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La Navette N°21, le 6 octobrer 2007 Sarkozy, le monocrate samedi 6 octobre 2007 par Dominique Taddéi
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La Navette N°21, 6 octobre 2007
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Lors de notre assemblée générale de fin juin, nous avons défini le nouvel édifice institutionnel de la France comme une monocratie : le pouvoir non héréditaire (c’est la différence avec la monarchie) d’un seul. Un système dans lequel le Parlement ne sert qu’à enregistrer ; le Gouvernement et les partis qui le soutiennent à obéir ; les partis politiques d’opposition à désigner des candidats aux élections. La politique actuelle de la France est donc aujourd’hui le fait d’un seul homme. Compte tenu de la nature de son pouvoir, il n’est plus que formellement Président de la République. C’est en fait un chef de l’état, certes élu, mais tout puissant, au-delà même des domaines habituels des pouvoirs constitués. Dès le premier été de son pouvoir, l’exercice ubuesque de sa fonction commence à poindre, à travers son activisme névrotique : il décide ainsi que Guy Roux peut être entraîneur de l’équipe du Racing Club de Lens, malgré son âge, jusqu’à ce que le caractère pitoyable de ses performances conduisent l’intéressé à y renoncer ; que sa femme peut remplacer le pauvre Kouchner pour négocier directement avec Khadafi ; ou encore, quotidiennement, à propos de n’importe quel fait divers, il intime l’ordre de légiférer, quitte à ce que dans le même temps, il fasse supprimer les postes de fonctionnaires chargés de la mise en oeuvre ; le chef du gouvernement est au mépris du texte de la constitution, un simple « collaborateur » (le mot ne lui fait pas peur), qui est publiquement tancé par des inconnus sortis de son cabinet. Au demeurant, la pseudo réforme de la constitution qu’il entend imposer aura pour seul but d’aggraver ce terrible déséquilibre des pouvoirs au pays de Montesquieu. Sa politique européenne, dominée par la mégalomanie est déjà discréditée dans toutes les capitales européennes, où ses contradictions (réclamer plus de coopération, alors qu’il agit plus unilatéralement que n’importe lequel de ses prédécesseurs) On attend donc avec plus d’inquiétude que d’amusement ses prochaines foucades. Mais, derrière les multiples anecdotes livrées plus ou moins consciemment par une presse, pour l’essentiel servile, perce un homme convaincu qui poursuit trois objectifs précis et complémentaires : En attendant que les enchaînements inexorables de ces stratégies réactionnaires et dangereusement complémentaires se fassent pleinement sentir, deux dossiers vont commencer à révéler la nature réelle de l’omnipotence de Sarkozy : le « Grenelle de l’environnement » et le Traité européen. * * * Dans ce contexte de régression démocratique et sociale, à la fois sur le plan national et international, sans précédent depuis deux tiers de siècle, il n’est guère que l’ensemble des mouvements sociaux et culturels, qui puisse commencer l’oeuvre de résistance, en s’organisant en réseau comme elles commencent à le faire, dans un nombre croissant de domaines. Si on veut éviter qu’une aussi folle page de notre histoire ne se termine pas (trop) mal, il faut espérer que la détermination de leurs militants fera reprendre leurs esprits aux différentes factions de la gauche française, afin que renaisse une démarche crédible de reconquête démocratique ! D. Taddei |
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