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4 questions à Guy Malandain, maire de Trappes
jeudi 8 novembre 2001



Confluences : Le thème de l’insécurité risque de se trouver au centre des prochaines échéances électorales. Pour le maire d’une petite ville ouvrière de banlieue, cette question est-elle vraiment essentielle ?

Guy Malandain : L’insécurité –réelle ou ressentie comme telle– est effectivement vécue intensément par les habitants des ensembles immobiliers locatifs ou en copropriété. La plupart des rencontres publiques tournent autour ce de thème. C’est le résultat de comportements délictueux quasi-permanents de petits groupes qui semblent souvent faire leur seul objectif de l’acte de délinquance. Vols, voitures brûlées, saccages, tags, bruit excessif, insulte de personnes, faits souvent accompagnés d’usage de drogue et de boissons alcoolisées.

Cette question est essentielle dans la gestion urbaine aujourd’hui car elle empoisonne la vie des habitants. Le droit à la sécurité ou tout simplement à la tranquillité est fortement revendiqué. Nier cette demande au prétexte quelle serait sécuritaire et donc droitière serait une faute politique et un manque d’attention à la vie quotidienne de nos concitoyens. Nous devons, sur ce sujet plus que sur tout autre, prendre nos responsabilités et surtout agir... en prenant garde, toutefois, de respecter les compétences de chacun.

À Trappes, cherchez-vous à mettre l’accent sur l’aspect prévention et, dans ce cas, avec quels moyens ? Mais, dans le même temps, comment répondez-vous à la demande d’une régression accrue de la délinquance ou de l’incivilité ?

Prendre en compte le vécu des personnes conduit le responsable politique à hercher des réponses avec les citoyens concernés.

Notre politique n’est pas la même d’un quartier à l’autre. Elle est fonction de la réalité constatée. Nous nous positionnons aujourd’hui sur la convergence et la coordination des actions de prévention généralisée avec tous les outils possibles et de la prévention spécialisée. Comités de quartier, centres sociaux de quartier, médiation école-famille, fêtes et repas de quartier, travaux d’embellissement, etc... Objectif premier : rendre les adultes présents et actifs à la vie de leur quartier.

Ce travail quotidien et de longue haleine de la prévention s’accompagne d’une grande sévérité envers les groupes délinquants. Nous nous refusons à accepter des zones de non-droit... pour acheter la paix apparente. Un travail constant est mené avec la police urbaine (police de proximité) et dans le cadre du Contrat Local de Sécurité. Cela va de la « chasse » aux épaves au démantèlement des réseaux locaux de drogue.

Bref, nous tentons de marcher sur nos deux jambes : prévention et répression. Soyons réalistes : la tâche est immense et de longue durée car elle s’oppose à deux phénomènes de notre société : le manque éducatif et la banalisation de la violence. Mais, en même temps, la démocratie au quotidien se joue sur cette question.

On a beaucoup parlé d’un déplacement de la violence jusque dans les collèges. Quelle est votre expérience à ce sujet ?

Certes, il existe dans les collèges et les lycées professionnels de la ville des incidents mais, à ce jour, pas de véritable crise due à la violence. Cela vient, j’en suis persuadé, de la qualité et de l’engagement des équipes éducatives. Nous sommes en ces temps plus interrogatifs sur les plus jeunes. Notre souci est vraiment, comme je le disais en répondant à la question précédente, la présence de « noyaux durs » délinquants au casier judiciaire déjà chargé, dans les quartiers.

Dans le contexte international issu des attentats du 11 septembre, avez-vous perçu d’un côté chez les jeunes « beurs » un certain raidissement, et de l’autre côté une montée du racisme anti-arabe ?

À Trappes, franchement non. Nous avons la chance d’être en relation étroite avec les responsables de ce qu’il devient coutumier d’appeler les communautés religieuses. Les événements ont été gérés avec maturité. Cela vient également du fait que Trappes est une ville ouvrière, au plein sens du terme, avec des valeurs d’écoute, d’échange et un puissant réseau associatif solidifiant les solidarités.

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