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Limoges (4 et 5 octobre) : une cuvée prometteuse mardi 14 octobre 2003 par Armand Cerkow
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THEMES ABORDES :
— Université d’Automne
n°29, octobre 2003
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La troisième université d’automne du FGC, tenue cette année à Limoges, vient de s’achever. Nous y reviendrons plus largement dans notre prochain numéro, mais tous à la sortie étaient d’accord pour la considérer comme un véritable succès en regard des objectifs fixés.
Près de 200 participants se répartissant équitablement entre régionaux et « venus d’ailleurs », un accueil chaleureux et efficace de nos amis du Limousin, bon nombre de militants syndicaux et associatifs, pas assez de jeunes sans doute et encore trop peu de femmes. Les ingrédients, malgré ces deux dernières limites, existaient donc pour faire de cette université d’automne une bonne cuvée. Restait à savoir si le contenu et peut être surtout la dynamique politique pour l’activité du FGC serait au rendez-vous. Ce fut indéniablement le cas. Le samedi matin après l’accueil du président socialiste de la région Robert Savy qui se présentait lui même comme un spécialiste de la bio-diversité en politique, compte tenu des différences de sensibilité dans sa majorité, les participants se sont répartis en trois ateliers. Nous n’en ferons pas ici le compte rendu exhaustif et serons amenés à y revenir ultérieurement. Le premier atelier animé par Céline Braillon, Henri Jacot et Philippe Sanmarco, traitait tout à la fois du contenu de la décentralisation Raffarin et de la démarche spécifique du FGC avec sa proposition de cahiers régionaux de revendication. Spectre trop vaste pour deux heures de débat. Les interrogations sur la façon de réhabiliter la notion même de décentralisation en lui donnant un autre contenu que l’actuel qui est destructeur de solidarité, ont vite laissé le pas aux difficultés de l’expérience des cahiers. En région PACA, le projet a bien avancé, en Languedoc Roussillon il commence à émerger, ailleurs il n’a pas été vraiment mené. Le second atelier animé par Jean-Pierre Brard et Jean-Loup Motchane dans lequel sont intervenus de nombreux syndicalistes, portait sur les enjeux sociaux, il s’est rapidement mis d’accord sur la véritable rupture du contrat social issu de la Libération que constitue aujourd’hui la politique de la droite, d’accord également pour constater les deux facteurs qui handicapent le mouvement social : la faiblesse syndicale dans le privé et le manque d’alternative politique. Cela ne signifie pas que les propositions alternatives n’existent pas, mais elles sont sans relais crédible. Enfin reste la grande question politique comment construit-on aujourd’hui un nouveau type de contrat social ? Le troisième atelier animé par Jean-Claude Boual, Michel Mousel et Francine Delpas portait sur les enjeux européens. Inévitablement il a beaucoup porté sur le projet de Constitution européenne. Pour certains il faut avant tout refuser la constitutionnalisation du libéralisme économique, pour d’autres il ne faut pas négliger les quelques avancées démocratiques réelles contenues dans le projet, si toutefois elles ne sont pas balayées par la CIG. L’intérêt dans ce débat est qu’il ne se clive pas a priori et dés maintenant sur le oui ou le non à un éventuel référendum mais qu’il montre l’accord pour lutter ensemble en considérant que le processus constituant n’est pas clos. Le débat sera repris dès le 28 octobre prochain par le FGC. L’après-midi du samedi était consacrée au débat avec les représentants des partis politiques sur le thème : « comment reconstruire toute la gauche ? ». Y participaient : Muriel Condolf, jeune et nouvelle membre du secrétariat national du PS, Gérard Delfau dirigeant du PRG, Jean-François Gau membre de l’exécutif du PCF, Bernard Guibert, responsable de la commission économique des Verts, Christian Picquet du bureau politique de la LCR. La forme du débat était originale, avec pour modérateur Christian Audouin, le directeur du quotidien régional L’Écho, les représentants des partis ne figuraient pas à la tribune mais au premier rang de l’hémicycle, comme dans des questions au gouvernement, les interventions étaient obligatoirement brèves et les partis ne débattaient pas entre eux mais avec la salle. Dans une première interpellation tonique et sur un ton quelquefois sarcastique, Dominique Taddei posa aux responsables politiques le type de questions qui figurent dans le texte publié à la Une de ce numéro de Confluences et la salle posa elle aussi moult questions qui portaient aussi bien sur l’analyse critique ou l’absence d’analyse du bilan de la gauche plurielle que sur l’incapacité des partis de la gauche à construire collectivement une alternative à la politique désastreuse de la droite ou pour la LCR à sortir d’une attitude strictement protestataire. Il faut reconnaître que les représentants des partis ont joué assez courageusement le jeu dans cet exercice difficile, même si le débat pataugea un peu dans sa première partie pour devenir plus serré dans sa deuxième partie, notamment après que Jean-Pierre Brard les ait interrogés sur la nature même du projet et Patrick Viveret sur l’hypothèse de véritables forums civiques contribuant à une réappropriation citoyenne des enjeux politiques, y compris électoraux et l’éventualité de primaires citoyennes. Il est très difficile de résumer en quelques mots les réponses des responsables de partis ; elles furent à la fois sans surprises et assez significatives de l’état des lieux. Certains participants en marquaient de la déception mais l’objectif en organisant ce débat n’était pas d’enjoliver la situation mais de la comprendre et de la regarder en face. Pour la représentante du PS malgré des efforts réels pour dire aux militants de mouvements sociaux ou d’associations qu’elle prenait en compte leurs interpellations, on sentait en filigrane l’espérance que ceux-ci allaient spontanément, du fait de la politique de la droite aider une gauche dominée par le PS à revenir aux affaires. Celui du PRG se concentrait surtout sur la nécessité de trouver des formes nouvelles du rassemblement des partis de l’ex gauche plurielle, éventuellement élargie à des bouts de l’extrême-gauche mais en restant très vague, le temps était compté il est vrai, sur la nature du projet. Celui des Verts oscillait entre le désir d’un rassemblement de ceux qui sont clairement anti-libéraux et le constat que parmi ces derniers, le débat sur la croissance ou plus exactement l’objectif affirmé pour les pays du Nord de décroissance soutenable, risque de les diviser immédiatement. Celui du PCF était le plus disposé à reconnaître la nécessité de changer radicalement de méthode tant pour construire ses propositions et projets que pour décider des stratégies électorales et des candidats. Il alla même jusqu’à déclarer son accord avec les propositions de Patrick Viveret. Certains participants lui firent cependant remarquer que ces intentions étaient encore loin des pratiques réelles de sa formation. Enfin, celui de la LCR expliqua à plusieurs reprises et avec un certain brio qu’il récusait la problématique « toute la gauche » car il n’est pas possible de construire un projet avec sa partie social-libérale. Dans le même temps, il reconnut le caractère non pertinent du clivage entre révolutionnaires et réformistes sans toutefois jamais évoquer l’alliance de sa formation avec Lutte Ouvrière, ce qui ôtait tout de même pas mal de cohérence à son propos. En concluant le débat Gilbert Wasserman montra en quoi cette référence à toute la gauche était une donnée constitutive pour le FGC. D’une part parce qu’il existe de nombreuses sensibilités dans la gauche mais qu’il n’existe pas structurellement deux gauches, d’autre part parce que dans leurs relations réciproques les formations politiques d’une part et les mouvements sociaux qui sont eux aussi hétérogènes, de l’autre doivent cesser de jouer « en attendant Godot » mais les uns et les autres travailler à cette réappropriation citoyenne des débats et enjeux politiques dont il a été question. Le dimanche matin fut consacré à la restitution des rapports des trois ateliers, puis la dernière heure à l’activité du FGC. L’accord est général sur la nécessité de lancer avec tous ceux qui le voudront une grande initiative pour engager de façon novatrice la préparation des enjeux de 2007, le débat demeure toutefois sur les séquences et le bon moment d’une telle initiative. A suivre donc.... |
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