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Voter Y : un nouveau pas dans une longue marche vendredi 17 décembre 2004 par Dominique Taddéi
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THEMES ABORDES :
— Politique
n°41, décembre 2004
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La campagne citoyenne pour 2007 est partie et nous proposons ici un certain nombre d’idées de méthode pour le lancement de Forums sociaux des élections, idées qui seront bien sûr à débattre par tous les participants.
Cela fait maintenant une bonne douzaine d’années (avant même la déroute prévisible de 1993) que des mouvements civiques ou citoyens de gauche se préoccupent de renouveler la politique, en faisant plus de place à un nombre élargi de citoyens et à leurs associations. La démarche a été d’une grande richesse, notamment pour ceux qui s’y sont impliqués, elle a parfois contribué à infléchir les discours ou les politiques, mais, jusqu’à présent, elle a toujours échoué à influencer substantiellement le sort des urnes et surtout la politique qui en découlait. Pourtant, le besoin d’une articulation nouvelle entre les « mouvements » civiques et sociaux et les organisations politiques est aujourd’hui presque unanimement reconnu comme une nécessité de la régénérescence de la démocratie, et pas seulement en France. Pour ce qui le concerne, le Forum de la Gauche Citoyenne est né, il y a cinq ans de cette préoccupation, et, après le traumatisme du 21 avril, il a milité, depuis décembre 2002, pour une grande initiative citoyenne, devançant largement les échéances de 2007. Il en a ainsi précisé l’originalité, lors de son université d’automne à Limoges, en septembre 2003, en souhaitant notamment qu’une telle initiative suive d’aussi près que possible les scrutins régionaux et européens du printemps 2004. L’initiative « Voter Y » a ainsi pris en compte les erreurs évidentes de bien des tentatives précédentes : trop grand émiettement des initiatives ; trop faible médiatisation ; risque de confusion entre initiative citoyenne et démarche partisane ou personnelle, risque entretenu par la chasse initiale aux signatures... Ses initiateurs n’ont certainement pas prévu toutes les embûches, mais quelques semaines après son lancement, il est satisfaisant d’observer que ces défauts majeurs ont été conjurés. C’est pour cela que l’initiative a été placée sous la responsabilité de trois collèges : des publications très diverses (près d’une vingtaine à ce jour) ; des associations civiques très différentes dans leurs préoccupations, voire même leurs orientations ; des instances et des lieux culturels, qui peuvent être, non pas le supplément d’âme, mais l’âme même du mouvement initié. C’est aussi pourquoi les personnalités politiques les plus réceptives à notre initiative ont été invitées, non pas à la co-signer, mais à exprimer ce qu’ils en pensent : de l’extrême gauche au centre gauche, ils témoignent ainsi collectivement que l’initiative ne « roule » pour aucun candidat particulier, mais seulement pour l’ensemble des citoyens qui veulent s’y engager. Après ce lancement réussi, la tache la plus urgente et la plus délicate est de s’assurer que la réunion nationale du 15 janvier, centrée sur la démarche générale et les méthodes, tout à la fois favorise tous les bouillonnements... et se termine par des conclusions très claires. De ce dernier point de vue, la règle qui devrait nous inspirer est celle du minimalisme de l’organisation et des procédures, ce minimalisme étant dicté par le besoin de cohérence et de rationalité collective, Dans cet esprit, plusieurs propositions ont été préparées : Le travail des Forums sociaux des élections Une question délicate est de savoir à quel horizon, on situe les politiques que l’on souhaite mettre en avant : une attitude précise, mais mutilante est de se limiter strictement à un programme électoral, c’est à dire à des mesures à l’horizon du mandat des élus. Si on souhaite élargir le débat on peut se demander s’il est préférable de tracer des perspectives à long et très long terme (de l’ordre d’une à plusieurs décennies), qui ont le mérite de donner du sens à la démarche, mais l’inconvénient de ne rien proposer de concret dans l’immédiat, ou, au contraire, des mesures d’urgence (de l’ordre de quelques mois), qui ont les avantages et inconvénients inverses. En première analyse, la réponse est probablement variable, suivant la nature du problème... et des solutions proposées. De façon à ne pas préjuger, mais pour éviter toute confusion dans les débats à venir, il serait sans doute prudent que les propositions et revendications avancées explicitent ces trois horizons : dans les premiers mois d’un mandat, pendant la durée du mandat, dans une durée encore plus longue... Un mouvement autogéré À la question pourtant légitime : comment peuvent et doivent fonctionner les « Forums sociaux des Elections » ? La réponse pertinente est pourtant : personne ne le sait, et c’est justement cela qui est une de nos grandes chances collectives ! Ou, plus exactement, pour rassurer ceux qui s’inquiéteraient de l’impréparation de la démarche, chacun a sa petite idée, mais on ne sait pas encore si ces différentes hypothèses sont toutes compatibles, et sinon lesquelles doivent être privilégiées. Pour l’heure, contentons-nous de deux affirmations générales, en attendant de prouver le mouvement en marchant : Qui va désigner Y ? Dans tous nos débats préalables, cette question cruciale a fait l’objet de nombreuses discussions : les uns pensaient que la phase ultime de notre initiative devait être la désignation de la candidate ou du candidat à la présidentielle. D’autres considéraient qu’il fallait laisser cette fonction aux partis, sous peine de prétendre se transformer en quasi-parti. Notons franchement que le texte initial publié en novembre ne tranche pas clairement cette question, ne serait ce que pour éviter que les choix de personnes l’emportent une fois de plus sur le débat d’idées que nous voulons tous promouvoir. Nous sommes en tous les cas unanimes à vouloir éviter la dénaturation de l’initiative, qui consisterait à nous engager, avant tout débat, dans les discussions pièges sur ses suites possibles : combien de candidats de gauche(1) ? Qui les désigne ? Pour l’instant, il suffit de rappeler que, bien entendu, notre initiative ne s’arrêtera pas avec la publication de textes, qu’elle s’intéresse aux choix des femmes et des hommes chargés de les mettre en œuvre, et qu’elle couvre donc l’ensemble de la démarche électorale jusqu’aux différents scrutins, nationaux et locaux, et au-delà, au respect des engagements pris ! Quant aux modes de désignation des candidats les plus susceptibles de porter les aspirations citoyennes, ils peuvent être multiples (des auditions publiques des candidats à la candidature jusqu’aux primaires, en passant par diverses formes de contractualisation) suivant le type d’élection concernée, le niveau de l’engagement citoyen... Le moment venu (à la fin 2005 ou au début 2006 ?), l’ensemble des citoyennes et des citoyens participant à notre initiative auront à proposer les modalités qui leur paraissent préférables pour chaque scrutin. En attendant, notre indétermination sur ce sujet ne peut qu’ajouter à notre séduction ! À la sempiternelle question sur le risque d’avoir trop de candidats et de provoquer un nouveau 21 avril, nous devrions rappeler que ce sont les partis, et non pas les électeurs, qui ont présenté 8 candidats se réclamant de la gauche et qu’il est de leur responsabilité reconnue par la constitution, d’expliquer ce qu’ils comptent faire pour éviter le renouvellement d’une telle aberration démocratique. En tous les cas, notre initiative ne peut que les y aider. |
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