&#8230;, entra&#238;nant une complexit&#233; et une opacit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent, qui font que l'intelligence globale du syst&#232;me finit par &#233;chapper, de leur aveu m&#234;me, &#224; ses principaux responsables. D'o&#249; les scandales actuels, qui ne viennent pas d'un trader fou, mais d'un syst&#232;me d'irresponsabilit&#233;, devenu fou de son trading et de ses m&#233;thodes de diss&#233;mination des risques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2- Primaut&#233; de la valorisation des actions et projection du capitalisme occidental dans les pays &#233;mergents : les ann&#233;es 90&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On assiste alors &#224; deux mutations tr&#232;s importantes, l'une au niveau des entreprises, l'autre &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* d'un c&#244;t&#233;, le changement de la structure de la propri&#233;t&#233; des entreprises et des modes de gouvernance, sous l'effet des restructurations provoqu&#233;es par la hausse du co&#251;t du capital. On assiste ainsi &#224; une transformation du &#171; business model &#187; : alors que jusque l&#224; pr&#233;valait encore, comme &#224; l'&#233;poque des trente Glorieuses (1945-1973), un partage interne, certes conflictuel, mais au bout du compte n&#233;goci&#233;, des gains de productivit&#233;, les capitalistes et les managers pr&#233;tendent d&#233;sormais s'affranchir de ces r&#232;gles sociales et politiques, autant qu'&#233;conomiques, pour un nouveau principe, qui consiste &#224; ne rien laisser en interne de ces gains (d'o&#249; la stagnation des salaires r&#233;els), pour aboutir &#224; la maximisation de la valeur des actions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On assiste ainsi &#224; une mont&#233;e de l'&#233;valuation comptable des performances et de la mesure des risques, en fonction de la valeur de march&#233;. Ceci conduit &#224; un taux de rendement financier exig&#233;, particuli&#232;rement &#233;lev&#233;, avec le plus souvent la d&#233;finition d'un pourcentage totalement arbitraire de 15%, qui est &#233;videmment aberrant d'un point de vue macro&#233;conomique de moyenne ou de longue p&#233;riode : si la masse des profits augmente de 15% par an, alors que la valeur ajout&#233;e globale ne cro&#238;t que de 5% (en additionnant la croissance du PIB et le taux d'inflation), il s'en suit une d&#233;formation continue de la r&#233;partition du revenu national au d&#233;triment des autres revenus, et principalement ceux du travail.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On observe effectivement une telle d&#233;formation, qui se heurte toutefois, non seulement aux r&#233;sistances sociales bien compr&#233;hensibles des salari&#233;s (qui sont les plus nombreux, ce qui en d&#233;mocratie constitue une question majeure), mais aussi &#224; des difficult&#233;s fonctionnelles de reproduction du syst&#232;me, du moins &#224; l'&#233;chelle des grandes nations d&#233;velopp&#233;es . En effet, les salaires servent pour l'essentiel &#224; financer les d&#233;penses de consommation : si on veut que celles-ci servent &#224; acheter de plus en plus de marchandises, la stagnation du pouvoir d'achat conduit &#224; d&#233;velopper sans cesse le cr&#233;dit, jusqu'&#224; pr&#234;ter &#224; des insolvables, ce qui peut sembler n'&#234;tre pas grave, si on peut vendre &#224; temps ces cr&#233;ances &#171; pourries &#187;, en les diss&#233;minant dans l'ensemble du syst&#232;me financier et, au-del&#224;, du corps social ! De leur c&#244;t&#233;, les profits servent surtout &#224; financer les investissements. Or, face &#224; une croissance molle, ils ne trouvent plus assez d'opportunit&#233;s internes dans les activit&#233;s productives traditionnelles, d'autant plus que les actionnaires imposent des rendements &#233;lev&#233;s &#224; court terme, ce qui r&#233;duit d'autant les placements possibles. D'o&#249; le fait de se lancer dans des sp&#233;culations de plus en plus risqu&#233;es, de plus en plus &#233;loign&#233;es, non seulement de leur lieu d'accumulation initial (&#224; travers les d&#233;localisations), mais aussi de plus en plus &#233;loign&#233;es de la pr&#233;servation de l'environnement, des r&#232;gles d&#233;mocratiques, et plus largement de la l&#233;galit&#233;&#8230; Les d&#233;localisations, les scandales financiers &#224; r&#233;p&#233;tition, le d&#233;veloppement des corruptions les plus diverses, les liens de plus en plus fr&#233;quents avec des r&#233;seaux maffieux sont les cons&#233;quences in&#233;luctables, pour ne pas dire syst&#233;miques, de ce type de mondialisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces strat&#233;gies de maximisation de la valeur des actions entra&#238;nent l'essor d'une haute bourgeoisie financi&#232;re internationale &#8211; vite cosmopolite -, qui extraie une rente de plus en plus &#233;lev&#233;e sur la valeur produite par la m&#233;diation du march&#233; boursier, &#224; travers une multitude de proc&#233;dures de plus en plus complexes : M&amp;A, rachat d'actions, private equity, stock options... Il en r&#233;sulte la mont&#233;e d'une &#171; hyper-richesse &#187;, non seulement scandaleuse sur le plan &#233;thique, mais d&#233;finitivement absurde quant ses b&#233;n&#233;ficiaires ne sachant plus quoi faire de leur argent se r&#233;fugient, au gr&#233; de leur envie du moment, dans les fondations caritatives , les &#238;les artificielles ou les voyages extra-plan&#233;taires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* On a assist&#233;, durant cette m&#234;me d&#233;cennie 90, &#224; une greffe de cette lib&#233;ralisation financi&#232;re dans quelques grands pays &#233;mergents, qui offraient des opportunit&#233;s consid&#233;rables, soit par leur masse de main d'&#339;uvre &#224; bon march&#233; (principalement en Asie), soit par l'importance de leurs ressources naturelles, principalement &#233;nerg&#233;tiques (pays arabes et Russie). Il faut ici faire attention &#224; des g&#233;n&#233;ralisations trop h&#226;tives : pour ne prendre que les deux pays les plus peupl&#233;s, la Chine et l'Inde, ils repr&#233;sentant de par leur poids et leur originalit&#233; propre, deux cas bien distincts ; de plus, leurs &#233;lites nationales sont loin d'avoir adopt&#233; un comportement comparable face &#224; &#171; l'offre de mondialisation &#187; qui leur est faite. Mais bien plus nombreux sont d&#233;sormais les pays qui suscitent d&#233;sormais des entr&#233;es de capitaux massives : la mondialisation financi&#232;re para&#238;t alors d&#233;passer un certain seuil d'irr&#233;versibilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Durant cette m&#234;me &#233;tape, une s&#233;rie d'autres changements sont venus modifi&#233;s progressivement le visage de la mondialisation, tel qu'il se pr&#233;sentait au cours de la d&#233;cennie 80 :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; On r&#233;sout alors, toujours &#224; l'initiative de l'administration am&#233;ricaine (Baker, Brady), le probl&#232;me de la quasi-faillite de nombreux pays, en particulier celle des 3 grands pays latino-am&#233;ricains, par la transformation de leurs dettes souveraines en titres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La banque mondiale et les institutions financi&#232;res internationales, domin&#233;es par les USA, forcent les pays &#233;mergents &#224; une ouverture rapide de leurs syst&#232;mes financiers ; de m&#234;me, elles obligent les pays endett&#233;s &#224; des &#171; ajustements structurels &#187;, c'est-&#224;-dire, pour l'essentiel, &#224; des mesures anti-sociales, pour ne pas dire inhumaines. Comme celles-ci s'av&#233;reront dans l'ensemble inefficaces, la plupart de ces institutions pr&#233;tendent aujourd'hui, face &#224; la mont&#233;e des mouvements de protestation, de plus en plus souvent s'en repentir. Mais, le nombre de conditionnalit&#233;s de leurs pr&#234;ts &#224; continuer &#224; prolif&#233;rer, quitte &#224; ne plus &#234;tre appliqu&#233;es par les emprunteurs dans un nombre impressionnant de cas, suivant m&#234;me les rapports les plus r&#233;cents de ces institutions : en tout &#233;tat de causes, le mal d&#233;j&#224; fait est difficilement r&#233;versible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; On a mis en &#339;uvre, dans nombre de pays en transition, une privatisation syst&#233;matique des actifs publics : un vrai r&#233;gal pour quelques ploutocrates locaux, associ&#233;s plus ou moins louches de la grande finance internationale, et trop souvent m&#234;me des maffias internationales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus largement, cela a &#233;t&#233; l'&#233;poque de ce que l'id&#233;ologie lib&#233;rale a appel&#233; des &#171; th&#233;rapies de choc &#187;. L'ennui, c'est que ces chocs ont cr&#233;&#233; de graves traumatismes, en tout genre (cf. infra), et que les th&#233;rapies, non seulement n'ont pas gu&#233;ri les malades, mais les ont souvent rendu plus malades encore.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#233;sultat de cet ensemble de d&#233;r&#233;gulations, que l'on a qualifi&#233; de fa&#231;on perverse de &#171; r&#233;formes lib&#233;rales &#187; (alors qu'il ne s'agissait que d'assurer l'impunit&#233; des exploiteurs), a d'abord &#233;t&#233; une p&#233;riode d'euphorie financi&#232;re (1991-1997). La crise obligataire de 1994 (r&#233;percut&#233;e au Mexique) l'a peu ralenti, car on a observ&#233; un reflux de l'inflation et des taux d'int&#233;r&#234;t &#224; partir de la mi-1995. Finalement, on note vers la fin de cette deuxi&#232;me p&#233;riode, une baisse massive de l'aversion pour le risque, qui correspond &#224; une phase de croissance plus rapide des investissements et de l'activit&#233;, du d&#233;veloppement des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC, dont on pr&#233;tendra faire une &#171; nouvelle &#233;conomie &#187;) et &#224; une abondance du cr&#233;dit, qui va gonfler le financement ult&#233;rieur de l'&#233;conomie mondiale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Annexe 2 :
Les strat&#233;gies politiques fran&#231;aises, au stade du n&#233;o-imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toute la politique fran&#231;aise, dans le cadre de sa souverainet&#233; certes limit&#233;e, mais n&#233;anmoins r&#233;elle (&#171; nos marges de man&#339;uvre &#187;), ne peut &#234;tre cr&#233;dible que si elle est coh&#233;rente avec la conception que l'on se fait de la place et du r&#244;le que notre pays peut et doit avoir dans ce monde en pleine &#233;volution. Il existe aujourd'hui dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, comme dans nombre de ses semblables, implicitement, mais profond&#233;ment, trois conceptions qui s'affrontent ou se rejoignent, suivant la mani&#232;re dont la mondialisation nous interpelle :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; les anti-mondialistes pr&#244;nent le retour au primat de la nation. A d&#233;faut de pouvoir &#234;tre autarcistes, ils sont au moins protectionnistes. A droite, ils se m&#234;lent de relents x&#233;nophobes racistes, qui les poussent vers les extr&#234;mes. A gauche, jouant des vieilles ambigu&#239;t&#233;s des rapports entre le patriotisme et la question sociale, ils pr&#233;f&#232;rent se d&#233;signer comme souverainistes. Car c'est l'attachement &#224; ce concept h&#233;rit&#233; de la nuit des temps et que les premiers mouvements r&#233;volutionnaires ne surent que r&#233;cup&#233;rer &#224; leur profit, sans pouvoir le d&#233;passer, qui fonde leur philosophie politique : la souverainet&#233; nationale poss&#233;derait seule une l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique, ergo, quelle que soit la question pos&#233;e par la mondialisation, leur r&#233;ponse est non, puisqu'il ne s'agirait pas d'un espace l&#233;gitime, pas plus que l'Europe elle-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Les tenants du &#171; n&#233;o-lib&#233;ralisme &#187; (que je pr&#233;f&#232;re appeler n&#233;o-imp&#233;rialisme) pr&#233;tendent nous faire croire qu'il n'existe pas d'autre forme de mondialisation que celle qui se d&#233;veloppe actuellement, Les tenants de cette pens&#233;e, qui se veut unique, ont toutefois deux variantes politiques &#224; leur disposition, qu'ils habillent dans leur pr&#233;f&#233;rence pour le bipartisme : l'une, plus volontariste, d'o&#249; ses tendances autoritaires, pense qu'il faut acc&#233;l&#233;rer l'adaptation du pays &#224; cette mondialisation : c'est elle qui vient de prendre le pouvoir en France avec Sarkozy ; l'autre, de tendance plus sociale, pense qu'il faut accompagner cette &#171; modernisation &#187;, dans le cadre d'une alternance politique apais&#233;e : elle tente p&#233;niblement d'organiser pour le moment une nouvelle &#171; troisi&#232;me force &#187;, qui deviendrait une opposition cr&#233;dible, &#224; vocation gouvernementale classique. Mais au fond, partisans d'une droite dure ou d'un centre gauche mou, ont en commun l'id&#233;e que l'enjeu de notre &#233;poque est de s'adapter au monde tel qu'il va, alors que le d&#233;fi des temps prochains est tout au contraire de contribuer &#224; le changer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La gauche altermondialiste, qui est n&#233;e au tournant du si&#232;cle fait valoir que la mondialisation en cours est fond&#233;e sur l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine et sur la globalisation financi&#232;re, et qu'elle ne peut aller qu'en se d&#233;gradant. Elle soutient donc que les principales questions qui se posent, en France, comme dans tous les autres pays, sont plut&#244;t de savoir combien de temps encore elle se poursuivra, et comment l'humanit&#233; en sortira. Mais pour cela, elle se doit d'approfondir son analyse des principales cons&#233;quences de cette nouvelle h&#233;g&#233;monie, l'&#233;mergence de sa crise et la strat&#233;gie de transformation qu'elle entend mettre en &#339;uvre pour la d&#233;passer, dans un sens progressiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Annexe 3 : Un autre monde est (toujours) possible : les altermondialistes l'ont r&#234;v&#233;, les n&#233;o-imp&#233;rialistes le font !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Malgr&#233; ses progr&#232;s &#233;vidents, depuis sa naissance, il y a environ 10 ans (cf. le r&#233;cent article de G. Massiah, C. Whitaker,&#8230;, dont je partage l'essentiel de l'analyse), le mouvement altermondialiste reste abusivement marqu&#233; par le contexte historique de sa fondation. C'&#233;tait l'&#233;tape de l'hyper-puissance nord-am&#233;ricaine, o&#249; elle semblait capable de dominer la plan&#232;te enti&#232;re ; l'&#233;mergence de n&#233;o-imp&#233;rialismes &#233;mergents, capables de contester cette hyper-puissance semblait d'autant moins probable, que les crises en cascade s'y succ&#233;daient : de l'Asie &#224; l'Argentine, en passant par la Russie. Il en a r&#233;sult&#233; une vulgate domin&#233;e par l'anti-am&#233;ricanisme et par un anti-lib&#233;ralisme, sous-estimant depuis lors la mont&#233;e de nouvelles contradictions et rendant impossible la d&#233;finition d'une strat&#233;gie de transformation et des alliances susceptibles de la mettre en &#339;uvre. Pour n'en donner que deux illustrations :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Pour autant que la g&#233;opolitique importe, est ce la m&#234;me chose d'avoir &#224; Washington, Bush (ou un de ses clones), H. Clinton ou Obamah, pour &#233;viter le renforcement d'un glacis &#171; atlantiste &#187; belliciste, et la n&#233;gociation de nouvelles r&#233;gulations, notamment &#224; travers la transformation du syst&#232;me des Nations Unies et des grands organismes &#233;conomiques, financiers ? Quelles analyses peut on faire, des &#233;volutions japonaise, indiennes, chinoises, russes et des p&#233;tromonarchies arabes, pour ne parler que des nouveaux centres d'accumulation financi&#232;re ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Qualifier l'adversaire de &#171; lib&#233;ral &#187; est plus qu'une erreur, c'est une faute que le d&#233;roulement de l'histoire rend de plus en plus grave. Car l'id&#233;ologie dominante a tout &#224; gagner &#224; se confondre avec l'optimisme conservateur des XVIII&#232;me et XIX&#232;me si&#232;cles, celui du laisser-faire, laisser-passer, qui se &#171; contentait &#187; d'ignorer la question sociale ou de la croire soluble dans la croissance &#233;conomique. Cette id&#233;ologie est morte de son incapacit&#233; &#224; r&#233;pondre aux drames des ann&#233;es 30 et ce qui s'est difficilement reconstitu&#233; dans les ann&#233;es 50 et 60 est une toute autre id&#233;ologie, qui essaie de sauver de l'ancienne, le noble concept de &#171; libert&#233; &#187; : le n&#233;o-lib&#233;ralisme est une doctrine pessimiste, qui sait que les march&#233;s sont spontan&#233;ment tr&#232;s imparfaits et qui pr&#244;nent une politique r&#233;actionnaire, fond&#233;e sur des &#171; r&#233;formes de structures &#187;, qui constituent autant de contre-r&#233;formes, cherchant &#224; casser tous les compromis sociaux p&#233;niblement acquits depuis un si&#232;cle, au pr&#233;texte d'imposer dans la r&#233;alit&#233; le mythe fou de la &#171; concurrence pure et parfaite &#187;. Certes, quand on qualifie cette nouvelle id&#233;ologie totalitaire dans son essence de n&#233;o-lib&#233;rale, on &#233;vite de la confondre avec son archa&#239;que devanci&#232;re ; &#224; ceci pr&#232;s qu'on oublie de dire qu'elle est la v&#233;ritable ennemie des libert&#233;s, un n&#233;o-autoritarisme, ou plut&#244;t pour rappeler son lien fonctionnel avec l'accumulation financi&#232;re, un n&#233;o-imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Annexe 4 : Les exo-dollars&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On ne peut penser la globalisation financi&#232;re sans recourir &#224; la globalisation des concepts : c'est pourquoi nous proposons d'appeler exo-dollars, l'ensemble des dollars d&#233;tenus par des non-r&#233;sidents am&#233;ricains.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceux-ci sont en droit d'en r&#233;clamer &#224; tout moment le remboursement dans la monnaie de leur choix et les Etats-Unis, sauf &#224; cr&#233;er une crise financi&#232;re sans &#233;gale depuis 1929, auraient la stricte obligation d'honorer leurs dettes,&#8230; ce qui leur serait impossible de faire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les risques g&#233;opolitiques, qui d&#233;coulent de cette situation, sont &#233;videmment si consid&#233;rables que la question n'est pas de savoir comment s'adapter &#224; l'actuelle mondialisation (que l'on peut d&#233;finir comme fond&#233;e sur une accumulation financi&#232;re, reposant sur l'h&#233;g&#233;monie g&#233;opolitique am&#233;ricaine), mais comment contribuer &#224; la transition vers une autre mondialisation, r&#233;gul&#233;e et multipolaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Annexe 5 : La transformation du syst&#232;me mon&#233;taire international&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;gulation des changes et r&#233;forme du Fonds Mon&#233;taire International&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le risque d'effondrement brutal du dollar est devant nous, s'il ne s'est pas encore produit avant que cet article ne soit diffus&#233;. Ce risque existe de fait depuis la cr&#233;ation de l'euro, puisqu'il est logique que tous ceux qui d&#233;tenaient jusque l&#224; la seule monnaie cl&#233; diversifient d&#233;sormais leurs actifs, en vendant de la monnaie am&#233;ricaine pour acheter de la nouvelle monnaie europ&#233;enne. Longtemps, ce risque a &#233;t&#233; contenu : la nouvelle monnaie n'&#233;tait pas encore cr&#233;dible ; les performances macro&#233;conomiques am&#233;ricaines &#233;taient meilleures. Mais maintenant que l'incontinence de la politique de Washington devient &#233;vidente pour tous, un affaiblissement consid&#233;rable du dollar est in&#233;luctable et il risque m&#234;me de prendre l'allure d'une d&#233;b&#226;cle, si la sp&#233;culation financi&#232;re se d&#233;place des cibles qu'elle a satur&#233;es (immobilier, actions, mati&#232;res premi&#232;res, etc.) vers les march&#233;s des changes ; elle aurait d'ailleurs de bonnes raisons pour le faire, en observant le retard des r&#233;actions des principales autorit&#233;s mon&#233;taires, qui interviennent toujours trop tard et d'une fa&#231;on totalement cacophonique : la Fed (Federal Reserve Board am&#233;ricain) finit toujours par surr&#233;agir, quand la Banque Centrale Europ&#233;enne sous emploie en permanence ses moyens d'intervention, comme t&#233;tanis&#233;e par son id&#233;ologie mon&#233;tariste et les contradictions de ses membres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Personne ne peut se satisfaire de l'aggravation des d&#233;sordres en cours, sauf &#224; tomber dans l'irresponsabilit&#233; des politiques du pire : il nous faut donc, en tant que citoyens actifs, ne pas nous contenter de r&#233;sister, mais &#234;tre capables de proposer ; ne plus chercher &#224; nous r&#233;chauffer entre nous, mais analyser froidement les rapports de forces mondiaux et les alliances possibles ; ne plus nous contenter de nos l&#233;gitimes luttes locales, mais nous m&#234;ler de la finance internationale. Le pr&#233;sent article essaie d'y contribuer&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* *&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une relative stabilit&#233; des taux de change entre les monnaies (autrement dit, une volatilit&#233; limit&#233;e entre elles) est unanimement reconnue comme n&#233;cessaire pour les &#233;changes commerciaux et financiers. D&#232;s lors que l'instabilit&#233; s'av&#232;re particuli&#232;rement forte, la question se pose alors de savoir quels pays doivent intervenir sur un march&#233; des changes, qui est aujourd'hui mondialis&#233;, et dans quelles conditions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les r&#233;gimes de change : de la th&#233;orie &#224; la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la th&#233;orie standard, deux syst&#232;mes de change sont oppos&#233;s de fa&#231;on bipolaire :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; le syst&#232;me de change fixe conduit les autorit&#233;s mon&#233;taires d'un pays (gouvernement et/ou banque centrale ) &#224; acheter ou vendre sa monnaie contre des monnaies &#233;trang&#232;res, de fa&#231;on &#224; &#233;quilibrer les quantit&#233;s offertes et demand&#233;es de sa monnaie, au prix (taux de change) pr&#233;-&#233;tabli.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; le syst&#232;me de change flottant ou flexible, dans lequel les autorit&#233;s mon&#233;taires n'interviennent pas et o&#249; le taux de change varie au gr&#233; des op&#233;rations, commerciales et surtout financi&#232;res) de tous les agents nationaux ou &#233;trangers &#224; la zone mon&#233;taire consid&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les r&#233;gimes de change historiquement constitu&#233;s sont toujours moins caricaturaux que les syst&#232;mes th&#233;oriques d&#233;finis pr&#233;c&#233;demment. Pour s'en tenir &#224; l'essentiel :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* Les r&#233;gime de change fixe, qui ont pr&#233;valu apr&#232;s les accords de Bretton Woods (entre 1944 et 1971-73) et qui ont plus ou moins perdur&#233; entre pays europ&#233;ens jusqu'&#224; la fin de 1998, comportaient deux &#233;l&#233;ments de variation :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; en premier lieu, les taux de change &#233;taient &#171; ajustables &#187; : c'est-&#224;-dire qu'ils pouvaient &#234;tre chang&#233;s, normalement apr&#232;s une n&#233;gociation, puisque le taux de change d'une monnaie dans une autre est &#224; l'&#233;vidence logiquement l'inverse de celui de la seconde dans la premi&#232;re ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; en second lieu, une marge de fluctuation autour de la parit&#233; &#171; fixe &#187; de r&#233;f&#233;rence &#233;tait admise pour limiter les interventions des autorit&#233;s face &#224; de (relativement) faibles variations de change. Ainsi, de fa&#231;on assez habituelle, on consid&#233;rait que le taux de change &#233;tait fixe, &#224; 2, 5% pr&#232;s. Bien qu'il n'y ait pas plus de justification pour ce pourcentage qu'un autre, il comporte &#233;videmment une diff&#233;rence de nature avec celui de plus ou moins 15%, qui, de guerre lasse, avait &#233;t&#233; adopt&#233; dans les ann&#233;es 90 entre les pays europ&#233;ens, candidats &#224; la future monnaie unique. Sans forcer le trait, on peut consid&#233;rer que le premier pourcentage d&#233;finit un r&#233;gime &#171; quasi-fixe &#187; et ajustable ; le second, un r&#233;gime &#171; quasi-flottant &#187;, qui a &#233;videmment moins souvent besoin d'&#234;tre ajust&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* Les r&#233;gimes de change flottants, qui sont devenus pr&#233;dominants entre les pays les plus d&#233;velopp&#233;s depuis les ann&#233;es 70, n'interdisent pas les interventions des autorit&#233;s mon&#233;taires. D&#233;j&#224;, celles-ci influencent les cours par leurs d&#233;clarations ; puis, des variations des taux d'int&#233;r&#234;t &#224; court terme, administr&#233;s par les banques centrales, peuvent esp&#233;rer modifier les comportements de placements et, par l&#224; m&#234;me l'&#233;quilibre entre l'offre et la demande des diff&#233;rentes devises ; ensuite, des achats ou ventes ponctuels de devises peuvent &#234;tre faits, sans aller jusqu'&#224; garantir une parit&#233; donn&#233;e ; enfin, dans les circonstances les plus difficiles, ces interventions peuvent &#234;tre coordonn&#233;es, y compris entre pays haussiers et baissiers, soit lors d'une rencontre solennelle (conf&#233;rences du Plaza Hotel et du Louvre, dans les ann&#233;es 80), soit par des communiqu&#233;s communs ou similaires (en 2001, lorsque le jeune Euro, tomb&#233; aux alentours de 0,84 dollar, pouvait donner l'impression de s'effondrer) : l'exp&#233;rience a d'ailleurs montr&#233; que ces interventions multilat&#233;rales avaient &#233;t&#233; efficaces. Il serait donc plus juste de parler de r&#233;gimes de &#171; change flottants et surveill&#233;s &#187;, pour d&#233;crire la r&#233;alit&#233; contemporaine entre les devises des pays les plus d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En pratique, on comprend qu'il n'existe pas de diff&#233;rence essentielle entre un r&#233;gime dit fixe, o&#249; une parit&#233; peut varier d'environ 30% (par exemple de moins 15% &#224; plus 15%, autour de la parit&#233; &#171; officielle &#187;), sans assurer d'intervention des autorit&#233;s mon&#233;taires, et un r&#233;gime dit flottant, mais surveill&#233; : il est m&#234;me possible que les autorit&#233;s mon&#233;taires interviennent, avant m&#234;me qu'une fluctuation d'une telle ampleur soit constat&#233;e, rendant le second plus stable que le premier, en termes de variations observ&#233;es ! Des &#233;conomistes de tradition interventionniste peuvent m&#234;me trouver une sup&#233;riorit&#233; de principe au r&#233;gime actuel, dans la mesure o&#249; l'incertitude cr&#233;&#233;e par les autorit&#233;s mon&#233;taires sur leurs seuils d'intervention complique la tache des sp&#233;culateurs, toujours avides de tester leurs capacit&#233;s de r&#233;sistance, quand on approche des seuils qu'elles sont oblig&#233;es de d&#233;fendre dans un r&#233;gime de change fixe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question essentielle est donc moins de savoir quel est le syst&#232;me de change de r&#233;f&#233;rence (fixe ou flexible) que de se demander si des interventions publiques peuvent &#234;tre efficaces, quand la sp&#233;culation se d&#233;cha&#238;ne &#224; propos d'une monnaie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peut-on lutter contre la sp&#233;culation sur les devises ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'argument le plus souvent avanc&#233; pour justifier l'absence totale d'intervention devant les fluctuations de march&#233; repose sur la disparit&#233; des moyens disponibles entre d'une part les acteurs priv&#233;s sur les march&#233;s de devises et d'autre part les banques centrales. Ce constat d'impuissance doit &#234;tre toutefois largement nuanc&#233;. D'un c&#244;t&#233;, les masses colossales des op&#233;rations sp&#233;culatives ne correspondent pas &#224; un seul agent qui aurait un comportement homog&#232;ne : ce n'est donc pas l'addition de ces transactions qui doit &#234;tre faite, mais la soustraction entre ceux qui sp&#233;culent dans un sens et ceux qui sp&#233;culent dans l'autre : la question qui se pose aux autorit&#233;s mon&#233;taires de l'ensemble des pays, car cette responsabilit&#233; ne peut &#234;tre que partag&#233;e, est de ne pas laisser se d&#233;velopper une situation, o&#249; l'&#233;cart entre les agents haussiers et baissiers devient trop important ; de l'autre c&#244;t&#233;, ce qui est vrai d'un petit pays pauvre, l'est &#233;videmment beaucoup moins d'un grand pays riche, ou a fortiori d'une coalition des banques centrales de toute une zone mon&#233;taire (il &#233;tait plus facile d'attaquer l'escudo qu'aujourd'hui l'euro) ; enfin, et surtout, la n&#233;cessit&#233; d'assurer une contrepartie face &#224; une pouss&#233;e sp&#233;culative est certes limit&#233;e par les montants des r&#233;serves et des lignes de cr&#233;dits disponibles d'une zone mon&#233;taire, dont la devise est attaqu&#233;e &#224; la baisse, serait elle la zone euro ou m&#234;me la zone dollar. Mais cette contrainte n'existe pas pour le pays ou la zone dont la monnaie est demand&#233;e et qui peut en cr&#233;er autant que n&#233;cessaire : nous ne sommes plus &#224; l'&#233;poque de la monnaie m&#233;tallique et la seule limite &#224; l'intervention de l'ensemble des autorit&#233;s mon&#233;taires des pays &#171; haussiers &#187; est donc leur d&#233;termination politique. A cet &#233;gard, le Japon, la Chine et les autres pays &#233;mergents ont apport&#233; depuis une dizaine d'ann&#233;es une d&#233;monstration &#233;vidente de leur capacit&#233; &#224; offrir leur propre devise, au prix de leur choix, par cr&#233;ation mon&#233;taire, maintenant ainsi une faible parit&#233; de leur monnaie. Les am&#233;ricains et autres europ&#233;ens ont beau crier qu'il s'agit l&#224; d'une solution artificielle, ils oublient tout simplement qu'il n'existe rien de &#171; naturel &#187; dans les m&#233;canismes de change : elles sont toujours le produit historique de rapports g&#233;opolitiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le fait est donc d&#233;montr&#233; que les pays &#171; haussiers &#187;, dont la devise est demand&#233;e, sous l'action des op&#233;rateurs priv&#233;s, peuvent toujours d&#233;courager ceux-ci. A fortiori, une action concert&#233;e des autorit&#233;s mon&#233;taires des autorit&#233;s haussi&#232;res et &#171; baissi&#232;res &#187; est certaine d'&#234;tre efficace. Bien entendu, les sp&#233;culateurs le savent fort bien. Autrement dit, il suffit d'une d&#233;claration conjointe ou similaire des uns et des autres : les agents sp&#233;culateurs, pris en &#171; cisaille &#187; et peu d&#233;sireux de perdre de l'argent, en continuant &#224; prendre des positions &#224; d&#233;couvert, qui deviendraient trop risqu&#233;es pour eux, se trouvent dissuad&#233;s. En d'autres termes, si une variation de changes est de nature purement sp&#233;culative, il n'y aura m&#234;me pas besoin de fortes interventions des autorit&#233;s mon&#233;taires pour y mettre fin. Par contre, s'il s'agit d'un mouvement affectant les fondements des &#233;conomies consid&#233;r&#233;es (par exemple, des variations rapide de la productivit&#233;), la variation ordonn&#233;e des parit&#233;s est g&#233;n&#233;ralement pr&#233;f&#233;rable et n'obligera pas dans ce cas &#224; engager des r&#233;serves importantes. Sans doute n'est-il pas toujours ais&#233; de juger de la part respective de ces deux types de mouvements. C'est pourquoi une coop&#233;ration permanente entre les autorit&#233;s de toutes les grandes zones est &#233;videmment pr&#233;f&#233;rable &#224; des initiatives &#171; en catastrophe &#187;, dont la communication mal contr&#244;l&#233;e peut s'av&#233;rer fortement contre-productive : par exemple, une annonce non cr&#233;dible conduit les op&#233;rateurs &#224; penser que la situation est encore pire que ce qu'ils anticipaient et les conduit &#224; nourrir la sp&#233;culation en cours, ou &#224; se d&#233;tourner vers une autre&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les pressions inflationnistes cr&#233;&#233;es par la cr&#233;ation de monnaie des pays exc&#233;dentaires :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un autre argument usuel pour justifier la passivit&#233; des autorit&#233;s mon&#233;taires des pays exc&#233;dentaires est d'affirmer que ces interventions seraient inflationnistes, puisqu'elles reposent sur une cr&#233;ation ex nihilo de monnaie locale. Il faut &#224; cet &#233;gard distinguer les risques internes et internationaux : on ne peut pas soutenir qu'un tel processus d'intervention par cr&#233;ation mon&#233;taire soit &#224; proprement parler inflationniste pour le pays concern&#233;, d&#232;s lors qu'il choisit de &#171; st&#233;riliser &#187; les devises accumul&#233;s, c'est-&#224;-dire ne les r&#233;injecte pas dans sa propre &#233;conomie : si ce risque d'inflation nationale existait (du fait, par exemple d'une d&#233;faillance du syst&#232;me de st&#233;rilisation), on l'aurait observ&#233; au Japon, qui ne cesse de pratiquer ce type d'intervention et qui demeure pourtant toujours au bord de la d&#233;flation, depuis maintenant pr&#232;s de 20 ans. Par contre, si cette politique d'intervention est poursuivie de mani&#232;re syst&#233;matique sur de longues p&#233;riodes (5 ou 10 ans) par une partie importante de l'&#233;conomie mondiale (pratiquement l'ensemble des pays &#233;mergents, en plus des p&#233;tromonarchies, du Japon et la Norv&#232;ge), le danger inflationniste s'accro&#238;t effectivement, car la cr&#233;ation mon&#233;taire suppl&#233;mentaire qui en r&#233;sulte &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te, n'est pas spontan&#233;ment en phase avec le d&#233;veloppement des capacit&#233;s productives, en particulier pour l'ensemble des produits de base (&#233;nergie, mati&#232;res premi&#232;res et produits alimentaires), et cela d'autant plus que les contraintes &#233;cologiques se font l&#233;gitimement plus fortes. Comme on l'observe actuellement, il en r&#233;sulte une inflation par exc&#232;s de la demande mondiale, qui prend paradoxalement la forme d'une inflation par les co&#251;ts, pour chaque pays pris s&#233;par&#233;ment, et qui est particuli&#232;rement dramatique dans les m&#233;gapoles des pays du sud. Mais cette inflation mondiale ne doit&#8211;elle pas &#234;tre principalement imput&#233;e aux pays qui consomment trop (en particulier, les USA), plut&#244;t qu'&#224; ceux qui &#233;pargnent le plus (les pays &#233;mergents) ? Pour en discuter utilement, l&#224; encore, une v&#233;ritable instance l&#233;gitime de coordination mondiale s'impose.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La coordination des autorit&#233;s mon&#233;taires des grandes zones est essentielle :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le passage progressif d'un syst&#232;me mon&#233;taire et financier mono stellaire, autour du dollar-soleil et le benign neglect m&#233;prisant qui l'accompagnait (&#171; le dollar est notre monnaie, mais c'est votre probl&#232;me &#187;) est aujourd'hui d&#233;pass&#233; : Washington n'a plus les moyens, quelque soit son pr&#233;sident, de se moquer d'un brutal d&#233;crochage du dollar. De facto, le syst&#232;me mon&#233;taire international est devenu de fait bi stellaire, comme l'esp&#233;raient ceux qui militaient pour la cr&#233;ation de l'euro ; sans doute, une des deux &#233;toiles demeure plus grosse que l'autre, mais c'est elle qui est aujourd'hui directement menac&#233;e, et qui nous menace &#233;videmment par contrecoup. Mais surtout, ce syst&#232;me ne peut devenir que pluri stellaire, car la solution ne peut simplement consister &#224; faire payer les seuls europ&#233;ens pour les errements am&#233;ricains : il ne peut y avoir de solutions viables, qui n'associent la plus grande partie des grands pays exc&#233;dentaires. C'est pourquoi, l'ensemble des grandes &#233;conomies &#233;mergentes et fortement exc&#233;dentaires n'est pas le probl&#232;me, mais une partie de la solution. Car, si les rem&#232;des imm&#233;diats &#224; la crise financi&#232;re, comme la mise en &#339;uvre de solutions p&#233;rennes, doivent &#234;tre multilat&#233;raux, une instance permanente de coordination s'impose &#224; l'&#233;vidence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est &#224; peine n&#233;cessaire d'ajouter que celle-ci sera d'autant plus efficace, qu'elle appara&#238;tra l&#233;gitime. Autrement dit, la gouvernance mondiale est ici directement questionn&#233;e et personne ne peut imaginer que la Chine, l'Inde ou m&#234;me la Russie et les p&#233;tromonarchies viennent partager le &#171; fardeau de l'homme blanc &#187;, dans le cadre d'un G7, plus ou moins &#233;largi, ou d'un FMI, se livrant &#224; des r&#233;formes &#171; cosm&#233;tiques &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un nouveau FMI, sous l'&#233;gide des Nations Unies :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien entendu, on peut imaginer pour la mise en place d'un nouveau r&#233;gime de change r&#233;gul&#233;, impliquant les grandes zones mon&#233;taires, un nombre quasi ind&#233;fini de proc&#233;dures pour y parvenir, puis d'instances pour appliquer les d&#233;cisions qui en r&#233;sulteraient. Pour frapper les esprits (mais est ce bien n&#233;cessaire dans un domaine o&#249; les crises de nerf des sp&#233;culateurs font plus de mal que de bien ?), on a pu &#233;voquer un &#171; nouveau Bretton Woods. Toutefois, le crit&#232;re de l&#233;gitimit&#233;, consid&#233;r&#233; comme co-substantiel &#224; celui d'efficacit&#233;, conduit &#224; penser que la nouvelle instance devrait faire partie du syst&#232;me g&#233;n&#233;ral des Nations Unies, pour au moins trois raisons :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; tous les pays du monde, grands et petits, riches ou pauvres, seraient concern&#233;s ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; les d&#233;cisions mon&#233;taires ne seraient plus prises ind&#233;pendamment de l'ensemble des autres politiques ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; ceci permettrait d'inscrire &#233;galement dans ce nouveau cadre de l&#233;gitimit&#233; internationale les autres instances &#233;conomiques (Banque Mondiale, BRI, OMC) : devenus demandeurs, les &#171; vainqueurs de 1944 &#187; n'auraient plus les m&#234;mes moyens de s'opposer &#224; de r&#233;formes en profondeur, refl&#233;tant le nouvel &#233;tat du monde ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; cela donnerait ainsi du &#171; grain &#224; moudre &#187; &#224; la r&#233;forme m&#234;me de l'ONU, dans son ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce FMI nouvelle mani&#232;re (en fait la question de savoir si on doit se servir de l'acquit de l'ancien ou faire une cr&#233;ation ex-nihilo est une question pragmatique, qui d&#233;pend logiquement de la capacit&#233; de coop&#233;ration de la structure actuelle &#224; son propre d&#233;passement), la question du droit de vote est moins importante qu'on ne le croit parfois dans la mesure o&#249; le FMI ancien, ou nouveau, ne formule que tr&#232;s peu de d&#233;cisions contraignantes. La dimension consensuelle de son activit&#233; serait d'ailleurs renforc&#233;e, si son nouveau processus de d&#233;lib&#233;ration &#233;tait rel&#233;gitim&#233;e. De ce point de vue, il est &#233;vident qu'il ne plus ob&#233;ir &#224; sa pond&#233;ration capitaliste d'origine, &#224; la fois pour des raisons &#233;thiques et pour des raisons pratiques (les modifications &#224; apporter seraient trop importantes). On peut penser qu'une pond&#233;ration, r&#233;visable tous les 10 ans, en fonction d'un indicateur synth&#233;tique (par exemple celui de la CNUCED) devrait pouvoir &#234;tre accept&#233;e. Au demeurant, la r&#232;gle actuelle de majorit&#233; de 85% (fix&#233;e pour assurer le droit de veto aux seuls Etats-Unis) donnerait des pouvoirs de n&#233;gociation &#233;quivalent &#224; toutes les grandes zones du monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une telle transformation de l'ordre mon&#233;taire international ne sera pas consentie &#224; froid par les USA de G. W. Bush, ni sans doute propos&#233;e par aucun de ses partenaires ; et &#224; chaud, voire en catastrophe, la lucidit&#233; risque de manquer pour d&#233;finir une coordination rationnelle du type de celle propos&#233;e ici, ou une autre de m&#234;me esprit. Faut-il pour autant d&#233;sesp&#233;rer d'une nouvelle r&#233;gulation mon&#233;taire mondiale ? Nous ne le pensons pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La soci&#233;t&#233; civile internationale, et son aile la plus militante, le mouvement social mondial, qui se d&#233;finit comme altermondialiste, doit s'emparer d&#232;s maintenant de ce sujet. Il peut trouver de nombreux alli&#233;s de la part de pays importants qui ne peuvent se satisfaire d'un d&#233;sordre grandissant, qui risque de plus en plus de d&#233;g&#233;n&#233;rer en un conflit entre l'imp&#233;rialisme anglo-saxon d&#233;clinant et les imp&#233;rialismes &#233;mergents de la Chine et de la Russie, si fortement compl&#233;mentaires : nous pensons &#224; l'Inde, &#224; l'Afrique du sud, au Br&#233;sil et, &#224; nombre de pays arabes et, peut-on l'esp&#233;rer, aux pays europ&#233;ens, qui ont d&#233;cid&#233; de cr&#233;er une monnaie unique, et qui avaient su dire non pour l'essentiel &#224; la guerre d'Irak.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En actualisant ainsi ses analyses (nous ne sommes plus en 1998, au temps de l'hyper-puissance am&#233;ricaine, mais &#224; celui du risque d'affrontement entre n&#233;o-imp&#233;rialismes), le mouvement alter-mondialiste pourrait ainsi faire la d&#233;monstration qu'un autre monde est non seulement possible, mais aussi souhaitable, et pour tout dire, la crise s'aggravant, qu'il est de plus en plus n&#233;cessaire et urgent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Article paru dans la revue Mouvements (janvier 2008).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1- Le d&#233;but de ce texte a &#233;t&#233; publi&#233;, il y a plus d'un an, dans un num&#233;ro sp&#233;cial de la revue &#171; Economie Politique &#187;, pr&#233;c&#233;dant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Il a ensuite b&#233;n&#233;fici&#233; de tables rondes initi&#233;es par le Forum de la Gauche Citoyenne sur les questions financi&#232;res avec M. Aglietta, Fr. Morin et D. Plihon et sur les questions g&#233;opolitiques avec M. Chemilly Gendreau, B. Dreano et A. Joxe. Ainsi enrichi, ce texte a fait l'objet de plusieurs conf&#233;rences d&#233;bats. Les derni&#232;res parties ont &#233;t&#233; remani&#233;es, pour tenir compte de nombreuses remarques qui nous ont &#233;t&#233; adress&#233;es et des d&#233;veloppements de la crise financi&#232;re, durant ces derni&#232;res semaines. Dans sa forme actuelle, il est soumis aux membres du Forum de la Gauche Citoyenne, dans le cadre de son nouveau projet d'&#233;laboration et, au-del&#224; &#224; tous les militants et responsables de la gauche.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2- C'est peut &#234;tre cette difficult&#233; d'actualisation, qui constitue aujourd'hui la faiblesse la plus s&#233;rieuse du mouvement altermondialiste (cf. annexe)
3- Depuis la premi&#232;re &#233;bauche de ce texte (janvier 2007), que de changements au moment o&#249; nous nous livrons &#224; cette incidente (mars 2008) !
4- Cf. annexe 3
5- I. Wallestein a raison de d&#233;noncer l'instrumentalisation qui en est fait par les puissances h&#233;g&#233;moniques. On essaiera toutefois de distinguer plus loin, ce qui rel&#232;ve intrins&#232;quement de ces valeurs ou de leurs mauvais usages : ce n'est pas parce que Staline et Hitler parlaient de socialisme ou Bush de d&#233;mocratie et de libert&#233; que ces termes ont perdu de leur force et de leur l&#233;gitimit&#233; pour tous les peuples &#224; travers le monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;6 - Si on cherche les signes les plus anciens de son &#233;mergence, on pourrait remonter aux ann&#233;es 1890, o&#249; pour la premi&#232;re fois, la productivit&#233; par t&#234;te am&#233;ricaine d&#233;passe celle du Royaume Uni, d'apr&#232;s les travaux d'Angus Madison. En fait, l'industrie am&#233;ricaine a &#233;t&#233; la premi&#232;re a employ&#233; largement la production de grande s&#233;rie, &#224; partir du milieu du 19&#232;me si&#232;cle et de la guerre de S&#233;cession, notamment dans la fabrication d'armes. On n'oubliera pas de noter que la doctrine dominante aux USA, durant toute cette p&#233;riode, chez les universitaires et les publicistes, comme dans l'opinion des &#233;lites au pouvoir, demeurait r&#233;solument protectionniste : en effet, de nombreuses branches alors &#233;mergentes n'&#233;taient pas encore capables de soutenir la concurrence des industriels britanniques, qui &#233;taient pour leur part partisans du libre &#233;change. Tant il est vrai que le lib&#233;ralisme &#233;conomique n'est jamais une r&#233;alit&#233;, mais la rationalisation des int&#233;r&#234;ts des puissances dominantes et des groupes capitalistes, au sein de ces derni&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;7 - Du nom de l'&#233;conomiste belgo-am&#233;ricain, qui en fut le meilleur propagandiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;8 - J'emprunte cette d&#233;finition des fonction de la finance &#224; M. Aglietta : cf. table ronde du Forum de la gauche citoyenne, 4 octobre 2007, et plus largement son r&#233;cent livre, ?, juillet 2007&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;9 - C'est d'ailleurs un inspecteur g&#233;n&#233;ral des finances, Michel Rocard, qui a proclam&#233; la fin de cette utopie, au d&#233;but des ann&#233;es 80, apr&#232;s en avoir &#233;t&#233; le principal propagandiste politique pendant pr&#232;s de 20 ans&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;10 - En pratique, toutes les banques centrales tentent d'atteindre les deux objectifs de stabilit&#233; des prix et de plein emploi, &#224; l'aide d'un seul instrument, les variations des taux d'int&#233;r&#234;t &#224; court terme : ceci est &#233;videmment logiquement impossible, comme de courir apr&#232;s deux li&#232;vres &#224; la fois. Il s'en suit que l'objectif de stabilit&#233; des prix est particuli&#232;rement privil&#233;gi&#233; par la BCE, au nom du respect de la lettre du trait&#233; europ&#233;en, qui lui a confi&#233; cette mission, et un peu moins par la Fed am&#233;ricaine, ce qui introduit des risques suppl&#233;mentaires de crise sur le march&#233; des changes (en octobre 1987 et &#224; nouveau aujourd'hui : cf. infra).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;11 - Pour ceux qui connaissent l'auteur de ces lignes, il est tout au contraire d'un optimisme quasi pathologique&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;12 - En langue fran&#231;aise, on se contentera de citer ici l'ensemble des publications de M. Aglietta.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;13- Fran&#231;ois Morin, article pour la revue Mouvements, et son livre : &#171; le nouveau mur de l'argent : essai sur la finance globalis&#233;e &#187;., Editions du Seuil, sept. 2006
14- Pour &#233;tayer cette affirmation, la doctrine orthodoxe affirme que la banque centrale administre en toute ind&#233;pendance les taux &#224; trois mois et que les march&#233;s financiers r&#233;percutent ensuite les choix faits. Or, dans nombre de cas, les march&#233;s fixent les taux &#224; moyen et long terme, ind&#233;pendamment (voire en contradiction avec) des d&#233;cisions de la banque centrale, si bien que celle-ci doit aligner ses propres taux sur ceux impos&#233;s par les grands oligopoles financiers qui commandent les march&#233;s : il arrive m&#234;me que le gouverneur de la BCE excuse ses d&#233;cisions ou, plus souvent, ses non d&#233;cisions par la situation sur les march&#233;s financiers qu'il est cens&#233; piloter. Au bout du compte, il n'est jamais jaloux de son ind&#233;pendance qu'&#224; l'&#233;gard des pouvoirs politiques l&#233;gitimes ! 15- 4 % dans la zone Euro, en tenant compte de la hausse des prix. Car, dans nos pays, la seule inflation effective, dont la Banque Centrale europ&#233;enne et les ministres des finances sont complices, est l'inflation des profits, des stock options et des parachutes dor&#233;s : quant &#224; celle des actifs boursiers ou immobiliers, elle garde son s&#233;culaire caract&#232;re cyclique, pi&#232;ge r&#233;current de tous les gogos. 16- Par une &#233;trange ironie de l'histoire, c'est au moment o&#249; l'entreprise dispara&#238;t en tant qu'agent &#233;conomique r&#233;ellement libre, que &#171; la gauche d'accompagnement &#187; pr&#233;tend la d&#233;couvrir. Seuls quelques uns de ses membres, pass&#233;s par les grands corps de l'Etat, puis par les cabinets minist&#233;riels &#171; de gauche &#187;, et partis d&#233;couvrir &#171; l'entreprise &#187; &#224; l'&#226;ge du confort, assument ouvertement cette reconversion, en poursuivant leur carri&#232;re dans les &#233;tats majors des multinationales, sans se dispenser de leurs conseils sur ce que devrait &#234;tre une gauche moderne, celle qui adouberait leur propre carri&#232;re&#8230; Mais dans un monde sans fronti&#232;re, il est normal que l'impudence soit &#233;galement sans borne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;17 - Que penser de ce sommet europ&#233;en de juin 1989, o&#249; Fr. Mitterrand, M. Rocard, E. Cresson et E. Guigou (dans l'ordre hi&#233;rarchique de l'&#233;poque) acceptent la lib&#233;ralisation totale des mouvements financiers en Europe, sans obligation d'harmonisation fiscale, contrairement &#224; tous leurs engagements ant&#233;rieurs ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;18 - Par rapport &#224; d'autres &#233;poques, on notera que l'essentiel des dettes ainsi accumul&#233;es ne proviennent ni de l'&#233;tat, ni des entreprises, mais principalement des m&#233;nages, ce qui justifie le recours &#224; cette expression souvent galvaud&#233;e en France (par Balladur entre autres).
19 - On verra plus loin les immenses cons&#233;quences &#224; long terme de ces strat&#233;gies.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;20 -Toutefois, la r&#233;f&#233;rence &#224; ce point (trop) bas exag&#232;re les choses. Plus significative du d&#233;clin relatif de l'h&#233;g&#233;monie mon&#233;taire US est de comparer le dollar au panier des monnaies constitutives de l'actuel euro, &#224; partir de la mise en place des changes flottants en 1973 : en 35 ans, le dollar a perdu plus de la moiti&#233; de sa valeur par rapport aux monnaies europ&#233;ennes. Or, ce qui n'a gu&#232;re d'importance, quand on compare un &#233;l&#233;phant et une souris, devient tr&#232;s cons&#233;quent, quand on compare deux ensembles dont les dimensions se rapprochent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;21 - Trop comp&#233;titifs, soutiennent les observateurs occidentaux. Mais ces derniers n'ont pour &#233;tayer leurs analyses que des th&#233;ories des &#171; taux de change d'&#233;quilibre &#187;, dont le r&#233;sultat le plus convaincant est qu'il existe plusieurs taux de change d'&#233;quilibre, ce qui fait qu'on ne peut s&#233;rieusement conclure, sur un taux ad&#233;quat ou &#233;quitable, sans faire appel &#224; des crit&#232;res extra-&#233;conomiques, g&#233;o-politiques ou &#233;thiques, finalement subjectifs et peu susceptibles de consensus entre des acteurs aux int&#233;r&#234;ts divergents, du moins &#224; un horizon relativement court.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;22 - C'est le sens donn&#233; en sanscrit aux diff&#233;rentes incarnations d'un dieu quand il descend du ciel sur la terre. En fran&#231;ais, le terme est devenu p&#233;joratif et le qualificatif, dont nous l'affublons ici, signifie non seulement qu'il peut engendrer beaucoup de malheurs, mais aussi qu'il n'est pas durablement viable : comment le remplacer le plus vite possible, avec le moins de souffrance possible, telle est la question &#224; laquelle notre seconde partie tentera d'esquisser des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;23 - Celle-ci est facile &#224; d&#233;montrer, du fait d'une certaine homog&#233;n&#233;it&#233; des statistiques pour les trente ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, de l'apr&#232;s guerre au milieu des ann&#233;es 70. En fait, les &#233;tudes les plus s&#233;rieuses montrent que, malgr&#233; les vicissitudes des guerres mondiales et la grande d&#233;pression des ann&#233;es 30, ce mouvement de r&#233;duction tendancielle des in&#233;galit&#233;s avait commenc&#233; d&#232;s le d&#233;but du si&#232;cle, du fait notamment de l'organisation progressive du monde du travail, qui permit de poser la question sociale avec de plus en plus d'insistance. 24 - La gauche qui se veut avant tout moderne a pour f&#226;cheuse habitude (qu'il s'agisse d'entreprises ou de classes moyennes) d'&#234;tre particuli&#232;rement apte, tel le quatri&#232;me mousquetaire, &#224; vouloir tuer l'ennemi quand il est d&#233;j&#224; mort&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;25 - La Chine, qui se dit toujours communiste, bat en m&#234;me temps des records d'&#233;pargne (chez les urbains) et de sous-consommation (chez les ruraux)
26 - On verra plus loin qu'il en de m&#234;me de tous les combats pour la d&#233;mocratie et du pacifisme&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;27 - C'est cette contradiction dans les termes par rapport &#224; la philosophie politique classique du lib&#233;ralisme (d'Adam Smith et Tocqueville &#224; Raymond Aron), qui rend contre-productive l'affirmation d'un anti-lib&#233;ralisme primaire, non sp&#233;cifi&#233;, qui ne voit pas que ce qui est en cause, ce ne sont pas les libert&#233;s (m&#234;me pas celle d'entreprendre), mais celle d'accumuler des profits sans r&#233;gulation collective ; ce n'est pas en elle-m&#234;me la propri&#233;t&#233; priv&#233;e qui est en cause, mais le fait qu'elle prive, comme son nom l'indique, l'immense majorit&#233; des citoyens de leur libert&#233; de choisir l'investissement qui leur para&#238;t le plus n&#233;cessaire ou le plus d&#233;sirable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;28 - &#171; la main d'&#339;uvre sans papier, c'est quand m&#234;me moins cher &#187; - &#171; Oui, mais c'est plus risqu&#233; &#187; - &#171; mais, il ne faut pas vous inqui&#233;ter, il y a des sous traitants pour cela, ce sont des &#233;trangers &#187; : extrait d'un dialogue entendu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;29 -Pour l'analyse du caract&#232;re monocratique du syst&#232;me politique fran&#231;ais, nous nous permettons de renvoyer aux travaux du Forum de la gauche citoyenne (juin 2007) et &#224; la nouvelle &#171; strat&#233;gie de transformation du syst&#232;me politique &#187;, en cours de discussion en ce son sein.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;30- Historiquement, il fut particuli&#232;rement utilis&#233; par Saint Thomas d'Aquin, puis par Machiavel !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;31 - On doit refuser de se laisser enfermer dans les &#233;valuations unidimensionnelles du PIB. On ne peut ignorer la signification de taux de variation aussi diff&#233;rents, dans le cadre aujourd'hui dominant des &#233;conomies marchandes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;32 - Cf. annexe&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;33 -La m&#234;me remarque est d&#233;fendue par Th. Wolton, auteur du &#171; grand bluff chinois &#187;, dans le Figaro du 5 janvier 2008, &#224; qui nous empruntons quelques pr&#233;cisions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;34 - On pourrait trouver une ou deux exceptions balkaniques, en commen&#231;ant par la Serbie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;35 - A c&#244;t&#233; du livre de Toni Negri, qui porte ce titre, la plus r&#233;cente synth&#232;se sur l'&#233;tat du mouvement se trouve dans le rapport : &#171; l'altermondialisme, un processus de long terme, porteur d'alternatives &#187;, co-sign&#233; par S. George, J. M. Harribey, G. Massiah et C. Whitaker.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;36 - Pour l'exprimer de fa&#231;on personnelle, nous souhaiterions que notre nouveau si&#232;cle poursuive la r&#233;volution anthropologique permanente, vers ce que nous appelons une &#171; humanit&#233; bi-sexu&#233;e et m&#233;tiss&#233;e &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;37 - On la trouve d&#233;j&#224; invent&#233;e chez les presbyt&#233;riens de Winchester en 1642, quelques semaines, apr&#232;s la r&#233;union du premier Parlement ; ou encore, chez les th&#233;ologiens corses d'Orezza, en mars 1730, lors de la premi&#232;re r&#233;volution du si&#232;cle des Lumi&#232;res, avant que celle-ci ne soit &#233;cras&#233;e successivement par les arm&#233;es de l'empereur d'Autriche, puis du roi de France (Cf. &#171; trois pr&#234;tres balanins, au c&#339;ur de la R&#233;volution corse &#187;, &#233;d. Alain Piazzola, Ajaccio, 2006). Comme &#224; chaque fois que la grande majorit&#233; de la population d'un royaume ne veut plus d'un roi ou d'un prince, mais d&#233;sire affirmer sa communaut&#233; de destin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;38 -Nous faisons n&#244;tre l'expression de Monique Chemillier-Gendreau, qui a largement inspir&#233; une bonne partie du pr&#233;sent d&#233;veloppement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;39 - Bien entendu, il s'agit d'une simplification ayant pour but de faciliter les d&#233;bats les plus larges : outre les in&#233;vitables oublis, nombre de sujets peuvent &#234;tre d&#233;battus &#224; l'int&#233;rieur du pr&#233;sent &#171; d&#233;calogue &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;40 - D&#233;j&#224; certains europ&#233;ens parlent de transformer le G8 en G13 (avec le Br&#233;sil, le Mexique, l'Afrique du Sud, l'Inde et la Chine), ce qui, &#224; d&#233;faut de l&#233;gitimit&#233;, marquerait une prise de conscience du n&#233;cessaire r&#233;&#233;quilibrage de la gouvernance mondiale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;41 - Les emprunts effectu&#233;s sur les march&#233;s mon&#233;taires japonais &#224; ces taux d&#233;fiant toute concurrence ont principalement servi &#224; aller pr&#234;ter de l'argent &#224; des taux beaucoup plus r&#233;mun&#233;rateurs dans d'autres zones et en particulier aux USA, contribuant provisoirement &#224; financer leur d&#233;ficit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;42 - Cf. l'expos&#233; de M. Aglietta et notre r&#233;cent &#233;ditorial sur les risques d'accumulation des &#171; exo-dollars &#187;, ces dettes priv&#233;es des r&#233;sidents am&#233;ricains, qui ont pour contre partie les formidables cr&#233;ances de fonds d'Etat, dits &#171; souverains &#187;, en particulier ceux de la Chine ou de la Russie, capables de racheter en un clin d'&#339;il nos grandes entreprises industrielles ou financi&#232;res, privatis&#233;es&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;43 - Cf. les provocations de l'administration am&#233;ricaine dans le d&#233;troit d'Ormuz, alors que les contradictions du r&#233;gime iranien s'aggravent, ce qui devrait justifier une nouvelle initiative de n&#233;gociation globale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;44 - A ceux qui en douteraient jusqu'&#224; remettre en cause la notion de progr&#232;s, comme datant du 18&#232;me si&#232;cle, ne voient-ils pas que leurs conceptions conservatrices ou r&#233;actionnaires datent, elles, de la nuit des temps ? Et puis, proposons leur, pour nous changer, un petit quiz : l'allongement continu de la dur&#233;e de vie d'un trimestre par an, depuis plus de deux si&#232;cles n'est-il pas un progr&#232;s ? Et le recul de la morbidit&#233;, &#224; tous les &#226;ges de la vie ? Le progr&#232;s universel des taux d'alphab&#233;tisation, notamment des femmes, n'est-il pas un progr&#232;s ? Et l'allongement tendanciel de la dur&#233;e des &#233;tudes ? Le recul progressif des taux de f&#233;condit&#233; dans tous les pays du monde, en ce qu'il refl&#232;te une plus grande ma&#238;trise de leur corps par les femmes, qu'elle que soit leur ethnie ou leur croyance, n'est-il pas un progr&#232;s ? Et ce progr&#232;s universel de la ma&#238;trise de leurs corps par les femmes, ne marque t'il pas plus que tout autre, le progr&#232;s des valeurs d'&#233;galit&#233; et de libert&#233; ? Etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;45 -Nous suivons ici M. Aglietta, ibid.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;46 - Pour une partie des petites nations d&#233;velopp&#233;es (&#171; small open economy &#187;), le commerce international peut servir d'exutoire, mais cette solution locale n'est &#233;videmment pas g&#233;n&#233;ralisable : tout le monde ne peut pas &#234;tre exc&#233;dentaire en m&#234;me temps ! De m&#234;me pour les grandes nations, qui n'ont pas encore atteint la fronti&#232;re technologique de leur &#233;poque, pour une raison historique ou une autre, le processus de rattrapage peut permettre de soutenir pendant une ou plusieurs d&#233;cennies des rythmes de croissance beaucoup plus &#233;lev&#233;s : ajoutons que ceux-ci ne comptabilisant que les &#233;changes marchands, la croissance effective est en r&#233;alit&#233; plus faible, puisqu'une partie de ces activit&#233;s s'effectuaient auparavant hors des comptes nationaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;47 - L&#224; o&#249; un bon imp&#244;t aurait mieux garanti l'usage des fonds, mais l'id&#233;ologie dominante a &#233;videmment horreur de l'imp&#244;t, et les riches du XXI&#232;me si&#232;cle, comme ceux du XIX&#232;me, s'ils ne vont plus &#224; la messe, hors de la pr&#233;sence des cam&#233;ras, pr&#233;f&#232;rent choisir eux-m&#234;mes leurs pauvres....&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;48 - Les m&#234;mes tendances profondes sont &#224; l'&#339;uvre dans tous les pays anciennement d&#233;velopp&#233;s : elles prennent &#233;videmment des formes nationales distinctes.
49 - Cet altermondialisme est une dimension essentielle d'une gauche alternative, dont l'ambition est de d&#233;passer le vieux clivage entre r&#233;forme et r&#233;volution, par une strat&#233;gie cr&#233;dible de transformation : &#224; la fois multidimensionnelle, du local au global, en passant par le national et le continental ; multi-temporelle, en ce qu'elle articule les perspectives &#224; long et tr&#232;s long terme, avec les r&#233;ponses aux urgences les plus imm&#233;diates, notamment par la d&#233;finition de programmes &#224; moyen terme (&#224; l'horizon des diff&#233;rents mandats &#233;lectifs) ; et, multi-organisationnelle, puisque dans le respect de l'autonomie de chacun, elle doit aussi faire coop&#233;rer les d&#233;marches militantes des syndicats, des innombrables associations constitutives du mouvement social et des partis politiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;50 - Nous n'aborderons pas dans ce texte les raisons de pr&#233;f&#233;rer la responsabilit&#233; du gouvernement l&#233;gitime &#224; celle, subsidiaire, de la banque centrale. En mati&#232;re de change, c'est d'ailleurs le cas aux USA. Dans la zone euro, juridiquement il en est de m&#234;me. Mais dans, les faits, par une scandaleuse d&#233;mission, les ministres des finances de la zone euro (regroup&#233;s dans un eurogroup, toujours pr&#233;sid&#233; par le grand duch&#233; du Luxembourg) ont abandonn&#233; leurs pr&#233;rogatives aux deux pr&#233;sidents successifs de la Banque centrale europ&#233;enne, Duisenberg et Trichet, qui ont pu d&#233;clamer en toute ill&#233;galit&#233; : &#171; l'Euro, c'est moi &#187; !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;50 - On ne discutera pas ici des conditions techniques pour que cette st&#233;rilisation soit efficace. Bien entendu, il s'agit concr&#232;tement d'une n&#233;cessit&#233;, mais il suffit de savoir que certains grands pays ont fait la preuve continue de leur capacit&#233; de le r&#233;soudre pour consid&#233;rer qu'il ne s'agit pas d'un argument dirimant. Surtout quand les pays en question ont une capacit&#233; de contr&#244;le social aussi &#233;vident que la Chine communiste, pour s'en tenir &#224; ce seul exemple.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;51 - Mais qui ne partagent pas n&#233;cessairement la fa&#231;on dont elle est g&#233;r&#233;e par les gouvernements concern&#233;s et la BCE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les prochaines r&#233;unions</title>
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		<dc:creator>Le Forum de la Gauche Citoyenne</dc:creator>

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		<dc:subject>calendrier</dc:subject>

		<description>Le Forum de la gauche citoyenne vous invite &#224; son prochain D&#233;bat-buffet sur le th&#232;me du &lt;br /&gt;Bilan des r&#233;sultats des &#233;lections municipales le mardi 18 mars 2008, &#224; partir de 18 h 30 &lt;br /&gt;Au FGC 19, rue d'Hauteville - 75010 Paris M&#176; Bonne nouvelle &lt;br /&gt;En pr&#233;sence de l'&#233;quipe du FGC, dont Dominique Tadd&#233;i et Julien Lusson &lt;br /&gt;Pr&#233;sentation : &lt;br /&gt;Au surlendemain du second tour des &#233;lections municipales qui viendra confirmer ou non la pouss&#233;e de la gauche observ&#233;e lors du premier tour, ce dimanche 9 mars 2008, (...)


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&lt;a href="http://www.forumgc.org/spip.php?rubrique19" rel="directory"&gt;Calendrier&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.forumgc.org/spip.php?mot216" rel="tag"&gt;calendrier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Forum de la gauche citoyenne
vous invite &#224; son prochain
D&#233;bat-buffet
sur le th&#232;me du&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#990000&quot; &gt; Bilan des r&#233;sultats des &#233;lections municipales
&lt;/font&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;le mardi 18 mars 2008, &#224; partir de 18 h 30&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au FGC
19, rue d'Hauteville - 75010 Paris
M&#176; Bonne nouvelle&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En pr&#233;sence de l'&#233;quipe du FGC, dont Dominique Tadd&#233;i et Julien Lusson&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Pr&#233;sentation :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au surlendemain du second tour des &#233;lections municipales qui viendra confirmer ou non la pouss&#233;e de la gauche observ&#233;e lors du premier tour, ce dimanche 9 mars 2008, nous vous convions &#224; venir partager un buffet et d&#233;battre des r&#233;sultats.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous en profiterons &#233;galement pour continuer le d&#233;bat sur les r&#233;formes institutionnelles entam&#233; lors du Jeudi du Forum du 21 f&#233;vrier dernier :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Rappel :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;En dehors des p&#233;riodes de crise politique aigu&#235;, les citoyens s'int&#233;ressent peu au syst&#232;me politique, et il faut g&#233;n&#233;ralement s'expliquer longuement pour justifier un d&#233;bat sur l'urgence de leur transformation. Pourtant, quelle que soit la gravit&#233; de la crise sociale et &#233;cologique que nous connaissons, cette transformation s'impose comme un point de passage oblig&#233; des transformations soci&#233;tales pour lesquelles nous militons : comment aller vers une authentique parit&#233; entre femmes et hommes, si elle n'est pas impos&#233;e dans le syst&#232;me de repr&#233;sentation politique ? Comment r&#233;ussir une v&#233;ritable int&#233;gration des immigr&#233;s, si ces derniers sont priv&#233;s de leurs droits civiques, au niveau de la d&#233;mocratie locale ? Comment croire que cette derni&#232;re puisse devenir plus participative ou d&#233;lib&#233;rative, si la France reste championne du cumul des mandats et des fonctions ? Comment accepter que les fonctions r&#233;galiennes de l'Etat (justice et police) continuent d'&#234;tre exerc&#233;es dans les conditions actuelles ? L'exp&#233;rience nous a appris qu'il est impossible de concilier la Ve R&#233;publique dans sa forme actuelle avec une citoyennet&#233; active et responsable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et puis, il y a le Pr&#233;sident de la R&#233;publique, en particulier l'actuel : pourquoi confier autant de pouvoirs aux sommets de l'Etat &#224; un seul homme ? Pourquoi l'autoriser, de fait, &#224; ne rendre de compte &#224; personne ? Pourquoi accepter que, le plus souvent, son action soit opaque, donc impossible &#224; contr&#244;ler en d&#233;pit de l'existence des nombreux m&#233;canismes et organismes qui en ont th&#233;oriquement la charge ? Il est &#233;vident que l'exercice solitaire du pouvoir est une des racines du d&#233;senchantement des citoyens vis-&#224;-vis de la politique .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est donc temps, plus de deux si&#232;cles apr&#232;s la R&#233;volution fran&#231;aise, de supprimer une fois pour toute le trop long r&#232;gne du pouvoir personnel et d'entamer la transformation de notre syst&#232;me politique, en commen&#231;ant par le sommet.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Bilan des &#233;lections municipales : quels enseignements en tirer pour l'avenir de la Gauche ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Les r&#233;formes institutionnelles de la V&#232;me R&#233;publique, enjeux et perspectives&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux questions d&#233;terminantes &#224; d&#233;battre tous ensemble autour d'un bon buffet, mardi 18 mars 2008, &#224; partir de 18h30, au si&#232;ge du FGC.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Pour aller plus loin sur les institutions :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voir le texte du FGC en pi&#232;ce jointe :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_68 spip_documents spip_documents_center' &gt; &lt;a href=&quot;http://www.forumgc.org/IMG/doc/systeme_politique-1.doc&quot; type=&quot;application/msword&quot;&gt;&lt;img src='http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L52xH52/doc-50de0.png' width='52' height='52' alt='Word - 128.5 ko' title='Word - 128.5 ko' style='height:52px;width:52px;' class=' format_png' /&gt;&lt;/a&gt; &lt;div class='spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;Syst&#232;me politique-1&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Attention ! Merci de signaler votre participation (par t&#233;l&#233;phone ou par courriel)
Renseignements : Benjamin Joyeux:06 23 36 14 15
courriel :
benjaminjoyeux@gmail.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les prochaines r&#233;unions </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Forum Gauche Citoyenne</dc:creator>

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		<dc:subject>calendrier</dc:subject>

		<description>&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Les r&#233;unions du collectif ont lieu tous les 15 jours au si&#232;ge du Forum (sauf avis contraire) : prochaine r&#233;union : Jeudi 6 mars 2008, 18h30 &lt;br /&gt;Le Forum de la gauche citoyenne vous invite &#224; ses prochains &quot;jeudis&quot; &lt;br /&gt;Jeudi 21 f&#233;vrier, 18h30 : &quot;Les enjeux d&#233;mocratiques de la r&#233;forme constitutionnelle&quot; &lt;br /&gt;avec Julien Colette (C6R) et Serge Depaquit (FGC, Adels) &lt;br /&gt;Au si&#232;ge du FGC - 19, rue d'Hauteville &lt;br /&gt;Merci de signaler votre participation (par t&#233;l&#233;phone ou par courriel) (...)


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les r&#233;unions du collectif ont lieu tous les 15 jours au si&#232;ge du Forum (sauf avis contraire) : prochaine r&#233;union :&lt;font color=&quot;#990000&quot; size=&quot;2&quot;&gt; Jeudi 6 mars 2008, 18h30&lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#990000&quot; size=&quot;3&quot; &gt;&lt;b&gt;Le Forum de la gauche citoyenne
vous invite &#224; ses prochains
&quot;jeudis&quot;&lt;/b&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Jeudi 21 f&#233;vrier, 18h30 :
&lt;font color=&quot;#990000&quot; size=&quot;2&quot;&gt;&quot;Les enjeux d&#233;mocratiques de la r&#233;forme constitutionnelle&quot; &lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;avec &lt;font color=&quot;#990000&quot; size=&quot;2&quot; &gt;Julien Colette (C6R) et Serge Depaquit (FGC, Adels)&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au si&#232;ge du FGC - 19, rue d'Hauteville&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Merci de signaler votre participation (par t&#233;l&#233;phone ou par courriel)
Renseignements : 06 85 65 59 57
courriel : forgc@club-internet.fr&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;N'h&#233;sitez pas &#224; diffuser cette annonce.
Retrouvez les activit&#233;s du Forum sur : &lt;a href=&quot;http://www.forumgc.org.&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.forumgc.org.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



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		<title>L'Europe, au milieu des tensions inter-imp&#233;rialistes</title>
		<link>http://www.forumgc.org/spip.php?article918</link>
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		<dc:creator>Dominique Tadd&#233;i</dc:creator>

<category domain="http://www.forumgc.org/spip.php?rubrique110">La Navette</category>

		<dc:subject>La Navette</dc:subject>
		<dc:subject>La Navette n&#176; 25 &#8211; 4 f&#233;vrier 2008</dc:subject>

		<description>L'Europe se trouve dans une situation qui ressemble &#224; celle d'il y a un si&#232;cle, quand s'affrontaient les imp&#233;rialismes anglais et fran&#231;ais install&#233;s, et l'imp&#233;rialisme &#233;mergent de l'Allemagne. Comme &#224; cette &#233;poque, l'imp&#233;rialisme est fait de l'interaction de forces g&#233;o-politiques et d'accumulation financi&#232;re, &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire. Or, le n&#233;o-imp&#233;rialisme am&#233;ricain est manifestement en train de perdre son h&#233;g&#233;monie : les USA n'ont (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_67 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt; &lt;a href=&quot;http://www.forumgc.org/IMG/doc/La_Navette_no_25_-_4_fevrier_2008.doc&quot; type=&quot;application/msword&quot;&gt;&lt;img src='http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L52xH52/doc-50de0.png' width='52' height='52' alt='Word - 125 ko' title='Word - 125 ko' style='height:52px;width:52px;' class=' format_png' /&gt;&lt;/a&gt; &lt;div class='spip_doc_titre' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;La Navette N&#176;25, 4 f&#233;vrier 2008&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'Europe se trouve dans une situation qui ressemble &#224; celle d'il y a un si&#232;cle, quand s'affrontaient les imp&#233;rialismes anglais et fran&#231;ais install&#233;s, et l'imp&#233;rialisme &#233;mergent de l'Allemagne. Comme &#224; cette &#233;poque, l'imp&#233;rialisme est fait de l'interaction de forces g&#233;o-politiques et d'accumulation financi&#232;re, &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire. Or, le n&#233;o-imp&#233;rialisme am&#233;ricain est manifestement en train de perdre son h&#233;g&#233;monie : les USA n'ont plus pour clients oblig&#233;s que ceux qui pensent avoir besoin de leur bouclier : Japon, p&#233;tro-monarchies du Golfe, Isra&#235;l ; le sauvetage de ses banques et de ses hedge funds par des fonds souverains est un signe fort, parmi bien d'autres, de ce d&#233;clin relatif. En face, la Chine, le pays le plus peupl&#233; du monde, et la Russie, le pays le plus vaste, connaissent une croissance unique dans l'histoire : leurs r&#233;gimes politiques sont, en fait, tr&#232;s semblables et leurs ressources compl&#233;mentaires (la main d'&#339;uvre de l'une et les mati&#232;res premi&#232;res de l'autre). Leur partenariat strat&#233;gique se concr&#233;tise d&#233;j&#224; dans tout l'est de la Sib&#233;rie, ou dans la crise iranienne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, r&#233;sultat d'un affaiblissement s&#233;culaire, l'antagonisme principal n'est plus en Europe, m&#234;me si nous en sommes in&#233;vitablement partie prenante :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; soit comme &#233;l&#233;ment du probl&#232;me, si nous perp&#233;tuons la logique de vassalit&#233; atlantique qui fut la n&#244;tre depuis 1945 : c'est la ligne de pente des pays d'Europe de l'est, par peur du voisin russe, ou encore du Royaume Uni, par proximit&#233; culturelle.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; soit comme &#233;l&#233;ment de la solution, si nous savons constituer une force m&#233;diatrice, capable d'imposer la coop&#233;ration plut&#244;t que le conflit, entre les imp&#233;rialismes d&#233;clinants et &#233;mergents, avec d'autres puissances (Inde, Afrique, Am&#233;rique latine et une partie des pays arabes), mais aussi avec la multitude des citoyens du monde, dont la mouvance altermondialiste constitue l'aile militante.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'Allemagne et la France, et avec eux une majorit&#233; des pays de l'Europe continentale, et surtout l'opinion publique internationale, ont su manifester leur ind&#233;pendance durant la seconde guerre d'Irak. Mais, c'est &#224; froid que les grands choix strat&#233;giques doivent &#234;tre d&#233;battus. Le renforcement de la coop&#233;ration au sein de la zone euro est ainsi bien plus qu'une &#233;vidence &#233;conomique et sociale : cette nouvelle Europe des 15 doit &#234;tre en situation de faire face &#224; l'in&#233;vitable d&#233;valorisation du dollar ; &#224; plus long terme, elle doit avoir l'ambition d'initier, &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire, de nouvelles r&#233;gulations multipolaires, &#224; travers une r&#233;forme du syst&#232;me des Nations unies, incluant le FMI, la Banque Mondiale et l'OMC, un renforcement du droit international, un renforcement des droits collectifs et individuels, la sauvegarde des biens publics, s'appuyant sur l'action des ONG.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout le monde sait qu'une grande Europe, qui va encore s'&#233;largir, a besoin d'un noyau dur. Celui-ci doit &#234;tre g&#233;o-politique et financier : il a les contours de la zone euro.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dominique Taddei
Co-animateur du FGC&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>D&#233;claration de LASAIRE</title>
		<link>http://www.forumgc.org/spip.php?article916</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.forumgc.org/spip.php?article916</guid>
		<dc:date>2008-01-30T17:06:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Marie Grozelier</dc:creator>

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		<description>Bruno Trentin nous a quitt&#233;s le 23 ao&#251;t 2007. Avec lui, c'est une grande figure du syndicalisme italien qui s'efface. Non seulement Bruno Trentin fait partie de l'histoire sociale italienne mais il a &#233;t&#233; parmi ceux, assez rares &#224; l'&#233;poque, qui ont compris tr&#232;s t&#244;t la n&#233;cessit&#233; d'unifier dans l'action le mouvement syndical. Port&#233; par le m&#234;me &#233;lan, il avait su poser sur l'avenir du syndicalisme un regard d'Europ&#233;en. Il avait compris qu' &#224; mesure que le (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Bruno Trentin nous a quitt&#233;s le 23 ao&#251;t 2007. Avec lui, c'est une grande figure du syndicalisme italien qui s'efface. Non seulement Bruno Trentin fait partie de l'histoire sociale italienne mais il a &#233;t&#233; parmi ceux, assez rares &#224; l'&#233;poque, qui ont compris tr&#232;s t&#244;t la n&#233;cessit&#233; d'unifier dans l'action le mouvement syndical. Port&#233; par le m&#234;me &#233;lan, il avait su poser sur l'avenir du syndicalisme un regard d'Europ&#233;en. Il avait compris qu' &#224; mesure que le march&#233; europ&#233;en d&#233;ployait ses effets, il convenait d'imaginer les formes d'un syndicalisme trans-fronti&#232;res.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus tard, devenu d&#233;put&#233; europ&#233;en, Bruno Trentin n'a eu de cesse de poser les probl&#232;mes suscit&#233;s par l'&#233;volution du travail. Mieux que personne il en percevait la complexit&#233; croissante et l'exigence qu'elle imposait de plus en plus au travailleur salari&#233; comme au syndicalisme. L'avenir du salariat et du travail, &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne, &#233;taient au c&#339;ur de ses pr&#233;occupations. Derri&#232;re et &#224; travers l'avanc&#233;e de l'Union Europ&#233;enne il voyait d&#233;j&#224; se profiler les effets de la mondialisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lasaire perd en Bruno Trentin un partenaire fid&#232;le et pr&#233;cieux. Nous ne l'oublierons pas. Nous n'oublierons pas ses interventions originales et argument&#233;es dans nos rencontres biennales europ&#233;ennes ni le r&#244;le stimulant qu'il a jou&#233; dans notre comit&#233; de pilotage auquel il participait r&#233;guli&#232;rement. L'&#233;quipe de Lasaire tient &#224; saluer la m&#233;moire d'un compagnon de route irrempla&#231;able.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Anne-Marie Grozelier
Secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de LASAIRE
Paris, le 25 ao&#251;t 2007&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;LASAIRE
3-5, rue de Metz - 75010 Paris
01 42 06 94 91 FAX 01 42 06 47 77
&lt;a href=&quot;mailto:lasaire@lasaire.net&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt; lasaire@lasaire.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>En hommage &#224; Bruno Trentin</title>
		<link>http://www.forumgc.org/spip.php?article915</link>
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		<dc:date>2008-01-30T17:03:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Louis Moynot</dc:creator>

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		<description>Bruno Trentin, ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGIL, est d&#233;c&#233;d&#233; &#224; Rome, le jeudi 23 ao&#251;t 2007, des suites d'une violente chute de v&#233;lo, survenue en ao&#251;t 2006, dont il ne s'&#233;tait pas remis. Il a &#233;t&#233; un dirigeant syndical d'exception et a jou&#233; un r&#244;le important dans la gauche italienne. &lt;br /&gt;Son parcours militant, dans des circonstances historiques qui commencent avec la seconde guerre mondiale, t&#233;moigne de la profondeur et de l'intelligence de son engagement. N&#233; en France (...)


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Bruno Trentin, ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGIL, est d&#233;c&#233;d&#233; &#224; Rome, le jeudi 23 ao&#251;t 2007, des suites d'une violente chute de v&#233;lo, survenue en ao&#251;t 2006, dont il ne s'&#233;tait pas remis. Il a &#233;t&#233; un dirigeant syndical d'exception et a jou&#233; un r&#244;le important dans la gauche italienne.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Son parcours militant, dans des circonstances historiques qui commencent avec la seconde guerre mondiale, t&#233;moigne de la profondeur et de l'intelligence de son engagement. N&#233; en France o&#249; sa famille est exil&#233;e (son p&#232;re, professeur d'universit&#233;, ayant refus&#233; de se soumettre au r&#233;gime mussolinien), Bruno entre tr&#232;s jeune dans la R&#233;sistance en France, puis rejoint &#224; 16 ans les partisans italiens en guerre contre le fascisme. A 18 ans, il commande une brigade du mouvement Justice et libert&#233; et sera l'un des acteurs des accords politiques de la lib&#233;ration de son pays. Puis il reprend ses &#233;tudes en Italie, compl&#233;t&#233;es aux Etats-Unis. En 1949 il entre &#224; la CGIL, au Service des &#233;tudes &#233;conomiques. C'est un choix r&#233;fl&#233;chi de mettre ses comp&#233;tences au service de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il devient des ann&#233;es plus tard un dirigeant &#233;lu et sera secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la F&#233;d&#233;ration italienne des ouvriers de la m&#233;tallurgie (FIOM) de 1962 &#224; 1977. Principal leader des luttes et des victoires revendicatives de 1969 dans cette industrie, ayant amen&#233; le patronat &#224; conc&#233;der une forme de contr&#244;le des ouvriers sur leurs conditions de travail, il acquiert une tr&#232;s grande popularit&#233; dont il se servira pour innover et poser sans r&#233;pit les questions non r&#233;solues. Il a &#233;t&#233; l'artisan d'une forme avanc&#233;e d'unit&#233; syndicale avec la cr&#233;ation de la FLM, dont sont membres les trois f&#233;d&#233;rations italiennes de la m&#233;tallurgie. Il influence les diff&#233;rentes &#233;tapes qui vont des Conseils d'usine &#224; la Repr&#233;sentation syndicale unitaire dans les entreprises.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tr&#232;s t&#244;t conscient des effets de la mondialisation, il devient en 1977 secr&#233;taire conf&#233;d&#233;ral de la CGIL, en charge des questions &#233;conomiques, et s'efforce de promouvoir une strat&#233;gie syndicale coh&#233;rente qui puisse s'inscrire dans une strat&#233;gie unique en Europe. Elu secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral en 1988, il fait d&#233;battre et adopter cette strat&#233;gie par la CGIL. Il est aussi le promoteur de grands accords tripartites entre gouvernement, syndicats et patronat. Il s'efforce toujours de maintenir et faire progresser l'unit&#233; avec les autres centrales, m&#234;me et surtout lorsqu'elle se distend. Il assume avec un grand courage les responsabilit&#233;s des forces d&#233;mocratiques pendant les ann&#233;es de plomb.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Europ&#233;en de toujours, admir&#233; et respect&#233; au sein de la CES, il y milite pour qu'elle devienne une organisation syndicale au sens plein du terme &#224; laquelle les centrales nationales d&#233;l&#232;guent de vraies responsabilit&#233;s. C'est la ligne qu'Emilio Gabaglio s'efforcera de promouvoir et dont les id&#233;es sont encore &#224; l'ordre du jour des d&#233;bats d'aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bruno avait aussi un engagement politique. Il avait adh&#233;r&#233; d&#232;s 1950 au Parti communiste italien, dont il a &#233;t&#233; d&#233;put&#233; &#224; une &#233;poque o&#249; ce cumul avec les responsabilit&#233;s syndicales &#233;tait courant en Italie. Mais il a &#233;t&#233; de ceux qui ont d&#233;cid&#233; d'y renoncer pour faire progresser l'unit&#233; syndicale. Il a cultiv&#233; son exp&#233;rience et sa pens&#233;e politique en influant sur les d&#233;bats de son parti et de la gauche italienne, mais sans cesser de d&#233;fendre l'ind&#233;pendance et l'unit&#233; syndicales. Apr&#232;s la fin de son mandat de secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, son exp&#233;rience a trouv&#233; &#224; s'employer au Parlement Europ&#233;en dont il fut d&#233;put&#233; (DS).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout au long de sa vie, Bruno Trentin a travaill&#233; intellectuellement sur les questions syndicales et politiques. Il a promu la recherche dans le monde syndical, il a &#233;crit des livres sur les acquis de ces travaux et de l'exp&#233;rience. Intellectuel et syndicaliste, innovateur permanent, grande figure et pr&#233;curseur des progr&#232;s du syndicalisme, il n'h&#233;sitait pas &#224; s'exprimer &#224; contre courant, mais toujours dans le sens du m&#234;me engagement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai vraiment rencontr&#233; Bruno en juillet 1978, au cours d'un s&#233;jour personnel &#224; Rome dont le but &#233;tait de mieux comprendre le mouvement syndical italien. C'&#233;tait le moment de la pr&#233;paration du 40^&#232;me congr&#232;s de la CGT. Tr&#232;s vite, nous sommes devenus amis et nous avons beaucoup &#233;chang&#233; par la suite. Je veux aussi t&#233;moigner de la chaleur et de la qualit&#233; de ses sentiments. L'hommage que lui a rendu la CGIL le lundi 27 ao&#251;t, en pr&#233;sence des plus hautes autorit&#233;s du pays et devant de nombreux militants, a &#233;t&#233; particuli&#232;rement &#233;mouvant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Louis Moynot&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Hommage &#224; Bruno Trentin</title>
		<link>http://www.forumgc.org/spip.php?article914</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.forumgc.org/spip.php?article914</guid>
		<dc:date>2008-01-30T17:00:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre H&#233;ritier</dc:creator>

<category domain="http://www.forumgc.org/spip.php?rubrique38">Les Textes du Forum</category>


		<description>J'ai eu le privil&#232;ge de travailler avec Bruno Trentin dans le cadre d'un petit groupe de r&#233;flexion anim&#233; par Lasaire. Je le connaissais bien s&#251;r depuis longtemps et sa r&#233;putation avait pr&#233;c&#233;d&#233; notre premier &#233;change il y a de cela plus de 20 ans. &lt;br /&gt;Mais l&#224;, &#224; Lasaire, nous passions des heures &#224; &#233;changer, discuter, mettre au point une r&#233;flexion sur l'Europe sociale, sur la construction europ&#233;enne, l'&#233;tat et l'avenir du syndicalisme. Il apportait son avis, sa (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;J'ai eu le privil&#232;ge de travailler avec Bruno Trentin dans le cadre d'un petit groupe de r&#233;flexion anim&#233; par Lasaire. Je le connaissais bien s&#251;r depuis longtemps et sa r&#233;putation avait pr&#233;c&#233;d&#233; notre premier &#233;change il y a de cela plus de 20 ans.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais l&#224;, &#224; Lasaire, nous passions des heures &#224; &#233;changer, discuter, mettre au point une r&#233;flexion sur l'Europe sociale, sur la construction europ&#233;enne, l'&#233;tat et l'avenir du syndicalisme. Il apportait son avis, sa contribution intellectuelle, ce qu'il avait tir&#233; de sa riche exp&#233;rience avec le talent que nous lui connaissons mais aussi avec une grande simplicit&#233; et un grand respect des r&#232;gles de travail. Il se comportait en ami, en partenaire, en simple membre du groupe. Le portable &#233;teint, et sa pipe allum&#233;e furtivement de temps &#224; autre, il travaillait avec application, nous donnait l'impression que tout ce que nous faisions &#233;tait important. Son attitude faisait oublier l'&#233;crasante et brillante personnalit&#233; qu'il &#233;tait, tellement il participait de fa&#231;on naturelle &#224; la vie de notre modeste collectif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais comment ne pas &#233;voquer l'intelligence et la culture, le parcours et le r&#244;le historique de Bruno Trentin ? Son p&#232;re avait quitt&#233; pr&#233;cocement l'Italie fasciste pour s'installer en France. L&#224; Bruno a rejoint la R&#233;sistance fran&#231;aise, puis les antifascistes de son pays. Il fut d'abord un R&#233;sistant Il &#233;tait doublement intellectuel : &#233;l&#232;ve d'Harvard avant d'&#234;tre un dirigeant de la m&#233;tallurgie puis de la conf&#233;d&#233;ration CGIL ; il &#233;tait aussi et surtout un &#171; intellectuel organique &#187; du PCI, du syndicalisme et de la gauche italienne. Brillant et iconoclaste, il aimait les r&#233;flexions charpent&#233;es et structur&#233;es et critiquait la mode des tables rondes o&#249; le spectacle et la forme l'emportent sur le contenu.
En tant que militant politique, il a largement contribu&#233; &#224; faire du PCI un parti r&#233;novateur en rupture pr&#233;coce avec le stalinisme, &#224; la recherche d'un projet adapt&#233; aux gens et aux conditions de l'&#233;poque, en rupture aussi avec la crainte du d&#233;bat mais au contraire d&#233;sireux de se nourrir du d&#233;bat. Cette id&#233;e de la d&#233;mocratie, Bruno l'a fait vivre dans la CGIL&#8230;Dans les entreprises face aux tendances &#171; bureaucratiques &#187; il opposait le vote des salari&#233;s. Il voulait que tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux (membres des R.S.U, l'organe de la n&#233;gociation) issus de la CGIL soient soumis &#224; l'&#233;lection de la base.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un syndicalisme renouvel&#233;, autonome, d&#233;mocratique, capable de se rassembler, de parler d'une seule voix : telle &#233;tait sa vision d'un syndicalisme efficace. L'unit&#233; il l'avait d'abord r&#233;alis&#233;e dans la m&#233;tallurgie en cr&#233;ant avec ses partenaires la FLM &#171; f&#233;d&#233;ration unitaire &#187;, une initiative difficile dont l'exp&#233;rience pourrait encore nourrir les r&#233;flexions de nos syndicats bien mal en point. L'unit&#233; d'action &#224; l'italienne est, elle aussi, entr&#233;e en crise &#8230; Bruno nous confiait que les difficult&#233;s rencontr&#233;es pour maintenir l'unit&#233; d'action trouvaient toujours une issue positive lorsqu'un des partenaires avait vraiment la volont&#233; d'aboutir. Il pensait que la CGIL se devait de faire encore et encore plus d'efforts pour sauvegarder ce bien pr&#233;cieux qui fait la diff&#233;rence entre la France et l'Italie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est coutume d'opposer l'intellectuel et l'homme d'action. Il a r&#233;ussi &#224; faire une belle synth&#232;se : r&#233;sistant et constructeur, profond&#233;ment attach&#233; aux valeurs permanentes de son combat et r&#233;novateur acharn&#233;, intellectuel brillant et homme d'action. Bruno Trentin est inclassable sur les claviers traditionnels
Dans toute l'Europe, il a &#233;t&#233; et il restera une r&#233;f&#233;rence. Son &#339;uvre et sa vie montrent la direction &#224; suivre et incitent chacun &#224; participer &#224; l'&#233;criture de l'histoire.
Par Pierre H&#233;ritier, Lasaire (11 septembre 2007)
Article &#224; para&#238;tre dans la revue Confluences, n&#176; 7 (nouvelle formule)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title> R&#233;gulations des changes et r&#233;forme du Fonds mon&#233;taire international</title>
		<link>http://www.forumgc.org/spip.php?article913</link>
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		<dc:date>2008-01-26T10:15:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Tadd&#233;i</dc:creator>

<category domain="http://www.forumgc.org/spip.php?rubrique118">Mondialisation</category>


		<description>L'actualit&#233; de la crise financi&#232;re et les risques qu'elle fait encourir &#224; la plan&#232;te enti&#232;re d&#233;montre une fois de plus qu'un autre monde n'est pas seulement possible, mais qu'il est plus jamais n&#233;cessaire et souhaitable. Il est urgent, dans ce contexte, de porter porter haut et fort les modalit&#233;s concr&#232;tes de cet &quot;autre monde&quot; que le mouvement citoyen mondial appelle de ses voeux. Le Forum social mondial, qui se d&#233;roule ce 26 janvier 2008 de fa&#231;on d&#233;centralis&#233;e (www.wsf2008.net), est (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;L'actualit&#233; de la crise financi&#232;re et les risques qu'elle fait encourir &#224; la plan&#232;te enti&#232;re d&#233;montre une fois de plus qu'un autre monde n'est pas seulement possible, mais qu'il est plus jamais n&#233;cessaire et souhaitable. Il est urgent, dans ce contexte, de porter porter haut et fort les modalit&#233;s concr&#232;tes de cet &quot;autre monde&quot; que le mouvement citoyen mondial appelle de ses voeux. Le Forum social mondial, qui se d&#233;roule ce 26 janvier 2008 de fa&#231;on d&#233;centralis&#233;e (www.wsf2008.net), est l'occasion de pousser ce d&#233;bat.
En guise de contribution, nous diffusons cette r&#233;flexion de Dominique Taddei, animateur du Forum, sur l'urgence et les modalit&#233;s possibles d'une nouvelle r&#233;gulation internationale.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;INTERVENTIONS. La crise des &quot;subprimes&quot; g&#233;n&#232;re d&#233;sormais une crise financi&#232;re globale, nouvelle illustration du caract&#232;re insoutenable du processus actuel de mondialisation. Dominique Taddei, &#233;conomiste et animateur du Forum de la gauche citoyenne, expose ici plusieurs pistes pour une r&#233;gulation internationale.---&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le risque d'effondrement brutal du dollar est devant nous, s'il ne s'est pas encore produit avant que cet article ne soit diffus&#233;. Ce risque existe de fait depuis la cr&#233;ation de l'euro, puisqu'il est logique que tous ceux qui d&#233;tenaient jusque-l&#224; la seule monnaie cl&#233; diversifient d&#233;sormais leurs actifs, en vendant de la monnaie am&#233;ricaine pour acheter de la nouvelle monnaie europ&#233;enne. Longtemps, ce risque a &#233;t&#233; contenu : la nouvelle monnaie n'&#233;tait pas encore cr&#233;dible ; les performances macro&#233;conomiques am&#233;ricaines &#233;taient meilleures. Mais maintenant que l'incontinence de la politique de Washington devient &#233;vidente pour tous, un affaiblissement consid&#233;rable du dollar est in&#233;luctable et il risque m&#234;me de prendre l'allure d'une d&#233;b&#226;cle, si la sp&#233;culation financi&#232;re se d&#233;place des cibles qu'elle a satur&#233;es (immobilier, actions, mati&#232;res premi&#232;res, etc.) vers les march&#233;s des changes ; elle aurait d'ailleurs de bonnes raisons pour le faire, en observant le retard des r&#233;actions des principales autorit&#233;s mon&#233;taires, qui interviennent toujours trop tard et d'une fa&#231;on totalement cacophonique : la Fed (Federal Reserve Board am&#233;ricain) finit toujours par sur-r&#233;agir, quand la Banque centrale europ&#233;enne sous-emploie en permanence ses moyens d'intervention, comme t&#233;tanis&#233;e par son id&#233;ologie mon&#233;tariste et les contradictions de ses membres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Personne ne peut se satisfaire de l'aggravation des d&#233;sordres en cours, sauf &#224; tomber dans l'irresponsabilit&#233; des politiques du pire : il nous faut donc, en tant que citoyens actifs, ne pas nous contenter de r&#233;sister, mais &#234;tre capables de proposer ; ne plus chercher &#224; nous r&#233;chauffer entre nous, mais analyser froidement les rapports de forces mondiaux et les alliances possibles ; ne plus nous contenter de nos l&#233;gitimes luttes locales, mais nous m&#234;ler de la finance internationale. Le pr&#233;sent article essaie d'y contribuer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une relative stabilit&#233; des taux de change entre les monnaies (autrement dit, une volatilit&#233; limit&#233;e entre elles) est unanimement reconnue comme n&#233;cessaire pour les &#233;changes commerciaux et financiers. D&#232;s lors que l'instabilit&#233; s'av&#232;re particuli&#232;rement forte, la question se pose alors de savoir quels pays doivent intervenir sur un march&#233; des changes, qui est aujourd'hui mondialis&#233;, et dans quelles conditions.
Les r&#233;gimes de change : de la th&#233;orie &#224; la r&#233;alit&#233;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la th&#233;orie standard, deux syst&#232;mes de change sont oppos&#233;s de fa&#231;on bipolaire :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; le syst&#232;me de change fixe conduit les autorit&#233;s mon&#233;taires d'un pays (gouvernement et/ou banque centrale) &#224; acheter ou vendre sa monnaie contre des monnaies &#233;trang&#232;res, de fa&#231;on &#224; &#233;quilibrer les quantit&#233;s offertes et demand&#233;es de sa monnaie, au prix (taux de change) pr&#233;&#233;tabli.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; le syst&#232;me de change flottant ou flexible, dans lequel les autorit&#233;s mon&#233;taires n'interviennent pas et o&#249; le taux de change varie au gr&#233; des op&#233;rations, commerciales et surtout financi&#232;res, de tous les agents nationaux ou &#233;trangers &#224; la zone mon&#233;taire consid&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les r&#233;gimes de change historiquement constitu&#233;s sont toujours moins caricaturaux que les syst&#232;mes th&#233;oriques d&#233;finis pr&#233;c&#233;demment. Pour s'en tenir &#224; l'essentiel :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A) Les r&#233;gimes de change fixe, qui ont pr&#233;valu apr&#232;s les accords de Bretton Woods (entre 1944 et 1971-73) et qui ont plus ou moins perdur&#233; entre pays europ&#233;ens jusqu'&#224; la fin de 1998, comportaient deux &#233;l&#233;ments de variation :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; en premier lieu, les taux de change &#233;taient &#171; ajustables &#187; : c'est-&#224;-dire qu'ils pouvaient &#234;tre chang&#233;s, normalement apr&#232;s une n&#233;gociation, puisque le taux de change d'une monnaie dans une autre est &#224; l'&#233;vidence logiquement l'inverse de celui de la seconde dans la premi&#232;re ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; en second lieu, une marge de fluctuation autour de la parit&#233; &#171; fixe &#187; de r&#233;f&#233;rence &#233;tait admise pour limiter les interventions des autorit&#233;s face &#224; de (relativement) faibles variations de change. Ainsi, de fa&#231;on assez habituelle, on consid&#233;rait que le taux de change &#233;tait fixe, &#224; 2, 5% pr&#232;s. Bien qu'il n'y ait pas plus de justification pour ce pourcentage qu'un autre, il comporte &#233;videmment une diff&#233;rence de nature avec celui de plus ou moins 15%, qui, de guerre lasse, avait &#233;t&#233; adopt&#233; dans les ann&#233;es 90 entre les pays europ&#233;ens, candidats &#224; la future monnaie unique. Sans forcer le trait, on peut consid&#233;rer que le premier pourcentage d&#233;finit un r&#233;gime &#171; quasi-fixe &#187; et ajustable ; le second, un r&#233;gime &#171; quasi-flottant &#187;, qui a &#233;videmment moins souvent besoin d'&#234;tre ajust&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;B) Les r&#233;gimes de change flottants, qui sont devenus pr&#233;dominants entre les pays les plus d&#233;velopp&#233;s depuis les ann&#233;es 70, n'interdisent pas les interventions des autorit&#233;s mon&#233;taires. D&#233;j&#224;, celles-ci influencent les cours par leurs d&#233;clarations ; puis, des variations des taux d'int&#233;r&#234;t &#224; court terme, administr&#233;s par les banques centrales, peuvent esp&#233;rer modifier les comportements de placements et, par l&#224;-m&#234;me l'&#233;quilibre entre l'offre et la demande des diff&#233;rentes devises ; ensuite, des achats ou ventes ponctuels de devises peuvent &#234;tre faits, sans aller jusqu'&#224; garantir une parit&#233; donn&#233;e ; enfin, dans les circonstances les plus difficiles, ces interventions peuvent &#234;tre coordonn&#233;es, y compris entre pays haussiers et baissiers, soit lors d'une rencontre solennelle (conf&#233;rences du Plaza Hotel et du Louvre, dans les ann&#233;es 80), soit par des communiqu&#233;s communs ou similaires (en 2001, lorsque le jeune Euro, tomb&#233; aux alentours de 0,84 dollar, pouvait donner l'impression de s'effondrer) : l'exp&#233;rience a d'ailleurs montr&#233; que ces interventions multilat&#233;rales avaient &#233;t&#233; efficaces. Il serait donc plus juste de parler de r&#233;gimes de &#171; change flottants et surveill&#233;s &#187;, pour d&#233;crire la r&#233;alit&#233; contemporaine entre les devises des pays les plus d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En pratique, on comprend qu'il n'existe pas de diff&#233;rence essentielle entre un r&#233;gime dit fixe, o&#249; une parit&#233; peut varier d'environ 30% (par exemple de moins 15% &#224; plus 15%, autour de la parit&#233; &#171; officielle &#187;), sans assurer d'intervention des autorit&#233;s mon&#233;taires, et un r&#233;gime dit flottant, mais surveill&#233; : il est m&#234;me possible que les autorit&#233;s mon&#233;taires interviennent, avant m&#234;me qu'une fluctuation d'une telle ampleur soit constat&#233;e, rendant le second plus stable que le premier, en termes de variations observ&#233;es ! Des &#233;conomistes de tradition interventionniste peuvent m&#234;me trouver une sup&#233;riorit&#233; de principe au r&#233;gime actuel, dans la mesure o&#249; l'incertitude cr&#233;&#233;e par les autorit&#233;s mon&#233;taires sur leurs seuils d'intervention complique la tache des sp&#233;culateurs, toujours avides de tester leurs capacit&#233;s de r&#233;sistance, quand on approche des seuils qu'elles sont oblig&#233;es de d&#233;fendre dans un r&#233;gime de change fixe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question essentielle est donc moins de savoir quel est le syst&#232;me de change de r&#233;f&#233;rence (fixe ou flexible) que de se demander si des interventions publiques peuvent &#234;tre efficaces, quand la sp&#233;culation se d&#233;cha&#238;ne &#224; propos d'une monnaie.
Peut-on lutter contre la sp&#233;culation sur les devises ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'argument le plus souvent avanc&#233; pour justifier l'absence totale d'intervention devant les fluctuations de march&#233; repose sur la disparit&#233; des moyens disponibles entre d'une part les acteurs priv&#233;s sur les march&#233;s de devises et d'autre part les banques centrales. Ce constat d'impuissance doit &#234;tre toutefois largement nuanc&#233;. D'un c&#244;t&#233;, les masses colossales des op&#233;rations sp&#233;culatives ne correspondent pas &#224; un seul agent qui aurait un comportement homog&#232;ne : ce n'est donc pas l'addition de ces transactions qui doit &#234;tre faite, mais la soustraction entre ceux qui sp&#233;culent dans un sens et ceux qui sp&#233;culent dans l'autre : la question qui se pose aux autorit&#233;s mon&#233;taires de l'ensemble des pays, car cette responsabilit&#233; ne peut &#234;tre que partag&#233;e, est de ne pas laisser se d&#233;velopper une situation, o&#249; l'&#233;cart entre les agents haussiers et baissiers devient trop important ; de l'autre c&#244;t&#233;, ce qui est vrai d'un petit pays pauvre, l'est &#233;videmment beaucoup moins d'un grand pays riche, ou a fortiori d'une coalition des banques centrales de toute une zone mon&#233;taire (il &#233;tait plus facile d'attaquer l'escudo qu'aujourd'hui l'euro) ; enfin, et surtout, la n&#233;cessit&#233; d'assurer une contrepartie face &#224; une pouss&#233;e sp&#233;culative est certes limit&#233;e par les montants des r&#233;serves et des lignes de cr&#233;dits disponibles d'une zone mon&#233;taire, dont la devise est attaqu&#233;e &#224; la baisse, serait-elle la zone euro ou m&#234;me la zone dollar. Mais cette contrainte n'existe pas pour le pays ou la zone dont la monnaie est demand&#233;e et qui peut en cr&#233;er autant que n&#233;cessaire : nous ne sommes plus &#224; l'&#233;poque de la monnaie m&#233;tallique et la seule limite &#224; l'intervention de l'ensemble des autorit&#233;s mon&#233;taires des pays &#171; haussiers &#187; est donc leur d&#233;termination politique. &#192; cet &#233;gard, le Japon, la Chine et les autres pays &#233;mergents ont apport&#233; depuis une dizaine d'ann&#233;es une d&#233;monstration &#233;vidente de leur capacit&#233; &#224; offrir leur propre devise, au prix de leur choix, par cr&#233;ation mon&#233;taire, maintenant ainsi une faible parit&#233; de leur monnaie. Les Am&#233;ricains et autres Europ&#233;ens ont beau crier qu'il s'agit l&#224; d'une solution artificielle, ils oublient tout simplement qu'il n'existe rien de &#171; naturel &#187; dans les m&#233;canismes de change : elles sont toujours le produit historique de rapports g&#233;opolitiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le fait est donc d&#233;montr&#233; que les pays &#171; haussiers &#187;, dont la devise est demand&#233;e, sous l'action des op&#233;rateurs priv&#233;s, peuvent toujours d&#233;courager ceux-ci. A fortiori, une action concert&#233;e des autorit&#233;s mon&#233;taires des autorit&#233;s haussi&#232;res et &#171; baissi&#232;res &#187; est certaine d'&#234;tre efficace. Bien entendu, les sp&#233;culateurs le savent fort bien. Autrement dit, il suffit d'une d&#233;claration conjointe ou similaire des uns et des autres : les agents sp&#233;culateurs, pris en &#171; cisaille &#187; et peu d&#233;sireux de perdre de l'argent, en continuant &#224; prendre des positions &#224; d&#233;couvert, qui deviendraient trop risqu&#233;es pour eux, se trouvent dissuad&#233;s. En d'autres termes, si une variation de changes est de nature purement sp&#233;culative, il n'y aura m&#234;me pas besoin de fortes interventions des autorit&#233;s mon&#233;taires pour y mettre fin. Par contre, s'il s'agit d'un mouvement affectant les fondements des &#233;conomies consid&#233;r&#233;es (par exemple, des variations rapides de la productivit&#233;), la variation ordonn&#233;e des parit&#233;s est g&#233;n&#233;ralement pr&#233;f&#233;rable et n'obligera pas dans ce cas &#224; engager des r&#233;serves importantes. Sans doute n'est-il pas toujours ais&#233; de juger de la part respective de ces deux types de mouvements. C'est pourquoi une coop&#233;ration permanente entre les autorit&#233;s de toutes les grandes zones est &#233;videmment pr&#233;f&#233;rable &#224; des initiatives &#171; en catastrophe &#187;, dont la communication mal contr&#244;l&#233;e peut s'av&#233;rer fortement contre-productive : par exemple, une annonce non cr&#233;dible conduit les op&#233;rateurs &#224; penser que la situation est encore pire que ce qu'ils anticipaient et les conduit &#224; nourrir la sp&#233;culation en cours, ou &#224; se d&#233;tourner vers une autre&#8230;
Les pressions inflationnistes cr&#233;&#233;es par la cr&#233;ation de monnaie des pays exc&#233;dentaires&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un autre argument usuel pour justifier la passivit&#233; des autorit&#233;s mon&#233;taires des pays exc&#233;dentaires est d'affirmer que ces interventions seraient inflationnistes, puisqu'elles reposent sur une cr&#233;ation ex nihilo de monnaie locale. Il faut &#224; cet &#233;gard distinguer les risques internes et internationaux : on ne peut pas soutenir qu'un tel processus d'intervention par cr&#233;ation mon&#233;taire soit &#224; proprement parler inflationniste pour le pays concern&#233;, d&#232;s lors qu'il choisit de &#171; st&#233;riliser &#187; les devises accumul&#233;es, c'est-&#224;-dire ne les r&#233;injecte pas dans sa propre &#233;conomie : si ce risque d'inflation nationale existait (du fait, par exemple d'une d&#233;faillance du syst&#232;me de st&#233;rilisation), on l'aurait observ&#233; au Japon, qui ne cesse de pratiquer ce type d'intervention et qui demeure pourtant toujours au bord de la d&#233;flation, depuis maintenant pr&#232;s de 20 ans. Par contre, si cette politique d'intervention est poursuivie de mani&#232;re syst&#233;matique sur de longues p&#233;riodes (5 ou 10 ans) par une partie importante de l'&#233;conomie mondiale (pratiquement l'ensemble des pays &#233;mergents, en plus des p&#233;tromonarchies, du Japon et la Norv&#232;ge), le danger inflationniste s'accro&#238;t effectivement, car la cr&#233;ation mon&#233;taire suppl&#233;mentaire qui en r&#233;sulte &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te, n'est pas spontan&#233;ment en phase avec le d&#233;veloppement des capacit&#233;s productives, en particulier pour l'ensemble des produits de base (&#233;nergie, mati&#232;res premi&#232;res et produits alimentaires), et cela d'autant plus que les contraintes &#233;cologiques se font l&#233;gitimement plus fortes. Comme on l'observe actuellement, il en r&#233;sulte une inflation par exc&#232;s de la demande mondiale, qui prend paradoxalement la forme d'une inflation par les co&#251;ts, pour chaque pays pris s&#233;par&#233;ment, et qui est particuli&#232;rement dramatique dans les m&#233;gapoles des pays du sud. Mais cette inflation mondiale ne doit&#8211;elle pas &#234;tre principalement imput&#233;e aux pays qui consomment trop (en particulier, les USA), plut&#244;t qu'&#224; ceux qui &#233;pargnent le plus (les pays &#233;mergents) ? Pour en discuter utilement, l&#224; encore, une v&#233;ritable instance l&#233;gitime de coordination mondiale s'impose.
La coordination des autorit&#233;s mon&#233;taires des grandes zones est essentielle&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le passage progressif d'un syst&#232;me mon&#233;taire et financier mono-stellaire, autour du dollar-soleil et le benign neglect m&#233;prisant qui l'accompagnait (&#171; le dollar est notre monnaie, mais c'est votre probl&#232;me &#187;) est aujourd'hui d&#233;pass&#233; : Washington n'a plus les moyens, quel que soit son pr&#233;sident, de se moquer d'un brutal d&#233;crochage du dollar. De facto, le syst&#232;me mon&#233;taire international est devenu de fait bi-stellaire, comme l'esp&#233;raient ceux qui militaient pour la cr&#233;ation de l'euro [1] ; sans doute, une des deux &#233;toiles demeure plus grosse que l'autre, mais c'est elle qui est aujourd'hui directement menac&#233;e, et qui nous menace &#233;videmment par contre-coup. Mais surtout, ce syst&#232;me ne peut devenir que pluri-stellaire, car la solution ne peut simplement consister &#224; faire payer les seuls europ&#233;ens pour les errements am&#233;ricains : il ne peut y avoir de solutions viables, qui n'associent la plus grande partie des grands pays exc&#233;dentaires. C'est pourquoi, l'ensemble des grandes &#233;conomies &#233;mergentes et fortement exc&#233;dentaires n'est pas le probl&#232;me, mais une partie de la solution. Car, si les rem&#232;des imm&#233;diats &#224; la crise financi&#232;re, comme la mise en &#339;uvre de solutions p&#233;rennes, doivent &#234;tre multilat&#233;raux, une instance permanente de coordination s'impose &#224; l'&#233;vidence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est &#224; peine n&#233;cessaire d'ajouter que celle-ci sera d'autant plus efficace, qu'elle appara&#238;tra l&#233;gitime. Autrement dit, la gouvernance mondiale est ici directement questionn&#233;e et personne ne peut imaginer que la Chine, l'Inde ou m&#234;me la Russie et les p&#233;tro-monarchies viennent partager le &#171; fardeau de l'homme blanc &#187;, dans le cadre d'un G7, plus ou moins &#233;largi, ou d'un FMI, se livrant &#224; des r&#233;formes &#171; cosm&#233;tiques &#187;.
Un nouveau FMI, sous l'&#233;gide des Nations Unies&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien entendu, on peut imaginer pour la mise en place d'un nouveau r&#233;gime de change r&#233;gul&#233;, impliquant les grandes zones mon&#233;taires, un nombre quasi ind&#233;fini de proc&#233;dures pour y parvenir, puis d'instances pour appliquer les d&#233;cisions qui en r&#233;sulteraient. Pour frapper les esprits (mais est ce bien n&#233;cessaire dans un domaine o&#249; les crises de nerf des sp&#233;culateurs font plus de mal que de bien ?), on a pu &#233;voquer un &#171; nouveau Bretton Woods &#187;. Toutefois, le crit&#232;re de l&#233;gitimit&#233;, consid&#233;r&#233; comme co-substantiel &#224; celui d'efficacit&#233;, conduit &#224; penser que la nouvelle instance devrait faire partie du syst&#232;me g&#233;n&#233;ral des Nations Unies, pour au moins quatre raisons :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; tous les pays du monde, grands et petits, riches ou pauvres, seraient concern&#233;s ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; les d&#233;cisions mon&#233;taires ne seraient plus prises ind&#233;pendamment de l'ensemble des autres politiques ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; ceci permettrait d'inscrire &#233;galement dans ce nouveau cadre de l&#233;gitimit&#233; internationale les autres instances &#233;conomiques (Banque Mondiale, BRI, OMC) : devenus demandeurs, les &#171; vainqueurs de 1944 &#187; n'auraient plus les m&#234;mes moyens de s'opposer &#224; de r&#233;formes en profondeur, refl&#233;tant le nouvel &#233;tat du monde ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.forumgc.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; cela donnerait ainsi du &#171; grain &#224; moudre &#187; &#224; la r&#233;forme m&#234;me de l'ONU, dans son ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce FMI nouvelle mani&#232;re (en fait la question de savoir si on doit se servir de l'acquis de l'ancien ou faire une cr&#233;ation ex nihilo est une question pragmatique, qui d&#233;pend logiquement de la capacit&#233; de coop&#233;ration de la structure actuelle &#224; son propre d&#233;passement), la question du droit de vote est moins importante qu'on ne le croit parfois dans la mesure o&#249; le FMI ancien, ou nouveau, ne formule que tr&#232;s peu de d&#233;cisions contraignantes. La dimension consensuelle de son activit&#233; serait d'ailleurs renforc&#233;e, si son nouveau processus de d&#233;lib&#233;ration &#233;tait rel&#233;gitim&#233;. De ce point de vue, il est &#233;vident qu'il ne peut plus ob&#233;ir &#224; sa pond&#233;ration capitaliste d'origine, &#224; la fois pour des raisons &#233;thiques et pour des raisons pratiques (les modifications &#224; apporter seraient trop importantes). On peut penser qu'une pond&#233;ration, r&#233;visable tous les 10 ans, en fonction d'un indicateur synth&#233;tique (par exemple celui de la CNUCED) devrait pouvoir &#234;tre accept&#233;e. Au demeurant, la r&#232;gle actuelle de majorit&#233; de 85% (fix&#233;e pour assurer le droit de veto aux seuls Etats-Unis) donnerait des pouvoirs de n&#233;gociation &#233;quivalents &#224; toutes les grandes zones du monde.
Conclusion&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une telle transformation de l'ordre mon&#233;taire international ne sera pas consentie &#224; froid par les USA de G. W. Bush, ni sans doute propos&#233;e par aucun de ses partenaires ; et &#224; chaud, voire en catastrophe, la lucidit&#233; risque de manquer pour d&#233;finir une coordination rationnelle du type de celle propos&#233;e ici, ou une autre de m&#234;me esprit. Faut-il pour autant d&#233;sesp&#233;rer d'une nouvelle r&#233;gulation mon&#233;taire mondiale ? Nous ne le pensons pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La soci&#233;t&#233; civile internationale, et son aile la plus militante, le mouvement social mondial, qui se d&#233;finit comme altermondialiste, doit s'emparer d&#232;s maintenant de ce sujet. Il peut trouver de nombreux alli&#233;s de la part de pays importants qui ne peuvent se satisfaire d'un d&#233;sordre grandissant, qui risque de plus en plus de d&#233;g&#233;n&#233;rer en un conflit entre l'imp&#233;rialisme anglo-saxon d&#233;clinant et les imp&#233;rialismes &#233;mergents de la Chine et de la Russie, si fortement compl&#233;mentaires : nous pensons &#224; l'Inde, &#224; l'Afrique du sud, au Br&#233;sil et, &#224; nombre de pays arabes et, peut-on l'esp&#233;rer, aux pays europ&#233;ens, qui ont d&#233;cid&#233; de cr&#233;er une monnaie unique, et qui avaient su dire non pour l'essentiel &#224; la guerre d'Irak.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En actualisant ainsi ses analyses (nous ne sommes plus en 1998, au temps de l'hyper-puissance am&#233;ricaine, mais &#224; celui du risque d'affrontement entre n&#233;o-imp&#233;rialismes), le mouvement altermondialiste pourrait ainsi faire la d&#233;monstration qu'un autre monde est non seulement possible, mais aussi souhaitable, et pour tout dire, la crise s'aggravant, qu'il est de plus en plus n&#233;cessaire et urgent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Note&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;[1] Mais qui ne partagent pas n&#233;cessairement la fa&#231;on dont elle est g&#233;r&#233;e par les gouvernements concern&#233;s et la BCE&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;NB : Ce texte a &#233;t&#233; publi&#233; sur le site de la revue mouvements.info.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour joindre le Forum de la gauche citoyenne&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;19, rue d'Hauteville 75010 Paris - forgc@club-internet.fr &#8211; www.forumgc.org&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Face &#224; ce qui devient une v&#233;ritable crise de la mondialisation, l'agitation m&#233;diatique de Sarkozy devient de plus en plus dangereuse </title>
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		<description>Les prix du p&#233;trole, de l'or et surtout des produits alimentaires de base battent record sur record ; le dollar est au bord d'une &#233;norme sp&#233;culation &#224; la baisse ; la finance anglo-saxonne est de plus en plus enlis&#233;e dans la crise des subprimes, la plus grave depuis les ann&#233;es 1930, ne trouvant son salut que dans le renflouement par des fonds souverains arabes, russes ou chinois, qui sont autant de nationalisations rampantes pour le compte de ces pays ; les tentations bellicistes (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les prix du p&#233;trole, de l'or et surtout des produits alimentaires de base battent record sur record ; le dollar est au bord d'une &#233;norme sp&#233;culation &#224; la baisse ; la finance anglo-saxonne est de plus en plus enlis&#233;e dans la crise des subprimes, la plus grave depuis les ann&#233;es 1930, ne trouvant son salut que dans le renflouement par des fonds souverains arabes, russes ou chinois, qui sont autant de nationalisations rampantes pour le compte de ces pays ; les tentations bellicistes de Bush, soutenus par Sarkozy et Kouchner, font craindre le pire au Proche Orient&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Face &#224; ce qui constitue une v&#233;ritable crise de la mondialisation, le pouvoir solitaire de Sarkozy nous propose de nous y soumettre, &#224; travers les 15 milliards accord&#233;s aux plus favoris&#233;s d&#232;s l'&#233;t&#233;, qui nous privent aujourd'hui de toute marge budg&#233;taire ; une offensive persistante contre le monde du travail ; une volont&#233; r&#233;pressive sans r&#233;pit, d'inspiration x&#233;nophobe ; une prise en main renforc&#233;e des m&#233;dias ; l'intimidation de la magistrature ; un d&#233;ni de d&#233;mocratie sur la ratification du Trait&#233; europ&#233;en&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce d&#233;calage croissant entre les d&#233;fis ext&#233;rieurs et une politique int&#233;rieure aussi r&#233;actionnaire devrait conduire l'ensemble des forces de gauche, politiques, syndicales et associatives, &#224; pratiquer une unit&#233; d'action sans faille, &#224; la fois pour r&#233;sister, et pour proposer des perspectives alternatives &#224; celle d'un n&#233;o-imp&#233;rialisme de plus en plus dangereux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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